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Details & Cataloguing

Art Impressionniste et Moderne

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Paris

Marc Chagall
1887 - 1985
PAYSAGE À L'ISBA
signé Marc Chagall (en bas à gauche), signé Marc Chagall (au dos)
huile sur toile
73 x 54 cm ; 28 3/4 x 21 1/4 in.
Peint en 1968.
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L'authenticité de cette œuvre a été confimée par le Comité Marc Chagall.

Provenance

Galerie Maeght, Paris
Vente : Sotheby's, Londres, 6 décembre 1978, lot 251
Collection particulière (acquis lors de cette vente et vendu : Sotheby's, Londres, 19 juin 2006, lot 25)
Acquis lors de cette vente par le propriétaire actuel.

Exhibited

Tokyo, National Museum of Modern Art (exposition itinérante au Japon), Marc Chagall, 1976, no. 29, reproduit au catalogue
Salzburg, Gallery Sallis & Vertes, Marc Chagall, Olgemade-gouachen-zeichnungen, 2006-07, reproduit au catalogue

Catalogue Note

signed 'Marc Chagall' (lower left), signed 'Marc Chagall' (on the reverse), oil on canvas. Painted in 1968.

"Maître de la couleur, Marc Chagall a su réinventer toute une kyrielle de nuances jusqu’alors délaissées. Toutes celles-ci vibrent de différentes intensités. […] Les couleurs sont le contrepoids des rêves du poète, leurs prolongements assurés, lorsqu’il met en place son langage et que les touches "s’attouchent". Mais toutes ces couleurs se brisent et se fondent les unes dans les autres, se prolongent, s’enrichissent. Elles éloignent ou rapprochent des images insolites et traduisent profondeurs et gouffres de l’alchimie." Jean-Louis Prat


Œuvre de maturité, Paysage à l’Isba est l’incarnation parfaite de toute la joie de vivre de l’art chagallien. Se présentant comme une réminiscence des souvenirs de jeunesse de l’artiste, le tableau met ici en scène toute l’activité d’un village russe, vision fantasmée de Vitebsk, village natal de Chagall, maintes fois représenté tout au long de sa carrière et ici reconnaissable à ses isbas, maisons traditionnelles russes aux toits de bois.

La composition, d’un grand dynamisme, se construit autour deux parties distinctes. A droite, c’est la mythologie chagallienne qui s’impose, dans toute son exubérance et sa poésie, avec la juxtaposition des thèmes de prédilection de l’artiste : la mariée, que l’on devine dans l’attente d’un enfant, la tête d’âne, l’artiste, le coq et surtout une accumulation d’isbas en équilibre instable, dont certaines semblent flotter dans les airs. Cette tour d’isbas aux tonalités flamboyantes confère à la composition une impression de mouvement proche de celle de la danse. A l’opposé, le côté gauche du tableau se caractérise par sa sérénité, dominé par la présence d’un arbre imposant, symbole de fertilité.

Dans cette œuvre, Chagall fait preuve d'une extrême audace et liberté dans le choix des couleurs employées. La palette chromatique utilisée, particulièrement vive et novatrice, doit bien sûr beaucoup à la lumière de la Méditerranée que Chagall a découverte dès la fin des années 1940 avec son installation à Vence. Mais dans les contrastes appuyés, les jeux de transparence ainsi que dans l'emploi de certains coloris peu fréquents dans ses œuvres antérieures (par exemple le rose fuchsia de l'âne ou du visage de la femme), l'on ressent nettement l'influence de l'art du vitrail que Chagall a découvert peu de temps auparavant. C'est en 1952 qu'il se confronte pour la première fois à ce médium, lors d'une visite à la Cathédrale de Chartres. En 1968, date du présent tableau, il finit de travailler à la réalisation de vitraux pour la cathédrale de Metz. L'inventivité des teintes employées dans le présent tableau, le caractère presque étincelant, miroitant des motifs peints, tels les irisations de la lumière transperçant les vitraux d’une cathédrale, doivent à n'en pas douter beaucoup à cette expérience acquise auprès de maîtres-verriers, un art que Chagall appréciait particulièrement pour la liberté qu’il lui apportait dans son rapport à la couleur. 


Paysage à l’isba is a late work and the perfect embodiment of all the joyfulness of Chagall’s art. Presented as a reminiscence of memories of the artist’s youth, the painting depicts the activity of a Russian village, a fantasy vision of Vitebsk, Chagall’s native village, represented so many times throughout his career and recognizable here by its Isbas, the traditional Russian houses with wooden roofs.

The dynamic composition is structured around two distinct parts. On the right, is a depiction typical of Chagall’s mythology in all its exuberance and poetry, with the juxtaposition of the artist’s favourite themes: the bride, who seems to be pregnant, the donkey’s head, the artist, the cockerel and especially an accumulation of precariously balanced Isbas, some of which seem to be floating in the air. This tower of Isbas in flamboyant colours endows the composition with an impression of dance-like movement. On the other hand, the left side of the painting is characterized by its serenity, dominated by the presence of an imposing tree, the symbol of fertility.

Chagall shows extreme daring and freedom in the choice of colour in this work. The particularly bright and innovative chromatic palette owes much to the Mediterranean light that Chagall discovered at the end of the 1940s when he moved to Vence. However the influence of glass windows that Chagall discovered just beforehand can be felt in the strong contrasts, the play of transparency and the use of certain colours rarely seen in his earlier works (the bright pink of the donkey and the woman’s face for example). Chagall was struck by glass-windows in 1952 when visiting the Chartres Cathedral. In 1968, the date of the present painting, he finished working on the glass-windows for the Metz Cathedral. The painting’s inventive tones, its almost sparkling aspect, shimmering with painted motifs like the rays of light which shine though glass windows, doubtless owe much to his experience acquired from glass-window makers, an art that Chagall appreciated particularly for the freedom it gave his use of colour.

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