Lot 130
  • 130

Important tapis de la savonnerie tissé pour la grande galerie du Louvre d'époque Louis XIV

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Description

  • 572 x 803 cm
le médaillon central représentant un masque figurant le soleil dans un ovale à motif de culots, entrelacs ajourés et rinceaux d'acanthe sur fond bleu ; encadrement à motif de coquilles Saint Jacques entouré de trophées d'armes et attributs militaires ; bordures à décor de rinceaux feuillagés et encadrements simulant le marbre ; à chaque extrémité un cartouche représentant des ruines ; les écoinçons ornés d'un masque de satyre, enchevêtrement de rinceaux d'acanthe et gruirlandes de fleurs sur fond noir ; (manque 1 mètre sur la longueur soit deux fois 50 cm ; bordures latérales retissées ; bordure longitudinale en partie retissée à l'emplacement d'une cheminée ; petite usures et retissages).

Provenance

- Palais du Louvre, Grande Galerie

- Garde-meuble royal avant la Révolution

- Acheté par monsieur et madame Alfred Sommier pour leur château de Vaux-le- Vicomte auprès du marchand SCHUTZ, 18 rue Bonaparte le 20 novembre 1900.

- Château de Vaux : chambre du roi

Literature

Bibliographie :

L.Murat, Grande demeures de France, Paris, 1991, p.166

Catalogue Note

A la fin de la Fronde, le jeune Louis XIV décida d'embellir Paris, et en particulier son palais Le vieux Louvre. La Grande Galerie appelée également Galerie du Bord de l'Eau joignait le Louvre au Palais des Tuileries.

Après avoir fait exécuter treize tapis pour la galerie d'Apollon de 1664 à 1666, germa l'idée de couvrir sur une longueur de quatre cent vingt-cinq  mètres et sur une largeur de neuf mètres le plancher de la Grande Galerie.

Le programme fut établi et quatre-vingt treize tapis furent mis sur métier, constitués de deux modèles principaux, l'un garni de tableaux de paysage et l'autre de bas-reliefs, ces tapis furent exécutés entre 1670 et 1684 dans les ateliers des familles Dupont et Lourdet.

Pierre Verlet dans The Savonnerie, The James  A. de Rothschild collection at Waddesdon Manor, Londres, 1982, p. 478, a identifié ce tapis avec le numéro 12 ou le numéro 18.

Cette entreprise incroyable put voir le jour grâce à l'énergie de Colbert. Commencés en 1667, les travaux de tissage durèrent vingt ans et accaparèrent l'ensemble des métiers de la Savonnerie.

Un siècle plus tard, Hurtaut et Magny décrivirent le garde meuble de la Couronne : "Il y a plusieurs tapis de la célèbre manufacture de la Savonnerie, qui sont d'une grande beauté : on admire principalement celui qui était destiné pour la Grande Galerie du Louvre : il en est quatre vingt douze pièces".

L'inventaire général des meubles de la couronne, publié par J. Guiffrey 1885 vol. 1 p. 393 et 394 nous décrit :

153 - le douzième : un tapis fonds brun, sur lequel il y a un grand compartiment fonds blanc, dans le milieu oval fonds bleu avec un soleil sur un escu rond, et aux deux bouts dudit tapis, deux paysages remplis d'architecture, long de 7 pieds 1/2, sur 4 pieds 7/12 de large soit 8m 95 par 5m 40.

159 - Le dix-huitième : un tapis fonds brun, sur lequel il y a un grand compartiment fonds blanc dans le milieu un oval fonds bleu avec un soleil sur un escu rond, et aux deux bouts dudit tapis, deux paysages remplis d'architecture, long de 7 pieds 1/2 sur 5 pieds 1/8 de large soit 8m 85 par 6m 04.

En comparant la largeur du tapis et les largeurs des 12 et 18è tapis, il semble que le tapis mis en vente, d'une largeur de 5m 72, soit le 18e tapis.

Qu'advient-il ensuite du tapis ? Il fut probablement vendu, comme la plupart d'entre eux, avant d'être acheté à la fin du XIXe siècle par Monsieur et Madame Sommier pour meubler le château de Vaux le Vicomte où il fut exposé dans la chambre du roi.

Ce lot est classé Monument Historique