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tryptik with bull against screen dessin original et manuscrit autographe [S.l.] 1980
Description
- tryptik with bull against screendessin original et manuscrit autographe[S.l.] 1980
[verso] : Bacon a divisé la feuille dans sa longueur en 2 parties.
Sur le côté gauche, il a écrit :
"Tryptik. Each panel with center screen
Left, figure in move[me]nt from Muybridge
Right panel ditto
Center panel with bull charging image of man on screen perhaps seated". Il a ajouté à la fin, probablement plus tard, "Bad timing".
Sur le côté droit de la page : "Tryptik with bull against screen from page 40" suivi du dessin original, à la même encre bleue, représentant le "central panel" décrit à gauche : "... bull charging image of man on screen perhaps seated..." (S.l., 1980, 1 p. in-4).
Traces de pli, rares rousseurs.
Traduction de la notice en anglais sur demande.
Provenance
Catalogue Note
les esquisses originales aussi complètes d'oeuvres de francis bacon sont d'une rareté absolue sur le marché. La quasi-majorité est conservée à la Hugh Lane Gallery de Dublin, où le studio et les archives de Bacon ont été transférés en 1999.
Par ce manuscrit, Bacon donne la description illustrée d'un projet de triptyque, Tryptik with bull against screen, apparemment jamais abouti ou détruit comme beaucoup d'autres oeuvres de l'artiste.
Francis Bacon avait l'habitude de fixer sur papier les prémisses de certaines idées de tableau(x). Le triptyque en question consiste en deux Figure in movement from Muybridge pour les panneaux de gauche et de droite ; images emblêmatiques et récurrentes dans l'oeuvre de Bacon, il est normal qu'il n'ait pas éprouvé la nécessité d'en tracer les contours sur ce document.
En revanche, l'image réservée pour le panneau central, et décrite comme "Bull charging image of man on screen perhaps seated", est beaucoup moins habituelle. Les trois seuls tableaux connus de Bacon montrant des taureaux ou des scènes de corrida furent exécutés en 1969 et constitueront la source de ses illustrations du Miroir de la tauromachie (voit lot n° 78). Mais en 1980, ses Study for corrida sont loin derrière lui : même Bacon, contrairement à une certaine idée reçue, pouvait avoir besoin d'un brouillon sur papier avant de se lancer dans la composition d'une toile qui bousculait son inspiration habituelle. Car Francis Bacon était un homme d'habitudes. Le témoignage oral de plusieurs spécialistes (que nous remercions vivement) nous confirme que Bacon se serait probablement détourné de ce projet de triptyque, non pas qu'il ne fût pas intéressant : Bacon n'a pas trouvé le temps nécessaire ("bad timing", à la fin de la description autographe et d'une encre légèrement différente du reste du texte. Cette inscription, de même que la date "1980" sont très vraisemblablement postérieures au document original).
On remarquera les quelques similitudes du dessin avec le tableau Portrait en sphinx de Muriel Belcher peint en 1979.
La mention "from page 40" en haut du dessin demeure inexpliquée. Il est toutefois possible qu'elle renvoie à l'édition G.L.M. de 1964 du Miroir de la tauromachie : c'est le premier livre de Leiris que Bacon a lu après leur rencontre en 1965. Bacon a pu y retrouver la plupart de ses thématiques les plus obsessionelles : la mort, la violence, l'érotisme, la tragédie de tout spectacle. "La question qui se pose maintenant est la suivante : qu'est-ce que cette fêlure par laquelle se manifeste l'élément sombre ? Qu'est-ce que cette crevasse d'où montent les effluves d'un délire panique ?" (Leiris, Miroir de la tauromachie, G.L.M., 1964, p. 40).