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Superbe statue de singe porteur de coupe, Baulé, Côte d'Ivoire
Description
- Baulé
- Superbe statue de singe porteur de coupe
- haut. 52 cm
- 20 in
Provenance
Ancienne collection André Lefèvre
Ancienne collection Charles Ratton, Paris
Ancienne collection G.F. Keller (inv. G.F.K. 153)
Literature
Reproduite dans:
Etude Ader, Paris, Collection André Lefèvre - Art nègre, Afrique, Océanie, Divers, 13 décembre 1965 : n° 116
Objets et Mondes, t. VIII, fasc. 2, 3 et 4, 1968 (publicité publiée par Charles Ratton pour sa galerie)
Gottschalk, 2005 : 224
Catalogue Note
André Lefèvre (1893-1963) possédait une importante collection de peintures modernes et d'œuvres d'art d'Afrique et d'Océanie parmi laquelle figuraient le fameux masque Fang acquis par le musée de l'Homme en 1965 (Phillips, 1995 : 325) et un autre singe Baulé, aujourd'hui exposé au musée du Louvre, Pavillon des Sessions (RMN, 2000 : 109).
Les statues simiesques porteuses de coupe, couramment appelées "gbèkrè" depuis leur première mention, en 1900, par Maurice Delafosse, appartiennent dans la culture baulé à l'ensemble des amwin, ou "objets de pouvoir". Relevant des sociétés initiatiques réservées aux hommes, elles offrent une diversité à la fois fonctionnelle - supports de pratiques prophylactiques, liées à des rites agraires ou encore à une pratique divinatoire appelée mbra (Bouloré in RMN, 2000 : 107 et Vogel, 1997 : 221-230) et iconographique, chaque type étant désigné par un terme spécifique (aboya, mbotumbo, ndyadan, gbèkrè...).
Ici, la représentation d'une racine mâchée par le singe pourrait, selon nous, permettre de la rattacher aux statues aboya utilisées par le devin-guérisseur lors de sa consultation, dans le cadre du mbra (cf. Boyer in Barbier, 1993 : 358-362).
Cette statue, qui se caractérise par la finesse de ses modelés, la vigueur de ses lignes et l'élancement du corps au traitement anthropomorphe, se rattache au style 2, dit "élégant", défini par Borremans-Batist (1975) dans sa classification morphologique des statues porteuses de coupe Baulé, parmi lesquelles figure l'autre porteur de coupe de l'ancienne collection Lefèvre.
A superb Baule figure of a monkey cup bearer, Ivory Coast
André Lefèvre (1893-1963) owned a large collection of modern paintings and works of art from Africa and Oceania (see Collection André Lefèvre - Art Nègre, Afrique, Océanie, Divers, 1965), among which figured the famous Fang mask acquired by the Musée de l'Homme in 1965 (Phillips, 1995: 325) and another Baule monkey figure now on display in the Musée du Louvre, Pavillon des Sessions (RMN, 2000: 109).
In Baule culture, cupbearing monkey statues, commonly known as "gbekre" since their first mention in 1900 by Maurice Delafosse, belong to the category of amwin, or "objects of power". They were used by men-only initiation societies for a number of purposes, both functional – as a basis for prophylactic practices, linked to agrarian rites or to a form of divination known as mbra (Bouloré in RMN, 2000: 107 et Vogel, 1997: 221-230) – and iconographic, each type being designated by a specific term (aboya, mbotumbo, ndyadan, gbekre...).
Here, the depiction of a monkey chewing on a root links it, in our opinion, with the aboya statues used by the diviner-healer when consulting the spirits as part of the practice of mbra (see Boyer in Barbier-Mueller, 1993: 358-362).
This particular statue, characterised by its fine modelling, the vigour of its lines and the slimness of the body which is treated anthropomorphically, belongs to style 2 ("elegant") as defined by Borremans-Batist (1975) in his morphological classification of Baule cupbearing statues, among which features the other cupbearer from the former Lefèvre collection.