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Ferdinand-Victor-Eugène Delacroix (Charenton-Saint-Maurice 1798-Paris 1863)
Description
- Ferdinand-Victor-Eugène Delacroix
- L'assassinat de l'Evêque de Liège
- Huile sur papier marouflé sur toile;
Sans cadre - 28,5 x 40,5 cm
Provenance
Vente du Cabinet de M.F.V., 11 février 1865, lot 1;
Durand-Ruel, Paris (1872) et probablement vendu à John Saulnier, Bordeaux, la même année;
Vente Hôtel Drouot, Paris, Vente John Saulnier, 5 juin 1886, lot 36;
E. Lecomte, Paris (acheté à la vente ci-dessus);
Vente Hôtel Drouot, Collection E. Lecomte, Paris, 11 juin 1906, lot 43;
Arnold, Tripp & Cie (acheté à la vente ci-dessus);
Durand-Ruel, Paris (acheté chez Arnold, Tripp & Cie le 12 juin 1906);
C.A. Jung, Allemagne (acheté chez Durand-Ruel le 8 novembre 1910);
Durand-Ruel, Paris, 1926.
Exhibited
Paris, Galerie Beaux-Arts, 1844;
Paris, Boulevard des Italiens, 1860, no.166;
Probablement Londres, Societé des Artistes Français, 1872, no.10;
Probablement Marseille, Société des Amis des Arts, 1877;
Paris, Ecole Nationale des Beaux-Arts, Exposition Eugène Delacroix au profit de la souscription destinée à élever à Paris un monument à sa mémoire, mars-avril 1885, no.199;
Paris, Maîtres du Siècle, avril-mai 1886, no.76;
Berlin, Galerie Paul Cassirer, Eugène Delacroix, novembre-décembre 1907, no.11.
Literature
Correspondance V. 174.
A. de la Fizelière, Promenade dans les galeries des Beaux-Arts, Bulletin de l'Ami des Arts, 20 janvier 1844, p.42;
Théophile Gauthier, Exposition de tableaux modernes au profit de la Caisse de secours des artistes peintres, Gazette des Beaux-Arts, 1860, p.202;
Frédéric Villot, Catalogue de la vente du Cabinet M.F.V., Paris, 11 février 1865, sous la description du no.1;
A. Piron, Eugène Delacroix, sa vie et ses oeuvres, Paris, 1865, p.106;
Adolphe Moreau, Eugène Delacroix et son oeuvre, Paris 1873, pp.113, 171 no.3, 246 no.1;
Alfred Robaut, L'oeuvre complet d'Eugène Delacroix, Paris 1885, p.57 no.195 (reproduction de la lithographie en sens inverse par Mouilleron);
Etienne Moreau-Nélaton, Delacroix raconté par lui-même, Paris, 1916, pp.11 et 194;
Raymond Escholier, Delacroix, peintre, graveur, écrivain, Paris 1926-9, vol.I, pp.240 et 244;
M. Toupet, "L'Assassinat de l'évêque de Liège par Eugène Delacroix", in Revue du Louvre, 1913, vol.13,pp.91-3, fig.13, illustré;
Lee Johnson, The painting of Eugène Delacroix, Oxford, 1981, vol.I, no.136, p.134, pl.118, illustré.
Catalogue Note
Le sujet est emprunté au chapitre XXII (intitulé l'Orgie) de Quentin Durward célèbre roman historique écrit par Walter Scott en 1823 et traduit en français en 1824. Le livret du Salon de 1831 décrit ainsi le tableau achevé (no.2949): Guillaume de la Marck, surnommé le sanglier des Ardennes, s'empare du château de l'évêque de Liège aidé des Liégeois révoltés. Au milieu d'une orgie dans la grande salle, placé sur le trône pontifical il se fait amener l'évêque revêtu en dérision de ses habits sacrés et le laisse égorger en sa présence.
Alfred Moreau et Robaut considèrent le tableau présenté ici comme une étude préparatoire exécutée en 1827 pour le tableau achevé en 1829 (exposé au Salon de 1831 et conservé au musée du Louvre, Paris, cf. ill. no.1). En revanche le professeur Lee Johnson (1981, op.cit.) pense qu'il s'agit plus probablement d'un tableau postérieur à 1829 et cite dans son ouvrage le témoignage de Frédéric Villot (1865, op.cit.) qui date le tableau de 1840, peu avant que Delacroix ne l'échange avec Diaz contre un paysage de ce dernier. Il est donc difficile de dater le tableau avec exactitude mais, dans la mesure où il est très différent du tableau achevé, l'hypothèse qu'il s'agit d'une esquisse préparatoire reste la plus vraisemblable.
Dès 1827 Delacroix songea au thème de l'Assassinat de l'évêque de Liège. Plusieurs études préparatoires existent, dont la petite esquisse, très rapide, du musée du Louvre (ill. no.2) et celle, plus grande, conservée au musée des Beaux-Arts de Lyon (ill. no.3). En 1828 Delacroix attaqua la composition définitive (ill. no.1). L'éclairage des personnages centraux et la réflexion de la lumière sur les visages et sur l'armure de Guillaume de la Marck lui donnaient de grandes difficultés. La nappe blanche était pour lui le point capital du tableau. Selon Frédéric Villot, Delacroix lui aurait dit un soir "Demain j'attaque cette maudite nappe qui sera pour moi Austerlitz ou Waterloo. Venez à mon atelier à la fin de la journée". Villot fut exact au rendez-vous. Delacroix lui ouvrit la porte et lui dit: "Eh bien mon cher! C'est Austerlitz; vous allez voir cela". En effet la nappe flamboyait et illuminait la sanglante orgie. "Je suis sauvé, ajouta Delacroix, le reste ne m'inquiète plus."