Lot 96
  • 96

vacances manuscrit autographe signé [Avant 1904]

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Description

  • Proust, Marcel
  • vacancesmanuscrit autographe signé[Avant 1904]
7 pages sur 5 feuillets in-4, écrites à l'encre noire avec traces de pliure, paginées de 1 à 7, nombreuses ratures et corrections.
Quelques restaurations à l'adhésif au verso de 4 feuillets, petit manque angulaire au dernier feuillet comblé.



Le premier feuillet porte la dédicace autographe à Robert de Flers, d'une encre plus foncée.

Provenance

Mme Adriana Salem, née Gentili.

Literature

Harry Levin, An Unpublished Dialogue by Marcel Proust, Harvard Library Bulletin III, n°2 (Spring 1949)--Correspondance de Marcel Proust, 1904, Tome IV, p. 243-245. Texte établi, présenté et annoté par Philip Kolb, Plon, Paris, 1978--Textes retrouvés, Cahier Marcel Proust, Textes recueillis et présentés par Philip Kolb, Gallimard, Paris, 1999, p. 149-154--George Painter, Marcel Proust, Mercure de France, 1965--Jean-Yves Tadié, Marcel Proust biographie, Gallimard Folio, 1999, p. 534.

Catalogue Note

Vacances  est un dialogue entre un jeune homme, Henri représentant Proust lui-même, et le personnage récurrent de Françoise, l’héroïne apparaissant dans Les Plaisirs et les jours, dans Jean Santeuil  ainsi que dans les lettres de fiction écrites par Proust à  Robert de Flers pour la Presse à l’automne 1899. ''Le thème de ce dialogue, qui reprend des prénoms de Jean Santeuil, est l'amour, la jalousie, l'oubli, le restaurant du Bois (...) Françoise accompagne Henri au restaurant du Bois, mais cet endroit fait pour le bonheur renforce la tristesse du héros, qui n'oublie pas le souvenir d' "elle", qui ne l'aime plus et qui le trompe'' (Jean-Yves Tadié). Dans ce dialogue situé sur l'île du Bois de Boulogne, on a décelé l’origine d'un passage de "A la Recherche du Temps Perdu" sur une visite à cette île au cours de laquelle le narrateur souhaiterait posséder Mme de Stermania (cf. Le Côté de Guermantes II. ''A la Recherche du Temps Perdu'', T. II, p. 678-681, Bibliothèque de la Pléiade, 1991).
Dans un cahier (ancienne collection Mme Mante-Proust), datant de l’époque de la traduction de Ruskin, figure un manuscrit de trois pages et quart d’un dialogue intitulé : Henri – Rosalie – Françoise   dont le style est à rapprocher de celui de ce manuscrit autographe.
Deux lettres de Proust à Antoine Bibesco, datées de septembre 1904 et de mars 1905, concernent manifestement ce même dialogue : “Mon cher Antoine, Tu me rendrais grand service en faisant dire à M. Ollendorff ceci : Il a à moi depuis fort longtemps remis par Picard un dialogue qu’il avait promis de faire paraître. Cela m’est égal qu’il le fasse paraître ou non mais comme cela se passe au mois de Septembre s’il ne le fait pas passer tout de suite qu’il me le renvoie sans tarder afin que je profite de cette vague actualité pour le placer ailleurs'' (9 septembre 1904). Ainsi ce manuscrit a pu être daté avant 1904.

Ce manuscrit est dédié Robert de Flers (1872-1927). Futur directeur du Figaro et auteur à succès aux côtés de Gaston de Caillavet, condisciple de Proust au lycée Condorcet, il se liera vraiment d'amitié avec ce dernier en 1892 lors de la formation du Banquet, revue fondée par Fernand Gregh, Marcel Proust, Jacques Bizet, Daniel Halévy, Robert Dreyfus, Louis de La Salle, Henri Rabaud et Robert de Flers. En janvier 1893, Proust écrit à son ami Robert de Billy : ''Il n'y a rien d'extrêmement changé dans ma vie sentimentale, sinon que j'ai trouvé un ami (...). C'est le jeune et charmant, et intelligent, et bon, et tendre Robert de Flers'' (Corr., t. I, p. 199). En 1896, une photographie les montrant tous deux accompagnés de Lucien Daudet entraînera la colère de Mme Proust. En 1898, Proust publie dans La Revue d'art dramatique un article intitulé ''Robert de Flers''. Les Lettres de Perse et d'ailleurs parues dans La Presse les 19 septembre et 12 octobre 1899  renferment un dialogue épistolaire entre Proust et Flers (qui signent respectivement Bernard d'Algouvres et Françoise de Breyves).

Vacances n'a jamais paru du vivant de Proust et fut publié pour la première fois par Harry Levin sous le titre An Unpublished Dialogue by Marcel Proust en 1949. Philip Kolb et Larkin B. Price ont publié à leur tour en 1968, ce dialogue dans les Textes retrouvés (p.104-109), après en avoir vérifié le texte sur une photocopie que leur avait communiquée la Houghton Library de Harvard University.