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BELLE STATUE FÉMININE, DAN, CÔTE D'IVOIRE
Description
Condition Note: Arrière du pied et bras gauche cassés, recollés.
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Catalogue Note
PROVENANCE
Ancienne collection Robert Duperrier, Paris
Philippe Guimiot, Bruxelles
LITERATURE AND REFERENCES
Exposée et reproduite dans :
Oerkunsten van Zwart Afrika, Cultureel Centrum, Gemeentekrediet, Passage 44, Bruxelles, 1977 : 46, n° 20
CATALOGUE NOTE
Cette belle statue lü me est très proche de la maternité conservée au musée du quai Branly (Meauzé, 1967 : 146) attribuée, en raison de la perfection de ses formes, au fameux sculpteur Zlan, découvert en 1960 par Hans Himmelheber. Né à Gangwebe, village Wé situé dans la zone frontalière entre la Côte d’Ivoire et le Liberia, Zlan a été très tôt reconnu comme un sculpteur de grand talent. Ses commandes firent de lui un maître incontesté, dont l’influence s’exerça non seulement chez les Dan et les Wé voisins, mais jusque chez les Mano, de part et d’autre de la frontière guinéenne (Verger-Fèvre, in AFAA, 1989 : 45). L’œuvre présentée ici, offrant des traits similaires et les mêmes grandes qualités sculpturales, provient très probablement de la même main.
Si par ses qualités plastiques cette œuvre se distingue au sein du corpus des statues Dan, elle en conserve les canons stylistiques, fondés sur les critères de beauté en pays Dan et Guéré : haut front bombé orné d’une nervure médiane, yeux étirés, mi-clos, sculptés sous des sourcils hachurés – à l’image des scarifications obliques que les femmes Dan se faisaient pratiquer par souci esthétique – cou large, complexe coiffure nattée.
Les statues Dan en pied sont rares. Appelées lü me, ou "personne en bois", elles sont avant tout considérées par les Dan comme objet de délectation. Commandées par les chefs aux sculpteurs les plus talentueux, ces statues sont des portraits de l’épouse favorite, dont elles portent le nom. Elles étaient conservées avec les autres objets précieux et parfois exhibées pour honorer un hôte et accroître le prestige de son détenteur.
La présence de cette œuvre dans la collection de Roger Vanthournout est éminemment significative - à la fois pour sa rareté et ses très belles qualités plastiques, pour sa probable attribution au sculpteur Zlan et parce qu'elle représente, dans l'art africain, un des très beaux exemples de création dont le sens est purement artistique.