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Antoine Coypel (Paris 1661 - 1722)
Description
- Antoine Coypel
- L'allégorie au mariage de Monseigneur Le Dauphin
Inscription à l'or en haut :
Tout concourt à la fois au bonheur de la France
Pendant que la Victoire entasse ses Lauriers
Sa gloire par la Paix calme les faits guerriers
Et l'himen y produit une heureuse alliance
et dédicace à l'or en bas :
A Monseigneur le Dauphin
Je consacre, Grand Prince, à la Postérité
Cette image où jay peint ton Hymen et ta Gloire
Puisque ton nom qui vole à l'Immortalité
Doit rendre le sujet d'Eternelle Mémoire.- Gouache et rehauts d'or sur vélin
Provenance
Literature
Mercure de France, mars (II) 1680, pp.230 et suivantes ;
L.Dimier, "Antoine Coypel, 1661 à 1722", Les peintres français du XVIIIème siècle, Paris et Bruxelles, tome I, 1928, p.148, n°9 ;
N.Garnier, Antoine Coypel 1661-1722, Paris, 1989, pp.90-91, n°3 (comme oeuvre disparue).
Catalogue Note
Antoine Coypel est le fils du peintre Noël Coypel qui travailla à Versailles sous la direction de Le Brun et qui fut nommé Directeur de l'Académie de France à Rome en 1672. Antoine demeure avec son père en Italie de 1672 à 1676 et visite alors le nord du pays où il étudie les grands ensembles décoratifs du Corrège, ainsi que les tableaux de Titien et Véronèse, qui devaient marquer sa peinture. Rentré à Paris en 1676, il est reçu à l'Académie Royale de peinture le 25 octobre 1681 avec un tableau représentant Louis XIV couronné par la Gloire après la Paix de Nimègue en 1678.
Entre temps, en février 1680, Coypel présente au Dauphin Louis (1661-1711) cette spectaculaire et inédite miniature, sans doute à titre d'esquisse, commémorant le mariage du Prince. L'artiste est en train de peindre le tableau (aujourd'hui perdu) pour lequel notre oeuvre est préparatoire, lorsque la parution de la gravure dans le Mercure de France vient attirer l'attention sur le jeune peintre. Le Dauphin récompense par la suite généreusement Coypel et en 1699, il le soutient contre Hardouin-Mansart lorsque celui-ci veut organiser un concours favorisant Charles de La Fosse pour la décoration de Meudon, résidence de Monseigneur.
Notre miniature et le tableau correspondant sont les premiers ouvrages connus pour le fils de Louis XIV. La gravure est conservée à la Bibliothèque Nationale et un dessin préparatoire pour la figure de l'Abondance dans une collection particulière à Toronto.
"Stylistiquement, cette petite composition rappelle de grands modèles (en particulier Le Sueur qui avait beaucoup influencé Noël Coypel dans sa jeunesse, pour le type physique des personnages, proches de celui des Muses de l'hôtel Lambert, et bien sûr Le Brun) mais elle annonce déjà le style futur de l'artiste (l'air grâcieux de la Paix est déjà proche des nymphes souriantes qui établiront le succès de Coypel). Ce sont surtout les attitudes des personnages, presque tous féminins, qui évoquent par leur élégance un peu précieuse l'art XVIIIème siècle de Coypel dont nous trouvons ici les prémices en pleine ère Louis-quatorzième, avec cette profusion d'angelots qui caractérisa si bien l'oeuvre de l'artiste" analyse parfaitement Nicole Garnier, spécialiste du peintre que nous remercions d'avoir confirmé l'attribution de cette miniature à Coypel et qui déclare que cette oeuvre d'une fraîcheur exceptionnelle présentée au dauphin est à sa connaissance "le seul exemple de miniature qu'il ait réalisé".