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observations sur l'ouvrage intitulé "de la nature" manuscrit autographe [vers 1770]
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Description
- Condorcet, Jean-Antoine-Nicolas Caritat, marquis de
- observations sur l'ouvrage intitulé "de la nature"manuscrit autographe [vers 1770]
7 pages in-folio (315 x 220 mm), avec corrections et ajouts autographes.
reliure moderne. Bradel demi-maroquin rouge, dos long. Quelques petites tâches d'encre, infime restauration de papier au premier feuillet.
reliure moderne. Bradel demi-maroquin rouge, dos long. Quelques petites tâches d'encre, infime restauration de papier au premier feuillet.
Catalogue Note
Il s'agit d'une étude critique et philosophique de l'ouvrage de Jean-Baptiste Robinet, De la Nature, publié à Amsterdam en 1761. Condorcet (1743-1794) avait fait allusion à cette oeuvre dans une lettre à Turgot du 22 août 1770. C'est probablement de cette époque que date ce manuscrit qui semble resté inédit. En effet, Condorcet commençait alors à se faire un nom dans le milieu scientifique après ses traités mathématiques remarqués tels Essai sur le calcul intégral (1765) ou Sur le calcul analytique (1769). L'ambitieux jeune homme de 27 ans songeait alors à se faire un nom dans le monde des Lettres et se penche ici sur un sujet classique mais toujours périlleux : le monde sensible est-il régi par un principe rationnel ?
Condorcet aborde quatre points (le manuscrit est divisé en quatre parties, toutes numérotées) :
- Y a t-il "un équilibre parfait entre le bien et le mal" ?
- "Tous les êtres de la nature sont-ils engendrés de manière semblable et sont-ils doués de sensibilité ?"
- Les phénomènes de la nature sont-ils tous explicables par la physique mécaniste et la chimie ?
- Enfin une réflexion sur la méthode philosophique que Condorcet défend. Il appuie une approche scientifique rigoureuse : "Rien n'est plus dangereux que de chercher pour l'explication des phénomènes des principes vagues et qui ne peuvent être asujettis au calcul... Qu'on jette un coup d'oeil rapide sur les annales de la philosophie depuis Thalès jusqu'à Newton, on verra une foule de systèmes, tous également probables lorsqu'ils ont été développés, et détruits tous par le temps qui ne respecte que la vérité". Il examine la notion d'infinitude, rappelle les travaux des plus illustres depuis Archimède, tels ceux de Fontenelle, Leibniz ou Cavalleri. Il conclut, s'appuyant sur Locke et ses disciples : "l'ignorance est le seul parti raisonnable sur les choses que nous ne pouvons connaître, et si les Philosophes, au lieu de perdre leur temps et leurs peines sur les questions qu'ils sont convenus d'appeler sublimes parce qu'elles sont peu intelligibles, le passaient à analyser leurs idées, ils trouveraient que les plus importantes de ces questions naissent uniquement de ce qu'on a mal à propos d'employer des mots dont la signification n'était pas déterminée d'une manière précise".
Condorcet aborde quatre points (le manuscrit est divisé en quatre parties, toutes numérotées) :
- Y a t-il "un équilibre parfait entre le bien et le mal" ?
- "Tous les êtres de la nature sont-ils engendrés de manière semblable et sont-ils doués de sensibilité ?"
- Les phénomènes de la nature sont-ils tous explicables par la physique mécaniste et la chimie ?
- Enfin une réflexion sur la méthode philosophique que Condorcet défend. Il appuie une approche scientifique rigoureuse : "Rien n'est plus dangereux que de chercher pour l'explication des phénomènes des principes vagues et qui ne peuvent être asujettis au calcul... Qu'on jette un coup d'oeil rapide sur les annales de la philosophie depuis Thalès jusqu'à Newton, on verra une foule de systèmes, tous également probables lorsqu'ils ont été développés, et détruits tous par le temps qui ne respecte que la vérité". Il examine la notion d'infinitude, rappelle les travaux des plus illustres depuis Archimède, tels ceux de Fontenelle, Leibniz ou Cavalleri. Il conclut, s'appuyant sur Locke et ses disciples : "l'ignorance est le seul parti raisonnable sur les choses que nous ne pouvons connaître, et si les Philosophes, au lieu de perdre leur temps et leurs peines sur les questions qu'ils sont convenus d'appeler sublimes parce qu'elles sont peu intelligibles, le passaient à analyser leurs idées, ils trouveraient que les plus importantes de ces questions naissent uniquement de ce qu'on a mal à propos d'employer des mots dont la signification n'était pas déterminée d'une manière précise".