
Self-portrait of the Artist in his Studio | Autoportrait de l'artiste dans son atelier
Auction Closed
June 13, 02:06 PM GMT
Estimate
60,000 - 80,000 EUR
Lot Details
Description
Jean Naigeon
Paris 1757 - 1832
Self-portrait of the Artist in his Studio
Oil on canvas
Signed and dated lower left Naigeon Lné P. 1789
50 x 66 cm; 19¾ by 26 in.
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Jean Naigeon
Paris 1757 - 1832
Autoportrait de l'artiste dans son atelier
Huile sur toile
Signé et daté en bas à gauche dans le portefeuille Naigeon Lné P. 1789
50 x 66 cm ; 19¾ by 26 in.
Collection Jules Burat (1807-1885), since 1852;
His sale after death, Galerie Georges Petit, Paris, 28-29 April 1885, lot 134;
Where acquired by Baron Henri-Alexandre Gérard (1818-1903);
Anonymous sale, Audap-Godeau-Solanet, Paris, 16 December 1991, lot 61;
Private collection.
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Collection Jules Burat (1807-1885), depuis 1852 ;
Sa vente après décès, Galerie Georges Petit, Paris, 28-29 avril 1885, lot 134 ;
Où acquis par le Baron Henri-Alexandre Gérard (1818-1903) ;
Vente anonyme, Audap-Godeau-Solanet, Paris, 16 décembre 1991, lot 61 ;
Collection particulière.
Salon de Paris, 1791, no. 188;
Probably Portraits du Siècle (1783-1883), Paris, Ecole des Beaux-Arts, 25 April 1883, no. 167 (titled Le peintre et son frère, Haut., 0m50c. – Larg., 0m66c. Collection de M. Burat);
L'art des collections : du Siècle des Lumières à l'aube d'un nouveau millénaire, Bicentenaire du musée des Beaux-Arts de Dijon, Dijon, musée des Beaux-Arts, June-October 2000, cat. no. A35.
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Salon de Paris, 1791, n° 188 ;
Probablement Portraits du Siècle (1783-1883), Paris, Ecole des Beaux-Arts, 25 avril 1883, n° 167 (sous le titre Le peintre et son frère, Haut., 0m50c. – Larg., 0m66c. Collection de M. Burat) ;
L'art des collections : du Siècle des Lumières à l'aube d'un nouveau millénaire, Bicentenaire du musée des Beaux-Arts de Dijon, Dijon, musée des Beaux-Arts, juin-octobre 2000, cat. n° A35.
Anonyme, La Béquille de Voltaire au Salon, première promenade (…), September 1791, Paris 1791, pp. 41-42;
Anonyme (Chéry, painter), Explication et critique impartiale de toutes les peintures, sculptures, gravures, dessins, &c. exposés au Louvre, Paris 1791, p. 17;
Guyot de Fère, Annuaire des artistes français, Paris 1832, p. 123;
C. Gabet, Dictionnaire des artistes de l’Ecole française au XIXe siècle, Paris 1834, p. 510;
P. Mantz, Introduction to the auction catalogue of the Jules Burat collection sale, Paris 1885, p. XIII;
L. Morand, Une Famille d’artistes : les Naigeon. Notices biographiques et catalogues de leurs œuvres, Paris 1902, p. 26;
J.-F. Heim, C. Béraud and P. Heim, Les Salons de peinture de la Révolution française : 1789-1799, Paris 1989, p. 297 (as erroneously attributed to Jean-Claude Naigeon);
C. Lamarre and S. Laveissière, Les Prix de Rome des Etats de Bourgogne. Lettres à François Devosges, 1776-1792, Dijon 2003.
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Anonyme, La Béquille de Voltaire au Salon, première promenade (…), septembre 1791, Paris, 1791, p. 41-42 ;
Anonyme (Chéry, peintre), Explication et critique impartiale de toutes les peintures, sculptures, gravures, dessins, &c. exposés au Louvre, Paris, 1791, p. 17 ;
Guyot de Fère, Annuaire des artistes français, Paris, 1832, p. 123 ;
C. Gabet, Dictionnaire des artistes de l’Ecole française au XIXe siècle, Paris, 1834, p. 510 ;
P. Mantz, Introduction au catalogue de la vente de la collection Jules Burat, Paris, 1885, p. XIII ;
L. Morand, Une Famille d’artistes : les Naigeon. Notices biographiques et catalogues de leurs œuvres, Paris, 1902, p. 26 ;
J.-F. Heim, C. Béraud et P. Heim, Les Salons de peinture de la Révolution française : 1789-1799, Paris, 1989, p. 297 (attribué par erreur à Jean-Claude Naigeon) ;
C. Lamarre et S. Laveissière, Les Prix de Rome des Etats de Bourgogne. Lettres à François Devosges, 1776-1792, Dijon, 2003.
