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lettre autographe à son secrétaire caillard Paris, 5-10 mai 1774
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Description
- Turgot, Anne Robert Jacques
- lettre autographe à son secrétaire caillardParis, 5-10 mai 1774
Lettre autographe, 6 pages in-4 avec quelques corrections et ajouts autographes. Turgot, comme beaucoup, ne signait pas les lettres autographes adressées à son secrétaire.
Sur la mort imminente de Louis XV : "La maladie du Roy tient tous les ministres etrangers a versailles. Hier l'état du Roy a été assés critique, il est dans le tems le plus facheux, celuy de la fievre de suppuration. On croit qu'il recevra ses sacremens ce matin". A la fin de la lettre, Turgot a rajouté : "Je ne finis ma lettre que le 10 May. Le Roy etoit hier et ce matin a la derniere extremité. A onze heures et demie, je n'y ai point encore nouvelle de sa mort. On ne peut former aucune conjecture sur l'avenir."
A propos de son ouvrage Réflexions sur la formation et distribution des richesses publié par Du Pont de Nemours dans les Ephémérides du citoyen des mois de novembre-décembre 1769 et janvier 1770 : "l'homme de lettres [Mauvillon] qui a le dessein de traduire la formation des richesses me fait plus d'honneur que je n'en mérite (...) je le prierai de faire dans le corps de l'ouvrage un retranchement necessaire et qui forme double emploi avec mon mémoire sur l'usure. J'avais prié Mr Du Pont de le retrancher mais il n'a pas voulu perdre trois pages d'impression (...) Il n'y aurait pas de mal non plus a faire preceder un avertissment pour dire que ce morceau n'a point été écrit pour le public, que ce n'étoit qu'une simple lettre servant de preambule a des questions sur la constitution economique de la Chine adressées a deux chinois(...) et que cette lettre ayant été confiée par l'auteur à Mr Du Pont, il l'a fait imprimer dans son journal".
Turgot donne également des nouvelles de la vie culturelle parisienne : la réception de l'abbé Delille à l'Académie française ("je crois qu'il aura du succès, mais il en aura difficilement autant que Mr De Condorcet qui a traité le même sujet à l'académie des Sciences"), le départ de Du Pont de Nemours en Pologne, pour "élever les enfans du Prince Czartorinski, on lui a fait un sort très avantageux, mais il faut qu'il s'expatrie pendant douze ans"). Il demande enfin à Caillard, en Allemagne mais devant bientôt partir à Naples, de lui procurer quelques livres dont "l'édition française des oeuvres de Gessner en trois volumes in-douze toute pareille à sa petite edition allemande..." (Paris, 5 - 10 mai 1774, 6 p. in-4).
Sur la mort imminente de Louis XV : "La maladie du Roy tient tous les ministres etrangers a versailles. Hier l'état du Roy a été assés critique, il est dans le tems le plus facheux, celuy de la fievre de suppuration. On croit qu'il recevra ses sacremens ce matin". A la fin de la lettre, Turgot a rajouté : "Je ne finis ma lettre que le 10 May. Le Roy etoit hier et ce matin a la derniere extremité. A onze heures et demie, je n'y ai point encore nouvelle de sa mort. On ne peut former aucune conjecture sur l'avenir."
A propos de son ouvrage Réflexions sur la formation et distribution des richesses publié par Du Pont de Nemours dans les Ephémérides du citoyen des mois de novembre-décembre 1769 et janvier 1770 : "l'homme de lettres [Mauvillon] qui a le dessein de traduire la formation des richesses me fait plus d'honneur que je n'en mérite (...) je le prierai de faire dans le corps de l'ouvrage un retranchement necessaire et qui forme double emploi avec mon mémoire sur l'usure. J'avais prié Mr Du Pont de le retrancher mais il n'a pas voulu perdre trois pages d'impression (...) Il n'y aurait pas de mal non plus a faire preceder un avertissment pour dire que ce morceau n'a point été écrit pour le public, que ce n'étoit qu'une simple lettre servant de preambule a des questions sur la constitution economique de la Chine adressées a deux chinois(...) et que cette lettre ayant été confiée par l'auteur à Mr Du Pont, il l'a fait imprimer dans son journal".
Turgot donne également des nouvelles de la vie culturelle parisienne : la réception de l'abbé Delille à l'Académie française ("je crois qu'il aura du succès, mais il en aura difficilement autant que Mr De Condorcet qui a traité le même sujet à l'académie des Sciences"), le départ de Du Pont de Nemours en Pologne, pour "élever les enfans du Prince Czartorinski, on lui a fait un sort très avantageux, mais il faut qu'il s'expatrie pendant douze ans"). Il demande enfin à Caillard, en Allemagne mais devant bientôt partir à Naples, de lui procurer quelques livres dont "l'édition française des oeuvres de Gessner en trois volumes in-douze toute pareille à sa petite edition allemande..." (Paris, 5 - 10 mai 1774, 6 p. in-4).
Literature
cette lettre a été publiée dans l'édition des Oeuvres de Turgot par E. Daire, 1844, vol. II, p. 832-844.
Catalogue Note
Turgot termina cette lettre le 10 mai 1774 "à onze heures et demie". "Le Roy, écrit-il, etait ce matin à sa dernière extrêmité." En effet, à onze heures, Louis XV entrait en agonie. Il rendit l'âme trois heures plus tard.
La mort de Louis XV et la succession au trône de France par Louis XVI verront la consécration politique de Turgot qui devient secrétaire d'État à la Marine en juillet 1774, puis Contrôleur général des Finances au mois d'août suivant. Pratiquant une politique très stricte, il parvient à rembourser une partie des dettes du royaume, mais s'attire l'hostilité des privilégiés ; il institue ensuite la liberté du commerce et de la circulation des grains, mais il doit faire face à des émeutes qui éclatent, suite à une mauvaise récolte, au printemps de 1775. En 1776, il supprime les corporations et remplace la corvée royale par une taxe en argent. Sous la pression des privilégiés, il est renvoyé le 12 mai 1776.
Principal ouvrage de Turgot, les Réflexions sur la formation et la distribution des richesses peuvent égaler selon Schumpeter La Richesse des Nations d'Adam Smith "qu'elles surpassent même à ses yeux quant à la structure théorique" (Jean Viardot, En français dans le texte, n° 165).
La mort de Louis XV et la succession au trône de France par Louis XVI verront la consécration politique de Turgot qui devient secrétaire d'État à la Marine en juillet 1774, puis Contrôleur général des Finances au mois d'août suivant. Pratiquant une politique très stricte, il parvient à rembourser une partie des dettes du royaume, mais s'attire l'hostilité des privilégiés ; il institue ensuite la liberté du commerce et de la circulation des grains, mais il doit faire face à des émeutes qui éclatent, suite à une mauvaise récolte, au printemps de 1775. En 1776, il supprime les corporations et remplace la corvée royale par une taxe en argent. Sous la pression des privilégiés, il est renvoyé le 12 mai 1776.
Principal ouvrage de Turgot, les Réflexions sur la formation et la distribution des richesses peuvent égaler selon Schumpeter La Richesse des Nations d'Adam Smith "qu'elles surpassent même à ses yeux quant à la structure théorique" (Jean Viardot, En français dans le texte, n° 165).