Lot 285
  • 285

Sur une philosophie de l'expression Manuscrit autographe complet et signé, s.d. (1944)

Estimate
2,500 - 3,000 EUR
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Description

  • Camus, Albert
  • Sur une philosophie de l'expressionManuscrit autographe complet et signé, s.d. (1944)
8 p. in-4° sur papier lilas.



Important manuscrit, largement raturé et corrigé, commentant l’œuvre du linguiste et philosophe chrétien, Brice Parain (1897-1971). Il parut une première fois dans Poésie 44 en 1944.

Trace de pliure centrale atténuée.

Literature

Texte repris dans Albert Camus, Les Essais, La  Pléiade, pp. 1671-1682.

 

Catalogue Note

Ce texte s’organise autour du langage et de sa capacité de vérité dans la communication. L’écrivain est, à l’évidence, extrêmement intéressé par les travaux de son confrère et ami, dont il avait pris connaissance avant qu’ils ne se rencontrent et collaborent au comité de lecture de la NRF en 1943. Brice Parain était déjà un habitué de Gallimard, qui avait édité l’essentiel de la thèse, Essai sur le logos platonicien en 1941, et Recherche sur la nature et fonction du langage en 1943. L’intérêt de Camus pour sa réflexion linguistique et philosophique vient de ce qu’il fait du langage une question métaphysique. Une vision diamétralement opposée à la sienne, dans la mesure où Brice Parain, après avoir constaté l’échec des philosophies à expliquer le langage, incline, comme Pascal, à croire au divin. Pascal, écrit Camus, ne propose pas une solution mais une soumission. Soumission au langage traditionnel parce qu’il nous vient de Dieu, humiliation devant les mots pour trouver leur véritable inspiration. Il faut choisir entre le miracle et l’absurde, il n’y a pas de moyen terme. On connaît le choix de Pascal. Camus, lui, opte pour l’absurde. Il n’en est pas moins extrêmement solidaire des interrogations de Brice Parain et de sa quête de vérité. À maintes reprises, c’est sa propre angoisse, celle du romancier dépendant du langage pour exprimer ses sentiments, ses émotions et ses pensées, qui affleure :  … Il s’agit au contraire de savoir si notre langage n’est pas mensonge au moment où nous croyons dire vrai, si les mots ont une chair ou s’ils ne sont que des coques vides, s’ils recouvrent une réalité plus profonde ou s’ils ne sont que poursuite du vent…