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Lettre autographe signée () Philomène Boudin) Datée Oxford, jeudi après-midi (1893)
Description
- Verlaine, Paul
- Lettre autographe signée () Philomène Boudin)Datée Oxford, jeudi après-midi (1893)
Lettre de Verlaine (1844-1896) à Philomène Boudin, une prostituée à laquelle il était sincèrement attaché.
Literature
Verlaine, Œuvres poétiques complètes, La Pléiade, pp. xlii-xliv.
Catalogue Note
Il lui écrit d’Angleterre, où il tient une série de conférences durant l’hiver 1893, une activité courante dans les années 1892-1894 où le poète fait figure d’homme de lettres.
Pour l’heure, il est à Oxford … j’arrive à l’instant chez Monsieur Rothenstein, le jeune peintre de Broussais… Ce dernier avait fait son portrait à la suite de leur rencontre à Paris, à l’hôpital Broussais, où le poète séjournait régulièrement. Philomène l’avait probablement rencontré lors d’une de ses fréquentes visites au poète. Verlaine poursuit sur le déroulement de sa tournée, dont il est plutôt satisfait. Il a gagné 800 francs à Londres, 200 francs à Oxford, et peut encore compter sur 250 francs s’il poursuit jusqu’à Manchester … je m’ennuie atrocement de ne pas te voir, et tu t’en doutes bien. Mais 3 ou 400 francs et plus ne nous seront pas inutiles, et je ferai ce que tu voudras, comme c’est mon grand plaisir et mon seul devoir toujours. Il conclut gentiment … Je t’embrasse de tout mon cœur comme je t’aime… Quelques lignes furent ajoutées, à la va-vite, sur le départ : Voici 50 francs. Ménage-les, n’est-ce pas ? Et si tu me téléphones, fais-le après avoir reçu un télégramme… car je serai à Londres demain à 2 heures… Sa nouvelle adresse est celle de William Heinemann, l’un des jeunes artistes et écrivains qui l’ont accueilli la nuit de son arrivée en Angleterre.
L’affection témoignée par Verlaine à sa correspondante tient à ce qu’il songeait très sérieusement à l’épouser dès son retour de Londres. Mais son autre maîtresse Eugénie Krantz, saura l’en dissuader en l’éclairant sur les infidélités de sa rivale.