Lot 60
  • 60

Rare et très belle statue, Sénufo, Côte d'Ivoire

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Description

  • Sénufo
  • Rare et très belle statue
  • haut. 56 cm
  • 22 in
L'homme est représenté debout sur des jambes semi-fléchies, les pieds surdimensionnés, le torse bombé, les épaules rejetées en arrière, les bras pliés libérés du corps, les mains posées de part et d'autre de l'abdomen. La tête, coiffée d'une crête sagittale caractéristique, est résumée à ses lignes essentielles : visage plat, nez droit, bouche figurée par une simple entaille. L'asymétrie de la pose et des traits, les membres puissamment inscrits dans l'espace, la légère rotation de la tête et des hanches et les volumes stylisés aux contours anguleux confèrent à cette sculpture un mouvement rare. Patine brune. Elle porte, sous le pied, une étiquette ronde mentionnant : C.5.

Provenance

Ancienne collection Bruno Lorenzelli, fondateur en 1956 de la galerie d'art moderne Galleria Lorenzelli, à Bergame. Selon les sources familiales, ce dernier l'aurait acquise de Louis Carré, dans les années 1950
Ancienne collection Leonardo Vigorelli, Bergame

Catalogue Note

Le caractère exceptionnel de cette œuvre repose sur ses très belles qualités plastiques et sur le rare dynamisme de la pose.

Stylistiquement, elle peut être rapprochée de deux statues provenant de la collection Louis Carré : 
 - La première figure également un homme (Christie's, Paris, 15 juin 2002 : 69, n° 297SR, collections Louis Carré, Charles Ratton, Paul Guillaume, Madeleine Rousseau, André Fourquet);
- La seconde, féminine (Goldwater, 1964 : n° 122 et 122 a) a été présentée dans l'exposition Senufo Sculpture from West Africa, Museum of Primitive Art, à New York.

Cette dernière a été utilisée par Goldwater pour illustrer le style des Sénufo septentrionaux : "caractérisé par un modelage 'épannelé', résumant le visage et le corps à un nombre minimum de plans et oubliant les détails. Le style qui en résulte est probablement moins raffiné mais plus puissant" (idem : 25).

L'étude comparative de la statue présentée ici et des deux œuvres citées plus haut démontre un traitement très proche de la tête et du visage. En revanche, la sculpture du corps diffère magistralement, avec ses membres anguleux aux articulations marquées, puissamment inscrits dans l'espace, et le mouvement introduit par l'artiste à travers la légère rotation du buste et de la tête.

Selon Garrard (in Phillips : 1995 : 458), les statues en pied dépourvues de base cylindrique étaient commandées occasionnellement par les membres de la société masculine du poro, ou de son équivalent féminin, le tyekpa. Elles étaient placées sur des autels où les initiés se rendaient pour célébrer des funérailles. Par ailleurs, l'usure observée sous les pieds de cette statue, opposée au très bon état de surface du reste du corps indique qu'elle a probablement dû reposer longtemps sur le sol d'une case, probablement associé à un autel ou à un objet chargé de pouvoir (yasungo; cf. Garrard : idem).  

A fine and rare Senufo figure, Ivory Coast

The unusual character of this work is due to its very fine plastic qualities and the rare dynamism of the pose.

Stylistically, it can be compared to two figures from the Louis Carré collection :
.       The first figure also portrays a male figure (Christie’s, Paris, 15 June 2002: 69, N° 297SR, Louis Carré, Charles Ratton, Paul Guillaume, Madeleine Rousseau and André Fourquet collections).
·       The second is of a female figure (Goldwater; 1964, n°122 and 122a), exhibited at the exhibition of
Senufo Sculpture from West Africa, Museum of Primitive Art, in New York.

The latter was used by Goldwater to illustrate the northern Senufo style: “characterised by a ‘rough hewn’ modelling to summarise the face and body in a minimum number of planes and forgetting about the details.  The resulting style is probably less refined but more forceful” (idem: 25).

A comparative study of the figure presented here and of the two above-mentioned figures reveals a very similar treatment of the head and face.  However, the handling of the body is totally different, with angular limbs and pronounced joints, powerfully incorporated in space, and a movement introduced by the artist through a slight rotation of the bust and head.

According to Garrard (in Phillips: 1995, 458), full-length figures deprived of a cylindrical base were ordered occasionally by the male society of the poro, or its female equivalent, the tyekpa.  They were placed on altars where initiates went to commemorate funerals.  Furthermore, the wear observed under the feet of this figure, unlike the comparatively good surface condition of the rest of the body, indicates that it probably stood for a long time on a hut floor and therefore was probably associated with an altar or an object charged with power (yasungo; cf. Garrard: idem).