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état des porcelaines livrées à Madame La Comtesse Du Barry par la Manufacture du Roy, depuis le mois de Xbre 1768 jusqu'au premier Janvier 1771 manuscrit
Description
- Du Barry, Comtesse
- état des porcelaines livrées à Madame La Comtesse Du Barry par la Manufacture du Roy, depuis le mois de Xbre 1768 jusqu'au premier Janvier 1771manuscrit
Marges supérieures et inférieures du premier feuillet légèrement brunies.
Catalogue Note
La comtesse Du Barry, de son nom de jeune-fille Jeanne Bécu, est née le 19 août 1743 à Vaucouleurs dans la Meuse. Elle se fit remarquer à l'âge de dix-neuf ans par Jean Du Barry. Après avoir fait d’elle sa maîtresse, il eut l'idée d'offrir Jeanne au roi Louis XV. Au préalable, il décida d’affiner la personnalité de la jeune femme en faisant appel aux meilleurs maîtres en matière de littérature et de philosophie. Mais il fallait également lui donner un titre de noblesse car une roturière ne pouvait être acceptée à la Cour. C'est ainsi qu'elle fut mariée à l'un des comtes Du Barry, Guillaume, frère de Jean. La beauté de Madame Du Barry alliée à une intelligence fine des sciences ensorcela Louis XV qui en fit sa maîtresse, remplaçant ainsi la fameuse Madame de Pompadour décédée en 1764.
Femme mécène, la comtesse Du Barry manifeste un goût personnel sensible aux tendances nouvelles d’un style qui allait en crescendo, du roccoco au néo-classicisme. Au printemps 1768, le roi l'installe à Versailles et la présente officiellement à la cour. Dès 1769, Louis XV, alors veuf, décida de loger sa maîtresse dans ses cabinets. L’ameublement de l’appartement fut entièrement confié à Madame Du Barry qui commanda des meubles et des objets tout à fait extraodinaires. Habituée au luxe, elle fit appel aux meilleurs fournisseurs et notamment à la manufacture de Sèvres. Le fameux marchand-mercier Simon-Philippe Poirier, fournisseur de la comtesse Du Barry, intervint avec la quasi totalité des ébénisteries, des bronzes, des pendules, des porcelaines et des objets d’art. Il fit appel notamment à Charles-Nicolas Dodin, l'un des meilleurs peintres de figures de la Manufacture royale de porcelaine de Sèvres, et à Martin Carlin, un des meilleurs ébénistes de son temps. Il fut le premier à avoir l'idée d'employer des plaques de porcelaine de Sèvres pour décorer de luxueuses pièces de mobilier.
Dès 1769, elle commanda à la Manufacture de Sèvres un grand service de table “à ruban bleu céleste” ponctué d’or et entremêlé d’une guirlande de fleurs variées. La comtesse Du Barry fit ajouter aux pièces classiques de la Manufacture les raffinements d'un rafraîchissoir, d'une chocolatière, de pots à chocolat, d'une verrière ou encore d'une salière à trois pieds.
Entre décembre 1768 et le premier janvier 1771, cet état nous indique que la comtesse Du Barry commanda pour Versailles aux Manufactures du Roy pour 24 020 livres, parmi lesquels des vases à médaillon du Roy, des assiettes, compotiers, moutardiers, sucriers, déjeuner Duplessis, des saladiers à ruban bleu, un service fond bleu pointillé à enfants, des groupes de Castor et Pollux, de l'Espérance et la Fortune, etc. Elle effectua plusieurs commandes : en décembre 1768, les 11 et 12 avril, 26 et 29 septembre, 9 décembre 1769, puis pour l'année 1770, le 6 février, les 9 et 12 mai, le 9 juin, le 17 juillet , le 20 août, le 1er septembre, le 22 novembre et en décembre 1770.