Lot 283
  • 283

Manuscrit autographe complet, note de présentation du Malentendu s.d. (1943- 1944)

Estimate
1,200 - 1,500 EUR
Log in to view results
Bidding Closed

Description

  • Camus, Albert
  • Manuscrit autographe complet, note de présentation du Malentendu s.d. (1943- 1944)
2 p. in-4°.



Note de présentation du Malentendu, pièce en 3 actes, écrite en 1941 et 1943, et représentée le 24 juin 1944 au théâtre des Mathurins.
2 feuillets autographes, écrits à l’encre noire sur papier fin, avec rayures et ajouts.
Intéressante notice de la main de Camus sur une pièce jugée difficile et dont l’accueil fut mitigé.



Feuillets perforés et très légères mouillures.

Literature

Albert Camus, Théâtre. Récits. Nouvelles. La Pléiade, pp. 1788-1819.

Catalogue Note

Elle fut conçue comme une annonce à l’adresse du spectateur.
Non citée par La Pléiade, elle constitue une introduction de premier jet, plus technique et spontanée que les précisions de Camus sur cette même pièce à l’occasion de sa parution chez l’éditeur américain Knopf en 1957 (cf. préface à l’édition américaine, La Pléiade, pp. 1729-1734).
Elle décrit une “tragédie de l’exil et de la séparation”, dont le spectateur est invité à dépasser l’apparente simplicité.
Camus confie s’être inspiré d’un fait divers dont il eut connaissance lors de son séjour “dans une […] ville de Tchécoslovaquie”. Il s’agit ici de Budejovice, petite ville en Bohème près de Moldau, découverte à l’occasion de son voyage en Europe centrale en 1936.
Ce fait divers est la matière première d’une tragédie moderne. Elle se joue avec des personnages ordinaires, de notre époque. Afin d’inclure dans un cadre actuel les grands thèmes d’un tragique que nous connaissons bien, l’auteur a élaboré une écriture particulière, qui s’appuie sur un ton [à la fois] assez hautain […] et assez naturel, l’éloignement non plus dans l’action mais le caractère des personnages et la gradation des affections.
À ces procédés stylistiques, il faut ajouter sa “parfaite et amicale collaboration” avec la troupe. Pour lui, l’aventure théâtrale s’inscrit sous le signe de l’amitié et du partage. La pièce fut montée dans des conditions assez difficiles par le Théâtre de l’Equipe, sous la houlette de Marcel Herrand et Maria Casarès, et lui est dédiée.
Inquiet d’être mal compris, Camus précise :
“[l’] apparent pessimisme [de la pièce] […] non seulement n’est pas définitif mais encore recouvre un optimisme plus profond: celui par lequel l’homme libéré de ses illusions et de ses dieux, peut rencontrer dans l’action et la révolte la seule liberté qui lui soit supportable.”
Cet avis, peut-être écrit en réaction à des critiques hostiles, sera réitéré par Camus quelques années plus tard, face à une opinion publique pour qui l’œuvre demeure profondément désespérée.