Lot 7
  • 7

Salvatore Scarpitta

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Description

  • Salvatore Scarpitta
  • Helikon
  • signé SCARPITTA daté 1959 et titré HELIKON au dos en haut sur la toile
  • résine et pigment sur toile
  • 113 x 161,5 cm
  • 44 1/2 x 63 5/8 in

Provenance

Leo Castelli Gallery, New York
Galleria Notizie, Turin
Galleria Massimo Minini, Brescia

Exhibited

New York, Leo Castelli Gallery, Work in three dimensions, 1959
Los Angeles, Dwan Gallery, Scarpitta, 1961
Turin, Galleria Notizie ; Brescia, Studio C, Salvatore Scarpitta, 1972, no. 3, illustré
Turin, Galleria Ippolito Simonis, Salvatore Scarpitta, 1987, illustré
Paris, Galerie Liliane et Michel Durand-Dessert, Corps Sublimes, 2002

Literature

Leo Castelli Gallery, Leo Castelli Ten Years, catalogue de l'exposition, New York 1967, illustré
Germano Celant, Salvatore Scarpitta, Turin-Brescia, 1972, illustré, no. 3
The Contemporary Arts Museum, Scarpitta, catalogue de l'exposition, Houston 1977, p. 19, illustré
The Murray and Isabella Rayburn Foundation, Roma-New York 1948-1964, catalogue de l'exposition, Milan 1993, p. 37, illustré
Palazzo dei Diamanti, Roma 1950-59. Il rinnovamento della pittura italiana, catalogue de l'exposition, Ferrara 1995, p. 18, illustré
Luigi Sansone, Salvatore Scarpitta. Catalogue Raisonné, Milan 2005, p. 170, no. 235, illustré

Catalogue Note

Après une longue période artistique romaine de plus de dix ans, Salvatore Scarpitta rentre à New York, sa ville natale. Il arrive en janvier 1959, avec ses toutes nouvelles « toiles bandées », créées l'année précédente et exposées à la Galleria Tartaruga de Rome. Quelques jours après l'inauguration, il avait écrit à un ami : « Je sens que mon travail me rapproche de plus en plus de la possibilité de retourner à New York». C'est le début d’une nouvelle période artistique pour Scarpitta, qui sera marquée par l'amitié et le soutien de Leo Castelli.
Les premières expositions organisées par ce dernier eurent beaucoup de succès et suscitèrent une vive admiration de la critique américaine, qui confirma l'originalité et le nouveau développement créatif de l'artiste. Bennet Schiff avait commenté ainsi la première exposition personnelle de 1959 : « L'art de Salvatore Scarpitta est complètement nouveau comparé à tout ce qui s'est fait jusqu'aujourd'hui [...]».
Helikon fait partie des grands « tableaux bandés » créés entre 1957 et 1959, années charnières du parcours artistique de ce pionnier dans la recherche et l'étude de la matière. « Les tableaux bandés de Scarpitta  [...] sont une invention sans précédent, pour la simple raison que leur identité physique est celle du matériel même, de sa couleur, de la tension des  parties visibles et invisibles.» (Claudio Cerritelli, 1959).
Cette nouvelle création doit tout son succès à son originalité, une nouveauté sans égal dans le panorama artistique italien et international. L'artiste se passe de la matière-peinture pour se livrer entièrement à la matière-toile, son « medium plastique », tendue dans une nouvelle fonction dynamique. La couleur n'est plus protagoniste, elle devient complémentaire. Elle sert à mettre en évidence aussi bien les caractéristiques naturelles de la toile –la trame, l'épaisseur, l'élasticité, la souplesse, la dureté– que celle artificielles –formes, tensions, fissures– imprimées par l’artiste.
L’artiste Piero Dorazio décrit ainsi l’œuvre de son ami. « [...] Après la naissance de sa fille Lola, Salvatore avait apporté dans son studio toutes les bandes de toiles utilisées pour langer le bébé, et après les avoir enroulées autour d’un châssis de bois, il les faisait durcir avec une colle et les peignait, monochrome ou blanche, rouge foncé ou bleu, laissant des fissures entre un tour et l'autre des bandes. Ces espaces vides apparaissaient comme des coupures nettes, ouvertes, comme des blessures.»
L'originalité de ce travail l'avait tellement marqué qu'à la première occasion Dorazio accompagna Lucio Fontana et Leo Castelli dans le studio de Salvatore. « L'année suivante j'allai chez Fontana. Son studio était rempli de toiles avec les célèbres fentes, qui ne pouvaient qu’avoir été inspirées par les bandes de Scarpitta ».