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Ronsard, Pierre de
Description
- Ronsard, Pierre de
- les amours de p. de ronsard vandomois, nouvellement augmentées par lui & commentées par Marc Antoine de Muret. Plus quelques Odes de L'auteur non encor imprimées. Paris, Veuve Maurice de la Porte, 1553.
seconde édition, en partie originale, première émission. In-8 (153 x 100mm). Avec les caractéristiques de la première émission définie par Jean-Paul Barbier. Edition enrichie de 44 pièces nouvelles dont 39 sonnets, une chanson et quatre odes dont le Voyage aux Iles Fortunées et Mignonne, allon voir si la rose, et du commentaire de Muret.
illustration : 3 portraits en buste gravés sur bois sans doute d'après Nicolas Denisot (1515-1559) : Ronsard, le front ceint d'une couronne de lauriers et âgé de vingt sept ans, Cassandre Salviati représentée les seins nus à l'âge de vingt ans, Marc-Antoine Muret à l'âge de vingt-cinq ans dans le médaillon d'une couronne de lierre.
reliure de l'époque. Vélin ivoire, titre à l'encre manuscrit en haut du dos. Boîte de plexiglas.
Restauration de papier en haut du titre, quelques rousseurs.
Provenance
Literature
Catalogue Note
"Depuis que Ronsard et du Bellay ont donné cresdit à nostre poésie Française." (Essais, I, 26).
"Montaigne a nommé deux fois Ronsard dans les Essais de 1580, et chaque fois avec éloge." (Pierre Villey, Les sources et l'évolution des Essais de Montaigne, op. cit., p. 208). Marc-Antoine Muret fut le "précepteur domestique" du jeune Montaigne. La présence de son commentaire dans cette seule édition de 1553 - et non en 1552 - relie Montaigne à Ronsard.
Ronsard fut célèbre jeune. Cette jeunesse se retrouve dans la vivacité de sa poésie comme dans les autres oeuvres de cette brigade Joyeuse de la Pléiade. Sur les trois portraits en médaillon, Ronsard, Cassandre et Muret ont tous moins de vingt sept ans. Ronsard avait rencontré Cassandre Salviati lors du fameux bal de la Cour, à Blois, en 1545. Elle était fille d'un florentin apparenté aux Médicis. Ronsard l'immortalisa par ses vers, encore qu'elle eût repoussé sa flamme et se fut mariée un an après qu'il s'en fût épris. "L'histoire de cet amour impossible est le fil conducteur du recueil ... et cette poésie dépasse, en audace, en virtuosité et en flamme, celle des modèles pétrarquistes." (Exposition Ronsard, Paris, Bibliothèque nationale, 1985, n° 23).
L'importance du commentaire de Muret est notable puisqu'il traduit la poésie ronsardienne. Ses riches références mythologiques devaient être souvent étrangères au public non-averti des finesses de l'humanisme. L'élaboration de ce commentaire renvoie donc aux exigences d'une stratégie conçue par Ronsard et visant à la diffusion la plus large de son oeuvre poétique. "Le commentaire de Muret (...) mettait d'un seul coup le poète de 29 ans au rang des auteurs classiques" (Barbier, op. cit., p. 41). Le succès de l'édition fut à la hauteur des espérances des jeunes poètes qui avaient pris soin de se faire verser des droits d'auteurs d'un montant extravagant de 30 écus d'or.
L'ouvrage se clôt sur deux des plus beaux poèmes de Ronsard. Les Iles fortunées thématisent la tentation de l'exil et de la retraite hors d'un monde stérile et politiquement dangereux, à condition d'embarquer dans "nôtre bateau" les membres de cette brigade Joyeuse que Ronsard cite : Baïf, Denisot, Tahureau, du Bellay et Dorat. Le dernier poème est la célèbre Ode à Cassandre qui avec son "Mignonne, allon voir si la rose" fit entrer Ronsard au panthéon des poètes.