Lot 166
  • 166

Figure masculine de reliquaire, Fang, Gabon

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Description

  • Fang
  • Figure masculine de reliquaire
  • haut. 56 cm
Cet ancien byéri, datant vraisemblablement du XIXème siècle, présente un personnage masculin assis sur le tenon rectangulaire qui servait à le fixer sur la boîte contenant les reliques. Il se singularise par le traitement de l'ensemble épaules-bras, projeté au premier plan comme pour mieux mettre en valeur l'objet qu'il maintenait, aujourd'hui disparu. Le traitement est longiligne : torse cylindrique légèrement renflé autour de l'abdomen, longues jambes traitées dans un style naturaliste, masse musculaire marquée mais au modelé doux. Les pieds sont sculptés de manière inhabituelle : réunis sur une base plane et tendus vers le bas. La tête, piriforme, est posée sur un long cou. La face (haut front bombé, yeux en amande, fendus, long nez) est allongée et légèrement concave; elle se termine par une très fine bouche située à la base du menton. Très belle patine noire et suintante.



Elle porte une ancienne étiquette de collectionneur sur laquelle il est écrit : "158 Pahouin".

Provenance

Ancienne collection de M. Paulme (père de Denise Paulme)
Ancienne collection du Docteur Gaston Durville.

La statue est accompagnée d'un certificat d'authenticité de la galerie Bernard Dulon, Paris

Catalogue Note

L'objet que le personnage tenait vraisemblablement dans les mains était soit une corne remplie d'un médicament servant à éloigner les personnes opportunes, soit une coupelle, remplie, selon les informateurs (cf. Perrois, 1972, p. 59) de substances médicinales ou d'huile utilisée pour oindre la sculpture. Il n'est pas rare de trouver, dans les collections occidentales, des byéri Fang aux avant-bras ou aux mains coupées (cf. l'exemplaire des anciennes collections G. de Miré et J. Epstein, illustré dans Fang, Dapper, Paris 1991, p. 96 ou encore celui de l'Ancienne collection Charles Ratton, idem, p. 101). En effet, lorsque les propriétaires fang du byéri consentaient à se séparer de la statue, ils gardaient le plus souvent le médicament qu'elle tenait.

Par ailleurs, cette statue présente de nombreuses traces de prélèvement (sur les genoux, les épaules, le nez, la bouche et le sommet de la tête). Dès 1904, E. Allégret (cité in Fang, 1991, p. 105) notait que lorsqu'un Fang décide d'entreprendre une action importante, il "détache une petite parcelle du crâne de l'ancêtre [...], met cette parcelle avec une mixture d'antilope". Ce principe de prélèvement s'appliquait également aux sculptures. Ces traces sont la preuve d'une utilisation traditionnelle répétée et prolongée.

Cette statue se rattache au style septentrional des Fang Ntumu.

This figure once held either a horn filled with a potion used to repel objectionable people or a small bowl filled with medicinal substances or oil used to anoint the sculpture (Perrois, 1972, p. 59). It is not unusual to find Fang byeri with the forearms or hands subsequently cut off. Cf. Figures in the former collections of G. de Miré and J. Epstein, illustrated in Fang, Dapper, Paris 1991, p. 96, or that of the former collection of Charles Ratton, idem, p. 101. When Fang owners of byeri parted with the figures, they usually kept the medicine that it used to hold.

In addition to the loss of the magic receptacle, the figure has several nicks and old losses at the knees, shoulders, nose, mouth and top of the head. In 1904, E. Allégret (quoted in Fang, 1991, Dapper, p. 105) noted that when a Fang decided to undertake an important action, he "removes a small piece of the skull of the ancestor [ …] , and places this piece with a mixture of antelope". This principle of removing particles to enhance a magical substance also applied to sculptures and indicate repeated and prolonged traditional use of the work.

This statue belongs to the northern style of the Fang Ntumu.