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IMPORTANT STATUE MASCULINE, URHOBO, NIGERIA
Description
Condition Note:
Eclats et manques dans la surface.
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Catalogue Note
PROVENANCE
Collectée in situ par Philippe Guimiot, 1972
Philippe Guimiot, Bruxelles
CATALOGUE NOTE
Si la statuaire Urhobo réserve une place prédominante aux œuvres de grandes dimensions, celle-ci se distingue par son exceptionnelle monumentalité, offerte à la fois par sa taille, la très grande dignité de la pose et la qualité de sa sculpture - associant une dynamique verticale puissante à la tension des lignes courbes, et la rondeur des volumes corporels aux traits anguleux du visage.
cf. Pour des œuvres de style et de qualité comparables : la statue féminine provenant de la collection Baudoin de Grunne, (Sotheby’s New York, mai 2000, lot n° 16) et la maternité de la collection du musée Barbier-Mueller, aujourd’hui conservée au musée du quai Branly (RMN, 1997 : 92) - toutes les deux également acquises de Philippe Guimiot. Il est très vraisemblable que ces trois œuvres proviennent du même atelier.
Les statues edjo re akare (ou : « esprits sous forme sculptée») constituent un hommage rendu aux ancêtres à travers la représentation - sous les traits de guerriers mythiques - des esprits de la forêt. Ces esprits, désignés par le terme edjo, sont considérés par les Urhobo comme potentiellement favorables ou néfastes à l’homme, chaque communauté étant chargée de les contrôler. Conservées dans des sanctuaires oguan re edjo, elles font l’objet de rites de consécration quotidiens, hebdomadaires et surtout annuels, au cours desquelles les edjo sont célébrés par leurs prêtres et prêtresses attitrés (Foss in RMN, 1997 : 99 – 101).
Ici, la figure du guerrier avec ses médecines contenues dans la calebasse suspendue au cou – offrant les pouvoirs magiques nécessaires à la victoire -, l’attitude hiératique et la puissance des masses musculaires et des traits corroborent la vision portée par les Urhobo sur les edjo : des êtres capables de protéger la collectivité des agressions et des esprits malveillants (Foss, idem : 100).
Enfin, les scarifications frontales et les nombreux ornements rappellent les origines Edo des Urhobo et leurs échanges avec les Bini voisins.
English version at the end of the catalogue