Lot 24
  • 24

Michelangelo Pistoletto

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Description

  • Michelangelo Pistoletto
  • Specchio bianco - specchio nero
  • miroir, bois
  • 2 éléments chaque 230 x 143 x 4 cm
  • 2 pieces each 90 1/2 x 56 1/4 x 1 5/8 in
  • Exécuté en 1975-89.

Provenance

Atelier de l'artiste

Exhibited

Paris, Galerie Liliane et Michel Durand-Dessert, Michelangelo Pistoletto, Specchio, 1990
Jouy-en-Josas, Fondation Cartier ; Milan, Rotonda della Besena ; Münich, Villa Stuck ; Vraiment Faux, 1991
Grenoble, Musée de Grenoble, L'Art au Futur Antérieur, 2004, illustré

Catalogue Note

Le miroir, médium de prédilection de Pistoletto, exprime et concrétise sa recherche de l’élément primaire, de l’énergie vitale qui gouverne l’univers : « Le miroir devient un territoire à la place de n'importe quel signe… Je place le miroir comme une graine, comme le baptême d’une foi qui rend à la créativité le pouvoir spirituel… Et n’oublions pas que les yeux sont les miroirs qui reflètent les choses, que l’esprit est le miroir des yeux et que nos actions sont le miroir de notre esprit. L’esprit se forme et s’exprime dans ce cycle…»
De même que l’énergie et la lumière doivent rencontrer un obstacle pour se manifester, le miroir doit se diviser et se multiplier pour être vu. L’image reflétée n’appartient pas au domaine du matériel car son poids gravite dans la dimension de la pensée et de la conscience : « Dans le miroir, l’homme et Dieu entrent dans la même dimension ».
Commencé en 1975,  Specchio bianco, specchio nero  s’insère dans les cycles de Divisione e Multiplicazione dello specchio  et de L’Arte assume la religione  où les œuvres s'inspirent du lien entre Dieu et l’artiste : « Avec le miroir, je ne crée rien, ce n’est pas moi qui fais le travail de transcription, il n’y a pas de passage et la virtualité devient donc réelle, elle acquiert un droit de vie comme tous les autres éléments de la réalité. » Ici, c’est le miroir blanc qui se reflète et se dédouble dans son contraire, le noir. L’œuvre a évolué, un nouveau concept prend forme. 1989 correspond au projet  Anno bianco  où l’artiste  veut refléter les événements de l’année, comme un miroir ou une page blanche. « La civilisation de l’image gagne sur tous les fronts, elle phagocyte toutes les autres cultures. Les mots deviennent images, les signes deviennent images, l’architecture devient image, la couleur devient image, nous volons d’image en image. »  Contre la perte du réel et du concret, Pistoletto offre une page blanche en attente d’empreinte. En ce sens, le miroir blanc symbolise le réel et le miroir noir, la fiction. (Marie de Brugerolle et Michelangelo Pistoletto, Continents de temps. Michelangelo Pistoletto,  Lyon, 2001, pp. 128 et 132)