Lot 127
  • 127

Les Mille et une nuits Paris, Editions de la revue blanche & Eugène Fasquelle (1899 - 1904)

Estimate
6,000 - 8,000 EUR
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Description

  • Les Mille et une nuitsParis, Editions de la revue blanche & Eugène Fasquelle (1899 - 1904)
17 vol. in-8° (229 x 148 mm.), cartonnage à la bradel, dos d’alcantara à motifs orientaux, avec titre de l’ouvrage en lettres dorées en long de la série, couverture et dos, tête dorée, non rogné, étui (Leroux).

Édition originale de la traduction du docteur J.-C. Mardrus, dédiée à Stéphane Mallarmé.
L’un des 25 premiers exemplaires sur japon impérial.
Pièces jointes : 12 lettres autographes signées de J.-C. Mardrus à Alexandre Nathanson, 1889-1907, la plupart in-8° à l’exception de 2 cartes pneumatiques fermées, réunies en un volume de même format.
Tirage annoncé sur grand papier, à 100 exemplaires.

Literature

D. Pauvié et M. Chesnais, Les Mille et une nuits et les enchantements du docteur Mardrus, pp. 11-29.

Catalogue Note

Elle constitue la première version intégrale du célèbre corpus des contes orientaux.
Ces derniers connurent une large audience auprès du public français du XVIIIe siècle par la version expurgée d’Antoine Galland, éditée en 12 volumes de 1704 à 1717.
Le premier soin du docteur Mardrus fut de corriger cette adaptation qu’il jugeait infidèle, fantaisiste et cloîtrée, mais aussi incomplète. Il commença sa traduction par la réunion en 2 volumes des contes rapportés par son prédécesseur, dûment complétés des passages supprimés et [de] tous les vers dont pas un n’a été traduit par Galland (lettre datée Marseille, le 17 déc [19]98).
Son adaptation, saluée par le tout-Paris littéraire, parut aux Éditions de la Revue blanche. L’un des fondateurs de la revue, Alexandre Nathanson, en assuma la publication. Le contrat prévoyait la parution de 3 volumes par an durant cinq ans à partir de mai 1899. L’ouvrage fut un grand succès de librairie. Il connut des réimpressions successives, dont quatre pour le premier volume à la date de sortie du quatrième, et de nombreuses rééditions, abondamment illustrées.
L’ensemble retrace leur collaboration éditoriale jusqu’à la faillite de la maison rachetée par l’éditeur Eugène Fasquelle en avril 1903, lequel publia les cinq volumes restants (lettre [1903] “La Roseraie” 185 boulevard Murat, Auteuil). Les deux dernières lettres de la série sont dictées par la simple amitié. Le docteur Mardrus invite l’ex-éditeur à le visiter à Honfleur, au “Pavillon de la Reine”, sa récente acquisition. Elle avait initialement été construite au XVIIIe siècle en prévision d’une visite de Marie-Antoinette en Normandie.
Leur relation connut plusieurs remous. Elle débuta sous des auspices favorables avec l’envoi très avancé du premier manuscrit, auquel les quatre autres firent rapidement suite (4 volumes en 8 mois au lieu des trois annuels, initialement prévus). Mais les sujets de mécontentement se multiplièrent : retard de paiement du premier ouvrage, parution tardive des exemplaires de luxe, inexplicable silence au sujet des tirages consécutifs des premiers volumes… La courtoisie cédait parfois à la colère, laquelle culmina la fois où, exaspéré, le traducteur menaça à demi-mot son éditeur de publier à compte d’auteur l’histoire d’Aladin… Mais pourquoi douter de sa sincérité quand il écrit quelques années plus tard, nos rapports mutuels ont toujours été des rapports de cordiale amitié plutôt que d’éditeurs et d’auteurs…