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Pendule à cercles tournants aux quatre nymphes et globe céleste, en marbre blanc, tôle laquée et bronze doré d'époque Louis XVI, le marbre signé et daté J.P.L.ESUEUR.IN.FECIT. 1790, l'horlogerie par Lepaute, le mouvement signé et daté Le Paute horloger du Roy à paris 1790
Description
- le marbre signé et daté J.P.L.ESUEUR.IN.FECIT. 1790, l'horlogerie par Lepaute, le mouvement signé et daté Le Paute horloger du Roy à paris 1790
- Haut. totale 153 cm, diam. pendule 65 cm
- Height 60 1/4 in, diameter 25 1/4 in
Provenance
- Folie Beaujon aux environs de 1800
- descendance d' Ignace Vanlerberghe jusqu'à nos jours
Literature
BIBLIOGRAPHIE :
- S. Lami, Dictionnaire des sculpteurs de l'Ecole française au dix-huitième siècle, Paris, 1911 (réed. 1970), p. 81
- Krafft et Ransonnette, Plans, coupes, élévations des plus belles maisons et des hôtels construits à paris et dans les environs, Paris, 1801-1802, pl. XLVII
Catalogue Note
La première mention que nous ayons de ce groupe a été publiée en 1911 par Lami dans son monumental ouvrage.
Elle appartenait déjà à Ignace Vanlerberghe, et Lami décrit le groupe de la façon suivante : "quatre figures de femmes. Groupe en marbre exécuté par M. Vanderberg."
Vers 1800, ce groupe fut dessiné puis gravé et publié dans le salon de la Folie Beaujon. Il y demeura probablement jusqu'à la vente de la propriété et appartint jusqu'à nos jours aux descendants des propriétaires de la folie Beaujon.
Le dessin
Un dessin conservé au Fitzwilliam museum de Cambridge (inv 3197) reproduit la pendule que nous offrons à la vente. Ce dessin fut offert en 1816 par lord Fitzwilliam au musée. Signé de Bernard et daté de 1791, il représente la pendule sur un piédestal placée entre deux fenêtres. Ce piédestal a été réalisé puisque l'on peut le reconnaître formellement sur la gravure publiée par Krafft et Ransonnette en 1801 illustrant le salon de la Folie Beaujon
La Folie Beaujon
Appelée au XVIIIe siècle Chartreuse ou Folie Beaujon, ce pavillon fut construit par le banquier de la cour Nicolas Beaujon en 1781 sur les plans de l'architecte Nicolas Claude Girardin.
Beaujon, malade et impotent, désirait une campagne moins éloignée que celle d'Issy ; il vendit ce domaine au duc de l'Infantado et fit construire cette "ferme hollandaise" sur un terrain de cinquante hectares, situé entre les rues actuelles du Faubourg Saint-Honoré, de l'avenue de Wagram, de la rue de Washington et des Champs Elysées.
Le coût de construction s'éleva à 85000 livres, mais la décoration intérieure réalisée en partie par Le Barbier, Boquet etc... fut considérée par les contemporains comme extraordinaire.
En 1783, le propriétaire recevait le comte et la comtesse de provence. Selon Madame d'Oberkirch : "La chartreuse est une vraie campagne, avec une ménagerie, une laiterie, et même une chapelle... La maison est meublée magnifiquement, de meubles anciens surtout et des vernis Martin admirables... Je ne dis rien des statues, des tableaux, des objets curieux qu'on trouve à chaque pas ; il faudrait un catalogue...".
Après le décès du financier, le domaine fut adjugé pour 166.960 livres au collectionneur P.J Bergeret de Grandcourt le 19 septembre 1787.
En 1797, le domaine fut vendu meublé aux époux Vanlerberghe. Le financier alors qualifié de négociant, demeurait à Amsterdam. Inquiété en 1800 par le pouvoir consulaire, Monsieur Vanlerberghe vendit sa maison à son épouse. Ce fut pour Madame Vanlerberghe que la maison fut agrandie et décorée à neuf par l'architecte Coffinel. J.C Krafft et N. Ransonnette illustrèrent la maison et les décors, notamment un boudoir gothique dès 1801.
Madame Vanlerberghe, puis son fils, conservèrent cette maison jusqu'en 1837, date à laquelle commençait le lotissement. Sur ce qui reste de son jardin fut élevé l'hôtel de la baronne Salomon de Rothschild.
