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f - SUPERBE PLAQUE EN BRONZE, EDO, ROYAUME DE BENIN, XVIE - XVIIE SIÈCLES, NIGERIA
Description
Catalogue Note
PROVENANCE
Museum für Völkerkunde, Frankfurt am Main
Charles Ratton, Paris
Ancienne collection Georg Tillmann
Tropenmuseum, Amsterdam
Famille Tillman, États-Unis d'Amérique
Transmis par descendance à l'actuel propriétaire
LITERATURE AND REFERENCES
Roy, Arts Sauvages, 1957: ill p. 27
Tropenmuseum Amsterdam, The Georg Tillmann Collection: a Passion for Indonesian Art at the Tropenmuseum Amsterdam, 1997
CATALOGUE NOTE
Cette belle plaque en bronze, dont le personnage brandit de la main droite un objet rectangulaire, offre une iconographie présente sur quelques autres plaques ou fragments référencés, notamment :
. la plaque provenant du Museum für Völkerkunde de Berlin, puis de la collection Perls, aujourd'hui conservée au Metropolitan Museum of Art, New York (Ezra, 1992 : 140, cat. n° 42) ;
. celle du Smithsonian National Museum of African Art (inv. n° 2001-14-1)
. celle reproduite par Von Luschan (1919 : figures 309, 310 et 311)
. la plaque conservée au Museum für Völkerkunde de Vienne (inv. n°. 64.679 et 64.680).
Son interprétation a fait l'objet de plusieurs hypothèses. Selon les époques et les spécialistes, l’objet rectangulaire a été identifié comme un tambour ou un tambourin (Von Luschan, 1919), un charme protecteur (Ezra, 1992), un miroir, ou comme un document ou un livre.
Tandis que les scarifications ornant le torse du personnage permettent de l'identifier comme un citoyen Edo, son statut de dignitaire de la cour est affirmé par ses attributs, en particulier la jupe à plusieurs épaisseurs brodée de motifs ornementaux, les bracelets de chevilles et les brassards, le haut collier odigba et la coiffe.
Enfin, le motif en bas relief ornant le coin gauche de la plaque - nommé ebe-ame (feuille de rivière) - est iconographiquement associé au royaume d’Olokun, « dieu de la mer qui accorde richesse et fertilité à ses adeptes » (Ezra, 1992 : 315). L’association du personnage avec le dieu Olokun est amplifié si l’on interprète l’objet brandit comme une amulette protectrice - traditionnellement composée de rotin ou de bois et d’un miroir. En effet, selon Ezra, « les miroirs ont une importance mystique et sont associés à Olokun. Le reflet du miroir, tout comme celui de l’eau, permet à son propriétaire de détecter et donc de détourner le mal » (Ezra ibid. : 126).
English version at the end of the catalogue