Lot 130
  • 130

Jacques-Émile Blanche, 1861-1942

bidding is closed

Description

  • Jacques-Émile Blanche
  • PROJET POUR LE MEMORIAL D'OFFRANVILLE
  • Inscrit en bas : 1ère Esquisse pour Offranville à m. Victor Lelong /J.E. Blanche 1919
    Cachet de toile Paul Foinet fils

  • Huile sur toile d’origine

  • 73 x 60,5 cm

Catalogue Note

A partir de 1902, Jacques-Emille Blanche et sa femme Rose s’installent au manoir du Tot à Offranville en Normandie, pour y passer la belle saison. Le couple s’attache au lieu et ils y demeureront jusqu’à la mort de Rose, en 1939.

En 1917, Blanche commence à travailler à un mémorial paroissial qui sera placé dans l’église d’Offranville. Financé par souscription, l’ouvrage est un hommage aux morts de la Grande guerre et représente l’inhumation d’un soldat en présence des membres du village. L’esquisse de la collection Kahn Sriber est très proche de l’œuvre finale. Seuls quelques détails varient, comme le suisse et l’enfant de chœur du premier plan qui seront définitivement décalés vers la gauche et la présence d’enfants au premier plan à droite. Nous savons, grâce aux toiles de la donation Blanche conservées au musée des Beaux-Arts de Rouen, que le peintre étudia très soigneusement sa composition. Il existe ainsi un premier projet pour le retable daté de 1917 (174x123 cm) (Inv.922.1.19) ainsi que de nombreuses études de personnages, habitants d’Offranville pour la plupart : Les parents, Enfant de chœur et suisse, Le chanoine Emmanuel Genty, L’enfant aux béquilles, Bagriot chantre, Madame Larivière, Enfants de chœur, L’abbé Masquelier.

Le mémorial fut inauguré le dimanche 3 août 1919 dans l’église, au cours des vêpres. En avril de la même année, Blanche avait écrit à Maurice Denis : " Combien je voudrais vous voir et vous montrer une grande toile que j’achève pour l’église de mon village d’Offranville. Vous me donneriez certes un bon et précieux avis ; et comme c’est l’œuvre peinte par moi, à laquelle j’attache le plus d’importance – sentimentalement – je ferais n’importe quoi pour l’améliorer, jusqu’au jour où elle sera hors d’atteinte de ma main, tout là haut dans la chapelle... " (cité par M. Bialek, Jacques-Emile Blanche à Offranville, musée Jacques-Emile Blanche, 1997, p. 66). Denis lui donne ainsi l’idée de l’écharpe tricolore. Et les amis du peintre, Cocteau et Renoir par exemple, saluent unanimement le tableau. En 1923, L’Illustration conclut : " [c’]est un des bons ouvrages que la guerre ait inspirés, l’un de ceux qui expriment le mieux la nuance de deuil, le crêpe qui voile notre victoire, la paix mélancolique et solennelle d’un Requiem " (cité par M. Bialek, cité supra, p. 67).

L’esquisse à certainement appartenu à Victorien Lelong, à qui elle est dédicacée. Ami de Blanche, architecte, directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Rouen, il possédait également une maison de vacances à Offranville et c’est lui qui réalisa l’encadrement de la grande toile définitive.