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Le Bestiaire ou Cortège d'Orphée Paris, Deplanche (1911)
Description
- Raoul Dufy
- Le Bestiaire ou Cortège d'OrphéeParis, Deplanche (1911)
ÉDITION ORIGINALE.
Suite de trente poèmes, quatrains et quintils, dont quinze avaient été publiés en juin 1908 dans La Phalange. En août 1910, Apollinaire adressa à Dufy les 15 autres.
Illustrations :
39 bois originaux de Raoul Dufy.
Un des 29 premiers exemplaires sur japon impérial.
Il contient : Le Bestiaire ou Cortège d’Orphée. Supplément.Paris, Aux dépens d’un Amateur, 1931. 5 bois originaux dont deux à pleine page accompagnent Le Condor et Le Morpion, poèmes refusés.
Tirage unique sur japon impérial, limité à 29 exemplaires numérotés ; celui-ci ne l’est pas.
Un tirage à part des bois du Supplément : 3 épreuves barrées sur chine, une épreuve sur hollande pour Le Condor, 2 épreuves (hollande et chine) d’une gravure inutilisée pour Le Morpion.
Édition limitée à 122 exemplaires numérotés, signés à la plume par Apollinaire et Dufy.
Provenance
Paricaud (Cat. I, 1996, n° 9).
Literature
Y. Peyré, Peintures et poésie, p. 108; E. Pernoud, L’Estampe des Fauves, pp. 84-94; A. Tourlonnais - J. Vidal, R. Dufy, L’Œuvre en soie, pp. 22-27 ; Victoria & Albert Museum, From Manet to Hockney, 27 ; Castelman, A Century of Artists Books, p. 119.
Exposition : Bibliotheca Wittockiana, Pierre-Lucien Martin, 1987, n° 73.
Catalogue Note
Picasso avait été pressenti par le poète pour illustrer son Bestiaire, mais ce dernier ne manifestant qu’un enthousiasme modéré dans son travail, seuls deux bois ayant été gravés (Le Poussin et l’Aigle) fin 1907, apollinaire porta alors son choix sur Dufy.
“C’est Apollinaire qui m’entraîna dans l’aventure du Bestiaire qui devait, selon lui, nous apporter gloire et richesse ! C'était en 1909” (Raoul Dufy, Plaisir du bibliophile, n° 7, 1926, propos recueillis par P. Istel).
En Deplanche ils trouvèrent l’éditeur, Gauthier-Villars, l’oncle de Willy, fut choisi comme imprimeur, le tirage se fit sous la responsabilité de l’excellent pressier Lefèvre, Dufy surveillant l’impression de la première à la dernière feuille.
Le 11 mars 1911, l’ouvrage parut. Le succès escompté tarda à venir. Deplanche ne parvenant à vendre qu’une vingtaine d’exemplaires, céda le restant au libraire antiquaire Chevrel.
Gravés à la Villa Médicis Libri ainsi que dans son atelier rue Linné, ces emblèmes animaliers, fruits d’une étroite collaboration entre le peintre et le poète, ce dernier intervenant directement dans la composition des bois, suscitèrent les louanges d’Apollinaire.
“Ces bois témoignent d’une grande sûreté de métier, ils sont traités d’une manière large où les détails qui ne sont jamais évités ne deviennent pas des minuties.”
Par ce cycle iconographique empreint d’imagerie populaire, Dufy a introduit une notion décorative dans le bois fauve.
Sensible à cette suite d’images, Paul Poiret suggéra au peintre de transposer les motifs du Bestiaire pour des décors de tissus et de tentures ; il travailla également d’après cette veine pour le soyeux lyonnais Bianchini.
Datée de 1965, cette reliure de Pierre-Lucien Martin, mélange deux types de décor, la mosaïque en léger relief et le décor par la lettre.