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Gustave Caillebotte 1848-1894
Description
- Gustave Caillebotte
- la berge et le pont d'argenteuil
- signé et daté en bas vers la droite G. Caillebotte 82
huile sur toile
- 60 x 73 cm ; 23 5/8 x 28 3/4 in
Provenance
Vente : Sotheby's Londres, 2 décembre 1986, lot 19
Collection particulière, New York
Vente : Maître Briest, Paris, 10 avril 1989, lot 76 (acquis par le propriétaire actuel)
Literature
Marie Berhaut, Caillebotte : Sa vie et son œuvre, Paris, 1978, no. 232, reproduit
Marie Berhaut, Gustave Caillebotte, Catalogue raisonné des peintures et pastels, Paris, 1994, no. 215, reproduit
Catalogue Note
Cette vue de la Seine et du pont d'Argenteuil, peinte sur le motif, a été prise de la propriété du Petit Gennevilliers, acquise par l’artiste en 1881. On aperçoit au premier plan, à droite, la barrière du jardin, au centre, la passerelle d'accès au bateau et à l'arrière plan, les coteaux d'Orgemont qui dominent Argenteuil (fig. 1).
A la fin du XIXè siècle, la région demeure l'un des rares îlots de verdure proche de la capitale face à l'urbanisation parisienne. Des vues de la région peintes par Monet ont sans aucun doute incité Caillebotte à venir s’installer au Petit Gennevilliers. A travers une série de paysages remarquables, d’une composition souvent audacieuse et moderne, il donne d’Argenteuil une vision unique et impérissable : « A partir de 1882, Caillebotte a trouvé l’essentiel de son inspiration de peintre au Petit Gennevilliers, renouant ainsi avec tout un répertoire de motifs déjà explorés par Monet... Ce mimétisme paraît paradoxal de la part d’un créateur qui a cherché à surprendre par l’originalité de ses sujets. Pourtant, à travers des thèmes au sujet volontairement effacé (ce qui ne veut pas dire banal, car nul autre n’a traité avec autant d’invention les envolées de voiliers sur la Seine), en restant fidèle aussi à ses perspectives qui filent le long de diagonales, Caillebotte définit d’abord la couleur » (Anne Distel, Gustave Caillebotte (catalogue d’exposition), Paris, 1994-95, p. 285).
En dehors de ses vues remarquables des rues de Paris, les bords de rivières furent le sujet des plus grandes réussites de Caillebotte. Avec sa palette douce et ses coups de pinceau larges et rapides, La Berge et le Pont d’Argenteuil rappelle ses grands chefs-d’oeuvre peints en plein air. Dans un esprit très moderne et typiquement impressionniste, les voiliers et les cheminées fumantes à l’horizon caractérisent la Seine comme un lieu de loisirs et d’activité industrielle. Avec la peinture, la voile était une des activités principales de Caillebotte dans les années 1880. Comme Kirk Varnedoe et Thomas Lee l’ont souligné, des compositions comme celle-ci lui permettaient de s’adonner à ses deux passions (fig. 2) : “Alors que Caillebotte a certainement en mémoire les scènes de canotage de Monet et Renoir, il s’intéresse davantage à la forme des bateaux eux-mêmes, aux mâts et aux voiles” (Kirk Varnedoe et Thomas Lee, Gustave Caillebotte, A Retrospective Exhibition, (catalogue d'exposition), Houston, 1976, p. 179).