Lot 122
  • 122

paré, ambroise

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Description

  • Paré, Ambroise
  • discours d'ambroise paré (...) a sçavoir de la mumie, des venins, de la licorne et de la peste. Paris, Gabriel Buon, 1582.
bel exemplaire d'un merveilleux livre. d'une exceptionnelle fraîcheur en vélin de l'époque



edition originale. In-4 (222 x 172mm).



illustration : portrait d'Ambroise Paré à 72 ans gravé sur cuivre par Stéphane Delaulne, 12 gravures sur bois imprimées à pleine page.



reliure de l'époque. Vélin ivoire, titre en long manuscrit au dos, cote de bibliothèque manuscrite en haut du dos, traces de lanières. Boîte de plexiglas 



 

Provenance

Foire de Stuttgart, vers 1990 -- Cécile Eluard (ex-libris) -- Librairie Chamonal (1992)

Literature

Doe 24 -- Nat. Library of Medecine (Bethesda) 3259.

Catalogue Note

Ambroise Paré voulait que ses théories chirurgicales ou scientifiques atteignent le grand pubic parisien. Il attachait donc un soin particulier à les répandre par des publications luxueusement illustrées pour prendre à témoin ce public dans son combat contre le savoir figé des facultés. C'est le cas de ce célèbre Discours ... de la licorne : le portrait de Paré à 72 ans par le graveur Stéphane Delaulne est émouvant d'humanité et de vie dans son regard, et les douze gravures sur bois sont empreintes d'une originalité mystérieuse. Quelques-unes d'entre elles avaient déjà paru dans le "livre des monstres et des prodiges" (Oeuvres, 1575).

L'occasion du livre nacquit de la mauvaise blessure que se fit à cheval Christofle des Ursins, gouverneur de Paris et grand seigneur. Paré fut appelé à son chevet et le guérit. Etonné de ne pas avoir reçu des remèdes d'usage classique à base de poudre de licorne ou de momie, des Ursins interroge Paré. C'est sa réponse convaincante qui est ici développée par ce livre publié à la requête de ce grand seigneur et qui lui est dédié : "Ayant entendu ces discours me priâtes (ce que je receus pour commandement) les mettre par escrit à fin d'envoyer ces abus à vaul'eau et que le monde ne fut plus trompé". Ambroise Paré ne croit pas à la licorne "tant invétérée et enracinée au cerveau des Princes et du peuple". Il proclame courageusement contre l'opinion reçue : "je croy que cette corne doibt estre quelque corne, os ou areste de quelque monstre marin merveilleusement grand". Cette opinion sera confirmée plus tard par Olaus Worms. Entre temps, la corne de licorne assurait à ceux qui en faisait commerce d'important revenus et Paré d'évoquer : "une honneste dame, marchande de cornes de licorne, demeurant sur le pont au change qui en a de bonne quantité de grosses et de menues, de jeunes et de vieilles."