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elemens de pourtraiture ou La Metode de representer & poutraire toutes les parties du corps humain Paris, François L'Anglois, 1630
Description
- Saint-Igny, Jean de
- elemens de pourtraiture ou La Metode de representer & poutraire toutes les parties du corps humain Paris, François L'Anglois, 1630
collation : [3 f.], 46, [6], 26, [1f. joint], 18, [4]. Manque le feuillet blanc (a4) au premier cahier.
illustration :
Première partie : 3 titres gravés, 12 vignettes gravées dont 4 séries de têtes et visages ;
Deuxième partie : 24 portraits numérotés, au trait à pleine page dont 10 sur fond hachuré et 14 sur fond blanc, suite de 6 portraits au trait en médaillon non numérotés, suite de 16 figures d'écorchés à pleine page, numérotés, dont 8 au trait sur fond de paysage et les 8 projections géométriques en pointillés, 4 autres projections géométriques de corps humains debout en pointillés, suite de 6 figures d'enfants à pleine page dont 3 au trait sur fond de paysage et les 3 projections géométriques en pointillés ;
Troisième partie : 18 figures au trait à pleine page (têtes, visages, détails du corps) dont 17 numérotées, 3 figures de cupidons et angelots, à pleine page, non numérotées.
soient 72 illustrations à pleine page dessinées et gravées par jean de saint-igny avec la collaboration d'isaac briot (c'est-à-dire 9 de plus que l'exemplaire conservé à la biblothèque de l'arsenal, est. 425).
pièce jointe : figure au trait (scène d'enfants) dessinée et gravée par Saint-Igny, non signée.
reliure signée par Renaud Vernier. Box mastic avec motif de torsade et de croisillons découvrant une partie des gardes sur le plat supérieur, la même torsade estampée à froid sur le plat inférieur, dos long, gardes de daim gris, tranches dorées. Chemise et étui. Exemplaire lavé.
Literature
Catalogue Note
"Personne se s'estoit efforcé de donner la parfaite maniere de pourtraire la figure humaine (sinon Albert Durer qui en a discouru quelque chose, dequoy tu pourras faire iugement le lisant & de combien il s'est esloigné de la vérité)"
Peintre, sculpteur, graveur à l'eau-forte, écrivain d'art né à Rouen, Jean de Saint-Igny (1600-1649) aurait été formé à Paris par l'atelier de Lallemand. "Saint-Igny y aurait acquis ces élégances de manières qui évoquent, dans son oeuvre, les influences conjuguées de la seconde école de Fontainebleau, le maniérisme frôlant l'étrange des graveurs lorrains et surtout de Jacques Bellange" (Bénézit, éd. 1976, p. 234). On doit à Saint-Igny d'avoir révéler Abraham Bosse au public en le faisant graver ses illustrations pour Le Jardin de la noblesse française dans lequel se peut cueillier leur mannierre de vettemens en 1629 et La Noblesse française à l'église en 1629.
Ce pur livre d'artiste est également un formidable traité scientifique. Saint-Igny veut offrir aux apprentis peintres une "méthode" de l'art du portrait, en ces temps baroques où la tête humaine s'éloigne de la philosophie ou de la métaphysique pour ne se servir que de "la facilité de quelques principes et démonstrations géométriques" afin d'établir une même méthode pour bien réfléchir autant que pour être représentée "avec vérité" (Saint-Igny, "Avis au lecteur"). C'est en somme l'époque qui prépare l'avènement du Discours de la Méthode de Descartes (1637).
Saint-Igny aborde ainsi "la manière de designer & pourtraire la teste humaine... tant à son respect que de celuy qui la regarde". Là encore, le parallèle avec Descartes, qui joint à son Discours des réflexions sur l'optique et questionne les rapports de sujet pensant et de l'objet pensé, est fécond. Puis, "toute la figure humaine en sa charnure avec toutes ces différentes dispositions & postures... nous servant aussi des raisons de la Geométrie pour trouver promptement les raccourcissemens inclinations et reflexions de tous les membres". Viennent ensuite "le squelet ou portrait de l'Anatomie" et enfin "les corps revetus ou etoffes de draperie".
Nous n'avons recensé que trois exemplaires - aucun en reliure de l'époque - sur le marché depuis 1983, dont celui-ci, le plus complet.