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lettre autographe signée au commandant quenza [Bonifacio], 27 avril 1793, 8h
Description
- Bonaparte, Napoléon
- lettre autographe signée au commandant quenza[Bonifacio], 27 avril 1793, 8h
" Je vous expédie un homme pour vous porter les réclamations des compagnies qui sont ici afin que le conseil d'administration prisse toutes les précautions possibles pour faire droit aux soldats qui se plaignent (...) les compagnies ont le plus grand besoin et (...) nous ne pouvons pas les laisser attendre (...). Je vous prie également de m'envoyer tout ce qu'il m'est dû depuis la formation, je n'ai touché que 600 fr. en assignats (...) les nouvelles sont bonnes : l'on dit que l'armée est sur le point de marcher en Sardaigne, 6000 hommes sont déjà embarqués à Marseille. Lille qui était assiégé par les Prussiens a su repousser les agresseurs. Les ennemis ont été battus (...) l'armée de Custine s'avance dans l'Allemagne et bientôt sera à Coblentz car Spire et Ypres sont pris et ont été amenés à 1 600 000 fr (...) Le général [sans doute Paoli] est très mal content de nos bataillons en général et plus particulièrement du nôtre ; il ne faut pas tant se découvrir. La bonne politique veut que l'on agisse autrement. Il faut punir les officiers et soldats qui résistent au bon ordre mais ne les accuser qu'à la dernière extrémité. Dites aux capitaines (...) qu'ils aient soin de prendre des gens sûrs, sans quoi ils courraient le risque d'être abandonnés par leurs soldats."
Provenance
lettre toujours restée dans la famille du commandant Quenza.
Catalogue Note
Le commandant Quenza (1741-1802) est un ancien fidèle du général Paoli, maître de la Corse lorsque Bonaparte y revient en 1792 pour subvenir aux graves difficultés financières de sa famille. Paoli accepta d'aider les Bonaparte si Napoléon intégrait son armée comme lieutenant-colonel des Volontaires de Corse, sous les ordres de Quenza. Mais Bonaparte comprendra vite la stratégie de Paoli, qui se dit révolutionnaire mais pratique une politique séparatiste à outrance, acceptant même l'appui des Anglais face à la République française de la Convention. Cette lettre fut écrite en pleine crise corse, entre la destitution de Paoli prononcée par la Convention (2 avril 1793) et la fuite de Bonaparte vers un autre destin : le 3 mai 1793, poursuivi par les troupes de Paoli, il quitte la Corse où toute ambition lui est désormais interdite. Au moment de cette lettre, Bonaparte est encore officellement paoliste donc hors-la-loi. Mais chaque ligne de ce document laisse sourdre une rupture imminente entre Napoléon Bonaparte et son ancien protecteur. Le 27 avril, date de cette lettre, Bonaparte échappera à une tentative de meurtre dont il avait pu être prévenu.