Exhibited at the 1791 Salon, this important and charming canvas is the work of a neoclassical painter of rare delicacy, Jean Naigeon (1757-1832).
Born in Beaune in 1757, Jean Naigeon – who must not be confused with his quasi-homonym, also Burgundian, the painter Jean-Claude Naigeon – began his training at the Académie des Beaux-Arts in Dijon, established in 1766 by the sculptor François Devosge. Graduating in 1778 with the first Prix de peinture des Etats de Bourgogne, in 1780 he put himself forward for the Prix de Rome des Etats de Bourgogne – a peculiarity of the regional Academy – but lost to his homonym. Downcast by this failure, he went to Paris in the company of Prud’hon, to complete his apprenticeship, and entered David’s studio in 1789.
He took part in the Salons of 1791 and 1793, and in this year was appointed to the Commission des Arts et des Sciences. While his career as a painter then seemed to falter, in 1802 he became curator of the paintings gallery at the Musée du Luxembourg, which was dedicated, from 1818, to contemporary art. He stayed there until he retired in 1828.
This self-portrait, which is combined with a group portrait, shows the artist in his studio, painting a large canvas which appears to be a Death of Socrates, in the presence of three visitors. The two young people in the background, removing a portrait sketch from a portfolio, are probably the artist’s brother, François (1762-1815), who became a well-known miniaturist, and his sister, as suggested by a description of the painting produced when the it was sold as part of the Jules Burat collection: ‘L’Atelier de l’artiste. Il est avec sa famille debout, tenant sa palette et causant avec un personnage vêtu d’un habit bleu, qui tient un livre; au second plan, une jeune femme et un jeune homme cherchent des dessins dans un portefeuille.’ [The artist’s studio. He is standing with his family, holding his palette and talking to a person in a blue coat, who holds a book; in the background, a young woman and a young man looking for drawings in a portfolio]. We have not been able to identify the seated older man in the centre, holding a book, but it may be the artist’s father, partly completing the Naigeon family.
The studio, lit with a delicate slanting light which falls on the large work in progress on the easel, is austerely decorated with elements typical of the neoclassical painter. In an alcove set into the wall, top left, plasters of famous sculptures include the bust supposedly of Homer, the Borghese gladiator, and Antinous as Osiris; below there is a life-size replica of the Capitoline Juno. On the right of the composition, Naigeon has depicted his little artist’s tool chest, with three drawers containing his tools, his palette knives poking out slightly. At the back, a clock gives the precise time: 12.26. Naigeon paints all these details meticulously and with great refinement; the clothes are also painted with an assured precision and understanding of effect. Overall, there is an impression of the calm, serious and harmonious atmosphere which must have reigned in the studio of an artist described as ‘ambitious and talented’ and ‘with a cold genius’ (letter from Baron de Joursanvault to Jean-George Wille, cited in Louis Morand, 1902, p. 10-12).
The large canvas Naigeon is working on is barely sketched out. It is squared up and only the outlines of the figures are marked out. The artist, holding his palette, seems about to apply the first brushstrokes. The iconography seems to be that of the Death of Socrates: this is the subject he entered for the Prix de Rome des Etats de Bourgogne, when he only won second prize. Is this another way of expressing his disappointment? Whatever the case, the painting on which Naigeon is about to start work in his Self-portrait has not – so far – been found.
The painting was for a long time in the famous collection belonging to Jules Burat (1807-1885), one of the greatest collectors of French seventeenth and eighteenth century painting. He acquired it in 1852 and kept it for the rest of his life. It was bought at the sale after his death by Henri-Alexandre Gérard, nephew of Baron Gérard and founder of the Musée Baron-Gérard in Bayeux.
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Exposée au Salon de 1791, cette importante et charmante toile est l’œuvre d’un peintre néoclassique rare et séduisant, Jean Naigeon (1757-1832).
