Lot 246
  • 246

La Barre d'appui Paris, éditions Cahiers d'art, 1936.

Estimate
50,000 - 70,000 EUR
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Description

  • Picasso P. - Eluard P.
  • La Barre d'appuiParis, éditions Cahiers d'art, 1936.
petit in-4°, (211 x 155 mm), maroquin noir, plats ornés d’une arabesque mosaïquée de divers listels de maroquin aux tons rose, violine, beige clair, vert, gris, dos lisse, doublures et gardes de chevreau blanc, couverture et dos, tranches dorées, chemise et étui gainés de même peau (Paul Bonet, 1950).

Édition originale.
3 eaux-fortes de Picasso.
Édition limitée à 40 exemplaires, tous sur japon ancien et signés par Picasso et le poète.

Literature

Cramer, Pablo Picasso, Les livres illustrés, n° 26 ; Baer-Geiser, III, 607 ; Éluard, Œuvres complètes, La Pléiade, T. 1, p. 1474 ; R.F. Johnson-D. Stein, Artist’s Books in the Modern Era, 1870-2000, pp. 28-29 et 127 ; Y. Peyré, Peinture et poésie, pp. 136 et 235-236 ; Paul Bonet, Carnets 1924-1971, n° 924 (avec reproduction photographique).

Catalogue Note

Ce recueil de 8 poèmes est typique de la production et du style d’Éluard des années 30. Entièrement tourné vers la joie d’aimer, il est très largement inspiré par sa femme, Maria Bens dite Nusch, à laquelle il dédia l’ouvrage.
Premier livre réalisé en commun par Éluard et Picasso.
Il scella l’amitié naissante entre le peintre et l’artiste, réunis par Christian Zervos à la fin de 1935. Picasso illustra, à cette même période, un autre recueil d’Éluard, Les Yeux fertiles. Le poète le considéra toute sa vie comme le peintre qu’il admir[ait] et qu’il aim[ait] le plus au monde.
Déclinant le thème de la femme, l’artiste choisit de représenter l’égérie d’Éluard, Nusch, et les siennes, Marie-Thérèse Walter endormie et Dora Maar, en femme surréaliste. Il adopta pour la première fois une technique à laquelle l’avait initié Roger Lacourière : l’aquatinte au sucre. Cette variante consiste à dessiner l’image avec un pinceau imbibé d’une solution d’encre et d’eau sucrée. Une fois sèche, la planche est recouverte d’une couche de vernis et plongée dans l’eau : le sucre gonfle, détache le vernis et met à nu le métal.
Exemplaire offert par Éluard à René Char, avec cet envoi autographe au crayon rouge :
À René Char
qui marie la mémoire à l’oubli
dans des poèmes où couche
aussi son cœur.
Paul Éluard
Les deux poètes, intimement liés, se connaissaient depuis 1929. Les circonstances associèrent René Char à la rencontre amoureuse d’Éluard et Nusch, croisée au hasard d’une promenade parisienne, un jour de mai 1930. Éluard l’épousa le 21 août 1934 et René Char fut témoin de la mariée, certainement en souvenir de cette journée.
Après avoir relié l’exemplaire de Paul Éluard en 1941, Paul Bonet se vit confier celui de René Char, pour lequel il créa un décor qui relève de l’automatisme, selon les termes du praticien. En 1959, à la demande de collectionneurs, il relia celui d’André Breton, puis celui de L. Deharme.