
Auction Closed
November 28, 03:48 PM GMT
Estimate
30,000 - 50,000 EUR
Lot Details
Description
Masque kifwebe, Songye, République Démocratique du Congo
Haut. 30,5 cm
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Kifwebe Mask, Songye, Democratic Republic of the Congo
Height 12 ⅛ in
Marie-Jeanne Walschot (1896-1977), Bruxelles
Collection Jean Duboscq, Bruxelles, acquis en 1947
Transmis par descendance
Les masques Songye ne peuvent se comprendre sans connaître la cosmogonie songye et les signes souvent ésotériques qui y sont associés. L’importance du python arc-en-ciel lié à la manifestation des ancêtres, la fonte du métal et le travail du forgeron, la manipulation des énergies minérales, végétales et animales ne peuvent être sous-estimés (Neyt, 2004, p. 361-362 et Hersak, 1986, p. 40, 66, sv). Ces composantes expriment, dans leur conception de vie, une forme de beauté mêlée d’effroi et de grandeur. Elles font allusion à une signification qui dépasse le visible.
Ici, la barbe en trapèze est constituée de surfaces peintes en blanc, délimitées par des lignes rouges et noires. Les stries géométriques enveloppant l’espace des cavités oculaires, leurs rythmes et les couleurs soulignent le regard dominant des génies et des esprits de la nature. La parole de l’être masqué est aussi souveraine. Ce masque mâle kifwebe balume est en relation avec le soleil et incarne une force magico-religieuse. Il participe au contrôle de la vie sociale, renforce le pouvoir des chefs et des notables, et peut aussi devenir un instrument judiciaire et coercitif.
Le centre des ateliers de sculpture des masques est localisé à Kisengwa, sur les rives orientales du Lomami. Ce masque se distingue par la très grande maîtrise rythmique des éléments qui le structurent. Accentuant la forme en écu, la crête frontale souligne l’arrondi de la tête jusqu’aux tempes et aux paupières supérieures. À partir des yeux mi-clos, largement étirés en amande, le volume du visage se creuse progressivement en trois plans concaves suivant les cavités oculaires, les joues et la barbe. À la tension des courbes répond la superbe densité de l'ensemble, jouant sur l’opposition entre rondeurs et pans coupés, entre mouvement fermé des lignes concentriques et dynamique des diagonales.
S'ajoute enfin la provenance historique de cette oeuvre, Jean Duboscq artiste peintre belge l'ayant acquis dans la première moitié du XXe siècle chez l'une des marchandes pionnières de la spécialité : Jeanne Walschot.