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La Femme 100 têtes Paris, Editions du Carrefour (1929)
Description
- Max Ernst
- La Femme 100 têtesParis, Editions du Carrefour (1929)
Édition originale du premier roman-collage de Max Ernst, précédé d’un Avis au lecteur d’André Breton.
147 reproductions de collages de Max Ernst.
L’un des 12 premiers exemplaires sur japon impérial.
Provenance
Jean Hugues ; Edmée Maus ; Renaud Gillet (Cat., 1999, n° 99).
Literature
Exposition : Bibliothèque nationale, La Reliure originale, 1965, n° 145.
M. Bonnet, II, pp. 1467-1468 ; W. Spies, Max Ernst Werke (1929-1938), Houston/Cologne, 1979, 1414-1563 ; W.Spies, Max Ernst : les collages, inventaire et contradictions, Paris, 1984 ; W. Spies, LaRévolution surréaliste, pp. 60-61 et pp. 174-175 ; P.Bonet, Carnets, 1412 avec reproduction de la reliure.
Catalogue Note
Presque tout, dans l’œuvre de Max Ernst, se rattache au collage.
Tableaux, dessins, frottages, clichés, sculptures, retouches, assemblages, gravures, poèmes et autres textes… ne peuvent être décrits sans qu’on fasse appel à la notion complexe de collage (ars combinatoria).
Le collage, en résumé, est le fondement même de l’esthétique de Max Ernst. Il date de l’automne 1919. À partir de 1923, il renonce aux collages proprement dits, aux collages réels et ce jusqu’en 1929, date de la publication de La Femme 100 têtes.
En 1929, Ernst signe donc son retour au collage, emprunté à la gravure sur bois, par une grande suite narrative, La Femme 100 têtes, “par excellence le livre d’images de ce temps” (Breton).
La Femme 100 têtes aurait été composée “avec acharnement et méthode” par Ernst dans son lit au cours d’une convalescence. Ce qui est sûr, c’est qu’en 1929, il passa quelques semaines en Ardèche dans la maison de ses beaux-parents. Il avait apporté son matériau de Paris, complété par de récentes acquisitions chez les bouquinistes des quais de la Seine. L’utilisation de ce nouveau matériau devint la condition même de la réalisation du roman-collage.
Dès le départ Ernst a conçu cet ensemble comme une vaste série d’images, qu’il envisageait de publier sans légendes. Sur les conseils de Breton, il ajouta après coup des petits textes.
Divisé en chapitres, l’ouvrage obéit à un mode narratif, d’où sa dénomination de “roman”, mais sa structure n’est pas comparable à celle d’une narration ; il en est de même pour les légendes. Le roman-collage ne contient aucune action que l’on puisse suivre et raconter, c’est un livre rempli de correspondances et d’échos subtils (entre les illustrations). Par sa forme et le déroulement alogique du texte et des images, il semble s’inspirer du roman-feuilleton illustré, popularisé au XIXe siècle, mais avec comme fil directeur le thème de la femme, comme ce fut le cas pour Nadja de Breton. On pourrait en conclure qu’il s’agit d’un chant d’amour surréaliste.
L’ouvrage connut un succès immédiat. Le tirage fut épuisé en quelques semaines, il ne resta que quelques exemplaires sur japon ou sur hollande.
Ouvrage précurseur, puisqu’il inaugure un élargissement fondamental par rapport aux collages antérieurs, LaFemme 100 têtes révèle une écriture et une conception picturale nouvelles.
Au moment de sa reliure, ont été joints :
- le manuscrit autographe de l’important Avis au lecteur d’André Breton, signé, soit 2 pages in-folio (266x210 mm) présentant de nombreuses corrections.
- le manuscrit autographe d’Ernst des légendes, soit 8 pages, présentant chacune des ratures et des corrections.
-3 collages avec légendes de Max Ernst, signés et datés 1929 :
1) : “La Femme 100 têtes garde son secret” (Spies, 1414). 15 x 21 cm.
2) : “Elle livre son secret”, avec “La f. 100 t.” au verso (Spies, 1416). 11,5 x 9 cm.
3):sans titre, avec “La f. 100 t.” au verso (Spies, 1415). 14,1 x 12,1 cm.
Ils font partie des 4 collages non retenus pour l’édition, recensés par Spies.
Pour dessiner cette reliure, Paul Bonet prit comme élément de base l’œil et l’étoile, thèmes chers aux surréalistes.