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lettres de rome III : les anglais à rome manuscrit autographe signé R Rome, 11-13 novembre 1824
Description
- Stendhal, Henri Beyle dit
- lettres de rome III : les anglais à romemanuscrit autographe signé RRome, 11-13 novembre 1824
reliure signée par Rivière and Son. Maroquin rouge, triple filet doré en encadrement, tranches dorées.
... ''Rome est tout heureux de voir les voyageurs anglais accourir dans ses murs''
... ''Les Anglais croient qu'il leur est permis de se conduire en Italie, comme ils n'oseraient pas se conduire à Londres'' [souligné dans le texte par Stendhal]
... ''A Rome l'opinion publique n'a autre chose à faire que de demander : Comment se porte le Pape? - Après la réponse à cette question de tous les matins, on parle peinture et musique''
... ''Mon but en écrivant ces pages sévères, est que les jeunes Anglais qui les parcourront, avant de partir pour l'Italie, se guérissent de cette apparence de méfiance et surtout se gardent bien de se permettre, à Rome, des insolences qu'ils éviteraient soigneusement dans les Royaumes unis".
Provenance
Literature
Casimir Stryienski. Soirées du Stendhal Club. 2e série, Mercure de France, 1908, p. 147-163--Henri Martineau. L’Oeuvre de Stendhal, Paris, 1945, p. 160-- Stendhal. Voyages en Italie. Textes établis ... par V. Del Litto, Bibliothèque de la Pléiade, 1973, p. 1212-1220, Notice, notes et variantes, p. 1749-1751.-- Stendhal. Paris-Londres, chroniques. Edition établie par Renée Dénier, Paris, 1997, p. 430-438.
Catalogue Note
Les anglais à rome est un des derniers manuscrits de stendhal encore en mains privées et l'un des plus remarquables par son importance littéraire.
Les manuscrits littéraires de Stendhal sont d'une insigne rareté et la plupart d’entre eux se trouve aujourd’hui dans le fonds Stendhal de la Bibliothèque municipale de Grenoble, essentiellement grâce au don Louis Crozet, son légataire universel (dépôt fait en 1861 par la veuve de cet ami de Stendhal). Contrairement à Balzac, Stendhal n'exigeait pas de ses éditeurs de lui restituer ses manuscrits après impression : de ce fait il n'existe aucun manuscrit des ouvrages de Stendhal publiés de son vivant.
Rares sont les manuscrits autographes de textes de Stendhal à être passés en vente publique depuis plusieurs années et deux de ceux-ci sont désormais dans des collections publiques :
- Histoire d'une partie de ma vie, 1811. Sur sa passion pour la comtesse Daru. Manuscrit en partie autographe, titre et 34 pages (vente Paris, 20-21 avril 1989, D. Sicklès, n° 195, acheté par la B.M. de Grenoble).
- Des périls de la langue italienne, 1818. Manuscrit en partie autographe, 87 ff. dont 7 blancs (vente Paris 28-29 décembre 1989, D. Sicklès, n° 510).
- Qu'est-ce-que le rire. Manuscrit autographe, 7 p. (vente Drouot, 22 mars 1994, puis catalogue de la librairie Les Neuf muses, 1999).
- Journal de mon triste séjour à Grenoble. Manuscrit autographe, 8 p. (vente Filippi, 21 octobre 1994, n° 176).
- Histoire d'Espagne depuis la révolte du 28 avril 1699, jusqu'au testament du 2 octobre 1700, ouvrage historique concernant la guerre de succession. Manuscrit autographe, 43 p. autographe et 19 de la main d'un secrétaire (vente R.G., Paris, 19 juin 1996, n° 464, acheté par la B. M. de Grenoble).
- Extrait de Vasari. Pour la vie d'André del Sarto, 24-25 Jan. 1812, 24 p. (Christie's Londres, 27 novembre 1996, n° 122).
- quelques autres pages éparses ou notes autographes de bien moindre importance.
Le célèbre manuscrit du Journal de Stendhal [1805-1814], (exposition Livres du Cabinet de Pierre Berès au château de Chantilly, 10 décembre 2003-8 mars 2004) constitue un cas différent des pièces énumérées ci-dessus.
Les Anglais à Rome fait partie d’un ensemble de sept lettres intitulées Lettres de Rome écrites par Stendhal entre 1824 et 1826. Cette lettre, la troisième, fut écrite en 1824, comme le précise la mention portée au dernier feuillet : “Fin de la 3ème lettre sur Rome, 12 et 13 novembre 1824, 26 pages”. Il semblerait que ces pages aient été rédigées à Paris d’après les souvenirs que Stendhal conservait de son séjour en Italie. Il l'a relue le 16 juin 1826, au moment où il composait la nouvelle édition de Rome, Naples et Florence afin comme il dit d'y "pêcher quelques idées" (Del Litto, Voyages en Italie, p. 1750). Stendhal a ajouté quelques notes dans les marges (à l'encre en 1824 et au crayon en 1826). Il utilisa en outre l’essentiel de cette lettre dans Les Promenades dans Rome (1829), l'un des deux grands livres de voyage de Stendhal avec les Mémoires d'un touriste. ''Ce guide plein d'humour et d'esprit de la Ville éternelle connaît un grand succès de vente''. Cet humour se retrouve tout au long des pages consacrées aux Anglais à Rome, car cette troisième lettre offre une vision critique de l’attitude des voyageurs anglais en Italie et plus particulièrement de leur comportement face aux Romains. On y trouve également quelques anecdotes et quelques vues curieuses sur la société contemporaine romaine. On connaît la place essentielle de l'Italie dans la vie et dans l'oeuvre de Stendhal ''le Milanese'', futur consul de France à Civitavecchia.
Ces sept lettres furent publiées, traduites en anglais, dans le New-Monthly-Magazine de juillet 1825 (n° XIV) et le London-Magazine. Stendhal signait ses articles destinés à la presse anglaise tantôt B, tantôt R [comme c'est ici le cas], ou encore R.P., V.R., etc. Cette lettre a été publiée pour la première fois en France par Casimir Stryienski, alors en possession du manuscrit, sous le titre de Un chapitre inédit des promenades dans Rome (avec Préface et Note) dans la Revue Bleue du 30 décembre 1905 (p. 833-837) et réimprimée dans les Soirées du Stendhal-club (2ème série p.147-163).
De nombreuses annotations, d'une autre main, présentes sur ce manuscrit ont été faites par Colomb, cousin, ami intime et exécuteur testamentaire de Stendhal (plus d'une trentaine de corrections, ratures, orthographe ou changement de mots) en vue d'une publication dans la Correspondance inédite, comme il a fait pour bien d’autres papiers épars. Finalement, Romain Colomb aurait abandonné le projet en s’apercevant à la dernière minute que ces pages présentaient une ressemblance trop évidente avec certaines pages des Promenades dans Rome.
Ce beau et précieux manuscrit a appartenu à Federico Gentili di Guiseppe, traducteur en italien de plusieurs oeuvres de Stendhal et collectionneur averti. Il mit cette lettre à la disposition de Henri Martineau pour la publication des Pages d’Italie de Stendhal aux éditions du Divan en 1932.
Nous remercions Jacques Houbert pour sa précieuse collaboration.