Ignace Vanlerberghe
Originaire des Flandres, Ignace Vanlerberghe était devenu négociant en grains et fourrage à Douai, rue Mirabeau au début de la Révolution. Sa famille était installée dans cette ville et grâce à son beau-frère Thomas Lefebvre, inspecteur principal des subsistances militaires pour l'armée du Nord, il était devenu le fournisseur des armées de la République.
En 1793-1794, menacé d'arrestation, il s'enfuit de Douai, sa femme fut retenue en arrestation à son domicile. Sauvé par le 9 Thermidor, le couple continua à spéculer en achetant en association avec Joseph Delanoy le Château de Neuilly. En 1799, la maison de négoce fournit à l'armée 16000 habits, 13000 vestes, 16000 culottes et 4000 redingotes. Devenu immensément riche, Ignace Vanlerberghe acheta la Folie Beaujon en 1796.
Ignace Vanlerberghe avait fourni plus de 5 millions de francs en pains et nourritures aux armées de Bonaparte. Affable, ingénieux, actif et prodigue, Ignace Vanlerberghe s'occupa alors d'établir ses enfants. Ses filles devinrent la générale Rapp, Madame Paulée et la comtesse Cornudet.
ENn1804, il s'associa à Ouvrard et au banquier Desprez sous le nom de la compagnie des Négociants réunis ; ce fut le début de la chute.
Accusés de léser l'Etat, les trois négociants furent convoqués par Napoléon Ier en 1806. La colère de l'empereur fut épique et les trois présumés coupables connurent les geôles de Sainte-Pélagie. A la chute de l'Empire, le gouvernement devait encore à la société plus de 13 millions de francs.
Le Conseil d'Etat, malgré l'intervention de Wellington, refusa d'honorer cette créance. Ignace Vanlerberghe ne put le supporter et se suicida en 1819.
Jacques Philippe Lesueur, le sculpteur
Né à Paris en 1757, Jacques Philippe Lesueur (1757-1830) obtient le prix de Rome en 1780. Dès son retour à Paris, il travaille sur le décor du grand appartement du château de Chantilly. Il expose aux Salons de 1791 à 1824. Chevalier de la Légion d'Honneur et membre de l'Institut, il réalise des sculptures pour la façade du Panthéon, pour le fronton nord de la Cour carrée du Louvre, un relief intitulé "La Paix de Presbourg" pour l'Arc de Triomphe du Carrousel, la statue "du Bailli de Suffren" destinée au pont Louis XVI (aujourd'hui à Versailles), et les statues pour le palais du Luxembourg.
Lepaute Horloger du roi
Cette signature que l'on peut lire sur le mouvement correspond à celle utilisée par la société formée dès 1750 par Jean-André et Jean-Baptiste Lepaute, officiellement fondée le 28 octobre 1758 et poursuivie par Jean-Baptiste Lepaute et ses deux neveux Pierre-Basile et Pierre-Henry. Cette signature fut utilisée jusqu'en 1792 sans que l'on puisse réellement distinguer l'implication directe dans la production de tel ou tel horloger au sein de l'atelier.
Les logements mis à leur disposition au Luxembourg et au Louvre étant trop exigus, les Lepaute décidèrent d'installer une annexe rue de Sèvres à la Croix Rouge qui devint rapidement leur atelier principal. A partir de 1776 et jusqu'en 1789, ils s'installèrent place du Palais Royal. Outre le titre d'Horloger du roi, ils portèrent celui d'Horloger de S.A.S le duc de Bourbon et d'Horloger de Monseigneur, comte d'Artois. travaillant pour la Couronne dès 1748, ils produisirent parallèlement un nombre important de pièces d'horlogerie qui rencontrèrent un vif succès et contribuèrent à leur réputation tant en raison de la qualité des mécanismes que du choix des caisses. Ils collaborèrent avec les plus grands bronziers, ciseleurs, doreurs, ébénistes et firent appel pour les modèles qui leur appartenaient en propre à des sculpteurs de renom pour habiller pendules et horloges.
Louis XV, Louis XVI, les comtes de Provence et d'Artois, les membres de la famille royale comme Mesdames Victoire et Adélaïde, comptèrent parmi ses clients.