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Lettre autographe signée à Paul eluard datée Revel (samedi 18 août 1945)
Description
- Hans Bellmer
- Lettre autographe signée à Paul eluarddatée Revel (samedi 18 août 1945)
Lettre relative à la publication des Jeux de la poupée.
Literature
P. Dourthe, Bellmer, le principe de perversion, pp. 55-59.
Catalogue Note
Durant la guerre, Bellmer a gardé contact avec les cercles surréalistes grâce à Henri Parisot. Il en profite pour relancer Éluard au sujet de la publication des Jeux. Celui-ci, littéralement fasciné par l’érotisme inquiétant de la poupée, avait signifié dès 1936, son intention d’écrire des poèmes en prose en accompagnement des photographies de Bellmer. Il les rédigea en 1938. Dans le même temps, l’artiste retouchait ses photographies à la gouache selon une technique particulièreconsistant en l’application au pinceau d’encres [d’] une dissolution de colorants d’aniline, qui permettait de varier les intensités de couleurs selon le degré de dilution de l’encre et de procéder aussi bien par aplats que par touches. La publication, prévue dans Les Cahiers d’art de Christian Zervos, ne se fit pas l’année suivante, à cause de la guerre. Les poèmes d’Éluard firent néanmoins l’objet de publications à part dans des revues.
Bellmer, qui ne désespère pas complètement de publier l’ouvrage, cherche un autre éditeur: … Il y a quelques semaines un Parisot m’a fait savoir qu’il vous a rencontré, que vous êtes toujours d’accord pour la publication de vos textes en prose avec mes photos de Poupée, suivies, sous forme d’un second volume, de l’ “Anatomie de l’inconscient physique” ou “Anatomie de l’image”… Tout récemment, Parisot me dit, de plus, qu’une de ses amies, Mme Simone Lambein, serait prête à éditer les “Jeux de la poupée” et de plus un Album de mes dix ou quinze meilleurs dessins. Le projet ne se fera que si l’édition est en couleurs… Selon Parisot, elle préférerait reproduire les photos en noir (évidemment les clichés en couleurs sont excessivement chers). Je n’accepterai que la reproduction en couleurs, de première qualité. Sans couleurs, les photographies sont inexistantes. Je serais prêt à participer aux frais des clichés en couleurs dans la mesure du possible (souscriptions, exemplaires h.c, etc.). La deuxième raison de sa lettre est la réticence de Christian Zervos, grand ami d’Éluard, à lui rendre un choix de dessins, empruntés en vue d’une hypothétique publication.