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ulysses Paris, Shakespeare and company, 1922
Description
- Joyce, James
- ulyssesParis, Shakespeare and company, 1922
tirage : exemplaire n° 139, un des 150 sur vergé d'Arches.
Provenance
Catalogue Note
L'édition originale de Ulysses fut imprimée à 1000 exemplaires, répartis en trois tirages : les 100 premiers sur hollande, 150 autres sur vergé d'Arches et 750 sur vergé à barbe. Cet exemplaire est issu du tirage sur vergé d'Arches. "These copies bulk dramatically larger than copies from the other two issues, earning them the sobriquet of Giant Joyces" (Librairie Glenn Horowitz, New York, catalogue James Joyce, 1996, p. 36). Probablement pour cette raison, le tirage sur vergé d'Arches fut le dernier des trois acheminés à Paris par Maurice Darantière, l'imprimeur de Ulysses, dijonnais et qui ne parlait pas anglais ! Le premier Ulysses sorti des presses, un des 750, fut envoyé par l'express Dijon-Paris jusqu'à Joyce afin qu'il le reçoive le jour de son quarantième anniversaire, le 2 février 1922. D'autres, toujours du tirage courant, arrivèrent le 9 février. Sylvia Beach, l'éditrice, reçut le premier exemplaire sur hollande le 13 février. Le premier sur Arches n'arriva que le 4 mars à sa librairie.
Sylvia Beach a noté sur un carnet noir la liste précise de toutes les personnes ayant reçu, réservé ou acheté, entre mai 1921 et juillet 1922, un exemplaire sur hollande ou sur Arches de l'édition originale de Ulysses (voir Horowitz, p. 113-133). Cet exemplaire fut acheté par la maison d'édition Gallimard le 31 mars 1922. Au même moment, dans la Nouvelle Revue française du mois de mars 1922 (propriété depuis 1913 du seul Gaston Gallimard), paraissait le texte de Valery Larbaud sur Ulysses qu'il avait prononcé lors de la célèbre séance de lecture publique tenue, en présence de Joyce, le 7 décembre 1921 dans la librairie d'Adrienne Monnier.
Larbaud avait rencontré Joyce en décembre 1920. Il voulut traduire Ulysses en français aussitôt après en avoir lu les quelques extraits parus en pré-originale dans la Little Review en 1919 et 1920.
Joyce, très vite informé de l'excellent accueil de ses écrits, en avisa par lettre son amie Harriet Shaw Weaver : "[Larbaud] affirme qu'il n'a pu écrire ni dormir depuis qu'il a lu [Ulysses] et propose d'en traduire quelques pages accompagnées d'un article pour la Nouvelle Revue française. J'espère qu'il ne changera pas d'avis." Larbaud tiendra donc parole.
La traduction française complète de Ulysses paraîtra seulement en 1929, chez Adrienne Monnier, après huit années de travail collectif mené par Larbaud avec l'aide d'Auguste Morel, de Stuart Gilbert, de Léon-Paul Fargue, de Sylvia Beach et d'Adrienne Monnier bien sûr, et de Joyce qui surveillait. Gallimard ne publiait pas alors de traductions. Le seul biais dont disposait la maison d'édition pour promouvoir Ulysses était bien la Nouvelle Revue française : Larbaud y fit publier deux articles, rien qu'entre janvier et mars 1925, pour répondre aux détracteurs de Joyce. Mais à partir de 1931, avec la création de la collection "Du monde entier", Joyce deviendra l'un des auteurs étrangers, avec Faulkner, que la maison Gallimard aura pour obsession de voir figurer dans son catalogue. Depuis 1937 et la nouvelle édition d'Ulysse, Gallimard détient l'exclusivité des droits de traduction sur toute l'oeuvre de Joyce. Ulysse mis à part, toutes les traductions françaises de Joyce auront été éditées chez Gallimard. En 2004, à l'initiative d'Antoine Gallimard et de Stephen James Joyce, le petit-fils de l'écrivain, parait une nouvelle traduction française du plus grand chef-d'oeuvre de la littérature mondiale du XXe siècle.