Né à Beaune en 1757, Jean Naigeon qu’il ne faut pas confondre avec son quasi-homonyme – lui aussi bourguignon – le peintre Jean-Claude Naigeon, commence sa formation à l’Académie des Beaux-Arts de Dijon, créée en 1766 par le sculpteur François Devosge. Lauréat en 1778 du premier Prix de peinture des Etats de Bourgogne, il se présente au Prix de Rome des Etats de Bourgogne – une spécificité de l’Académie régionale – en 1780, mais échoue face à son homonyme. Blessé par cet échec, il se rend à Paris accompagné de Prud’hon, afin de parfaire son apprentissage, et entre dans l’atelier de David en 1789.
Il participera aux Salons de 1791 et 1793, année au cours de laquelle il sera nommé à la Commission des arts et des sciences. Si sa carrière de peintre semble alors ralentir, il devient en 1802 le conservateur de la galerie de peintures du musée du Luxembourg, dédiée, à partir de 1818, à l’art contemporain. Il y restera jusqu’à sa retraite en 1828.
Cet autoportrait, auquel s’ajoute un portrait de groupe, présente l’artiste dans son atelier, occupé à peindre une grande toile qui paraît être une Mort de Socrate, en présence de trois visiteurs. Il est probable que les deux jeunes personnes représentées en arrière-plan, en train de sortir un portrait dessiné d’un portefeuille, ne soient autres que le frère de l’artiste, François (1762-1815), qui sera lui-même un miniaturiste réputé, et sa sœur, comme le laisse penser le descriptif de la toile lors de son passage dans la vente de la collection de Jules Burat : « L’Atelier de l’artiste. Il est avec sa famille debout, tenant sa palette et causant avec un personnage vêtu d’un habit bleu, qui tient un livre ; au second plan, une jeune femme et un jeune homme cherchent des dessins dans un portefeuille. » Au centre, tenant un livre, est assis un homme plus âgé qu’il ne nous a pas été possible d’identifier, à moins qu’il s’agisse d’un portrait du père de l’artiste, complétant pour partie la famille de Naigeon.
L’atelier dans lequel ils se trouvent, éclairé d’une délicate lumière oblique qui tombe sur la grande toile en préparation sur le chevalet, est sobrement décoré des éléments typiques du peintre néoclassique. Dans une niche creusée dans le mur en haut à gauche l’on retrouve des plâtres de sculptures célèbres : le buste dit d’Homère, le gladiateur Borghèse, ainsi que l’Antinoüs en Osiris ; tandis qu’en-dessous se situe une réplique grandeur nature de la Junon du Capitole. Sur la droite de la composition, Naigeon fait figurer son petit pupitre de peintre à trois tiroirs, dans lequel sont rangés ses ustensiles et d’où dépassent légèrement des couteaux à peintures. Au fond, une horloge indique précisément l’heure : 12h26. Naigeon dépeint tous ces détails avec une minutie et un raffinement extrêmes, tout comme il se plaît à dépeindre les vêtements avec un sens de la précision et de l’effet certains. L’ensemble donne une impression de sérénité, de sérieux et de bonne entente qui devait régner dans l’atelier du peintre, considéré comme « ambitieux de talent » et « au génie froid » (lettre du baron de Joursanvault à Jean-George Wille, cité dans Louis Morand, 1902, p. 10-12).
La grande toile qu’est en train de préparer Naigeon est à peine esquissée. Elle est mise au carreau et les figures n’y sont délimitées que par leurs contours. Le peintre, palette à la main, semble sur le point d’y apposer les premières touches. L’iconographie en semble être La Mort de Socrate. On se souviendra que c’est ce sujet qu’il avait présenté lors du concours du Prix de Rome des Etats de Bourgogne, dont il n’eût que le second prix. Est-ce là une manière d’exprimer une nouvelle fois son dépit ? Quoiqu’il en soit, le tableau que s’apprête à exécuter Naigeon dans son Autoportrait n’a – à ce jour – pas été retrouvé…
Le tableau est longtemps resté dans la célèbre collection de Jules Burat (1807-1885), qui fut l’un des plus grands collectionneurs de peinture française des XVIIe et XVIIIe siècles. Il en avait fait l’acquisition en 1852, et le garda jusqu’à son décès. Il fut acquis à sa vente après-décès par Henri-Alexandre Gérard, neveu du Baron Gérard, et fondateur du musée Baron-Gérard à Bayeux.
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