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lettre autographe au maréchal de richelieu Aux délices, 19 juillet [1757]
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Description
- Voltaire
- lettre autographe au maréchal de richelieuAux délices, 19 juillet [1757]
Voltaire répond à Richelieu qui n'a pas accepté sa "petite drollerie", à savoir un prototype de petit char :"puisque le vainqueur de mahon renvoya ma machine aux anciens rois d'assirie, il n'y a qu'a la mettre avec la colonne de folard aux archives de babilone". Il demande ensuite justice : "si vous passez par francfort, madame denis vous supplierait très instament d'avoir la bonté de lui fayre envoyer les quatre oreilles de deux coquins" qui détroussèrent un officier du roi de France avant de le percer de coups de baïonnettes.
Voltaire en arrive au coeur de sa lettre à un extraordinaire portrait de Frédéric II de Prusse à la cour duquel il vient de passer trois ans (1750-1753) et que le maréchal de Richelieu se prépare à affronter : "Son grand défaut est de n'avoir jamais rendu justice ny aux rois qui peuvent l'accabler, ny aux généraux qui peuvent le battre, il regardait tous les français comme des marquis de comédie et se donnait le ridicule de les mépriser en se donnant celuy de les copier (...) il a pensé que son alliance avec le roy d'angleterre le mettait au dessus de tout (..) Souvenez vous que quand il fit son traité et qu'il se moqua de la france, les français se laissaient prendre tous leurs vaissaux et le gouvernement semblait se borner à la plainte. Il crut la france incapable meme de ressentiment (...) S'il succombe, il est également capable de se tuer et de vivre en philosophe mais je vous assure qu'il disputera le terrain jusqu'au dernier moment (...) (Aux Délices, 19 juillet [1757], 4 p. in-4).
Voltaire en arrive au coeur de sa lettre à un extraordinaire portrait de Frédéric II de Prusse à la cour duquel il vient de passer trois ans (1750-1753) et que le maréchal de Richelieu se prépare à affronter : "Son grand défaut est de n'avoir jamais rendu justice ny aux rois qui peuvent l'accabler, ny aux généraux qui peuvent le battre, il regardait tous les français comme des marquis de comédie et se donnait le ridicule de les mépriser en se donnant celuy de les copier (...) il a pensé que son alliance avec le roy d'angleterre le mettait au dessus de tout (..) Souvenez vous que quand il fit son traité et qu'il se moqua de la france, les français se laissaient prendre tous leurs vaissaux et le gouvernement semblait se borner à la plainte. Il crut la france incapable meme de ressentiment (...) S'il succombe, il est également capable de se tuer et de vivre en philosophe mais je vous assure qu'il disputera le terrain jusqu'au dernier moment (...) (Aux Délices, 19 juillet [1757], 4 p. in-4).
Literature
Voltaire, Correspondence, tome XVIII, Voltaire Foundation, 1971, lettre D7318.
Catalogue Note
En 1750, Voltaire quittait Paris pour la Prusse où il devait recevoir la protection de Frédéric II dont il devenait chambellan, maître de rhétorique et réviseur littéraire. Cette "amitié" devait rester aussi célèbre que de courte durée : en 1753, après avoir fait brûler en place publique un pamphlet de Voltaire, Frédéric II le chasse officiellement de sa cour. En 1756, la guerre éclate entre la France et l'Angleterre alliée à la Prusse. Frédéric et Voltaite se réconcilient et tentent de négocier une paix séparée entre les deux royaumes mais le parti de la guerre l'emporte. Le 5 novembre 1757, la France est défaite à Rossbach.