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Giulio Paolini
Description
- Giulio Paolini
- Primo appunto sul tempo
- signé Giulio Paolini et daté 1968 au dos à gauche
- crayon sur papier punaisé sur châssis
- 200 x 200 cm
- 78 3/4 x 78 3/4 in
Provenance
Collection Sergio Ermini, Ponti S.M.
Exhibited
Lucerne, Kunstmuseum Luzern, Processi di pensiero visualizzati/Junge italienische Avantgarde, 1970
Paris, Galerie Liliane et Michel Durand-Dessert, Anselmo/Broodthaers/Fabro/Flanagan/Paolini, 1985-86
Paris, Galerie Liliane et Michel Durand-Dessert, Arte Povera 1965-1972, 1995
Bordeaux, capcMusée d'Art Contemporain, Les années 70, l'art en cause, 2002, p. 152, illustré
Literature
Germano Celant, Arte Povera, New York 1969, p. 148, illustré (détail)
Galleria della Sala di Cultura, Arte e Critica 70, catalogue de l'exposition, Modena 1970, illustré
Germano Celant, Giulio Paolini, New York 1972, p. 69, illustré (détail)
Giulio Paolini, Idem, Turin 1975, p. 38, illustré (détail)
Maurizio Fagiolo dell'Arco, Giulio Paolini, in "Università degli Studi di Parma", Quaderno no. 30, Parma 1976, no. 88, illustré (détail)
P. Tedeschi, Una Collezione di Arte Povera, in "Vogue Italia", no. 239, Milan septembre 1982, p. 846, illustré
Le Nouveau Musée, Giulio Paolini, catalogue de l'exposition, Villeurbanne 1984, vol. II, p. 31, illustré (détail)
Palazzo Rosari Spada, Giulio Paolini. La casa di Lucrezio, catalogue de l'exposition, Spoleto, Casalecchio di Reno 1984, p. 13, illustré (détail)
Kunsternes Hus, Fra usikkerhet til samlet Kraft..., catalogue de l'exposition, Oslo 1986, illustré (détail)
Giulio Paolini, Suspense, Florence 1988, p. 249, illustré (détail)
Fondation Prada, Giulio Paolini, catalogue de l'exposition, Milan 2003, p. 247, illustré
Musée de Grenoble, L'Art au Futur Antérieur, Grenoble 2004, no. 96, illustré
Catalogue Note
Primo appunto sul tempo poursuit l’œuvre analytique qu’a entreprise Giulio Paolini au début des années 60. Rompant avec la mystique de l’expressionnisme abstrait américain, il s’efforce d’élaborer, à l’occasion de chacune de ses œuvres, un vocabulaire de l’art, un vocabulaire a minima et pourtant concret, bien éloigné d’une abstraction toute conceptuelle. Paolini s’appuie en effet sur des éléments matériels, – châssis, toile, feuille de papier quadrillée, gamme chromatique –, des éléments réduits à leur signification générale et représentés dans leur plus grande simplicité.
« Le caractère énigmatique des instruments oblige à les lire en tant que sujet indicible. Le tableau cesse de transmettre une image et devient présence muette, ou encore il représente les éléments mêmes qui le constituent… »
(Giulio Paolini, Notes de travail 1962-70).
La grande feuille de papier (200x200) fixée sur un châssis par des punaises qui sert de support à l’inscription au crayon de la phrase Premier rendez-vous avec le temps est un parfait exemple de la volonté explicite chez Paolini de manier le vocabulaire des matières et des outils universels, ainsi que de la méthode d’investigation qu’il poursuit pour tirer des œuvres simples et limpides du tissu de l’histoire de l’art.
D’un format légèrement supérieur à celui d’un corps humain en extension, la vierge opacité de cette œuvre énigmatique nous incite, pour la déchiffrer, à une approche anatomique qui nous replace à l’endroit même où était l’artiste lorsqu’il la réalisée : au centre. Nous comprenons alors – notre corps le comprend avant notre esprit– que l’œuvre est une proposition sublime de rencontre du temps et de l’espace en ce point privilégié de jonction où ils fusionnent : l’acte créateur. En ce lieu condensé, Paolini nous invite à être les témoins privilégiés de la solitude de l’artiste à l’orée de toute création ; plus même, il nous incite à affronter l’obstacle du vide qu’offre la grande page blanche au peintre comme au poète, à franchir le seuil qui nous en sépare, à faire jaillir la parole du silence, l’être du néant : à faire nôtre cette expérience du geste premier, porteur, ex nihilo, de tous les potentiels.