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Property from a Distinguished European Collection | Provenant d’une grande collection européenne

Sébastien Bourdon

Lucius Albinus giving up his chariot to the vestals during the sack of Rome in 390 B.C. | Lucius Albinus offrant son attelage aux vestales durant le sac de Rome en 390 avant Jésus-Christ

Auction Closed

June 19, 03:36 PM GMT

Estimate

120,000 - 180,000 EUR

Lot Details

Description

Property from a Distinguished European Collection


Sébastien Bourdon

Montpellier 1616 - 1671 Paris

Lucius Albinus giving up his chariot to the vestals during the sack of Rome in 390 B.C.


Oil on canvas

106 x 136,2 cm ; 41¾ by 53⅝ in.

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Provenant d’une grande collection européenne 


Sébastien Bourdon

Montpellier 1616 - 1671 Paris

Lucius Albinus offrant son attelage aux vestales durant le sac de Rome en 390 avant Jésus-Christ


Huile sur toile

106 x 136,2 cm ; 41¾ by 53⅝ in.

Anonymous sale, Me Michel Boscher, Paris, Hôtel Drouot, 22 May 1985, lot 40.

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Vente anonyme, Me Michel Boscher, Paris, Hôtel Drouot, 22 mai 1985, lot 40.

A. Félibien, Entretiens sur les vies et sur les ouvrages des plus excellens peintres anciens et modernes, 1688, 5th part, Entretien IX, p. 511;

G. Guillet de Saint-Georges, Mémoire historique des principaux ouvrages de M. Bourdon... lu à l'Académie le 7 juin 1692, Paris, edition 1854, tome I, p. 91;

F. Le Comte, Cabinet des singularitez d'architecture, peinture, sculpture et graveure, Paris 1699-1700, tome III, 1st part, p. 84;

A. Dezallier d'Argenville, Abrégé de la vie des plus fameux peintres avec leur portrait gravé en taille douce, Paris 1745, p. 289;

Poitevin, Notice historique sur Sébastien Bourdon lue à la Société des Sciences et Belles Lettres de Montpellier dans la Séance publique du 26 décembre 1811, Montpellier 1812, p. 10, note 6 (engraved by Brebes);

J. Thuillier, Sébastien Bourdon, Paris 2000, p. 260, no. 120.

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A. Félibien, Entretiens sur les vies et sur les ouvrages des plus excellens peintres anciens et modernes, 1688, 5e partie, Entretien IX, p. 511 ;

G. Guillet de Saint-Georges, Mémoire historique des principaux ouvrages de M. Bourdon... lu à l'Académie le 7 juin 1692, Paris, édition de 1854, tome I, p. 91 ;

F. Le Comte, Cabinet des singularitez d'architecture, peinture, sculpture et graveure, Paris, 1699-1700, tome III, 1ère partie, p. 84 ;

A. Dezallier d'Argenville, Abrégé de la vie des plus fameux peintres avec leur portrait gravé en taille douce, Paris, 1745, p. 289 ;

Poitevin, Notice historique sur Sébastien Bourdon lue à la Société des Sciences et Belles Lettres de Montpellier dans la Séance publique du 26 décembre 1811, Montpellier, 1812, p. 10, note 6 (gravé par Brebes) ;

J. Thuillier, Sébastien Bourdon, Paris, 2000, p. 260, n° 120.

In this imposing composition, Sebastien Bourdon has illustrated an episode in Livy’s History of Rome. In 390 BCE, when the Gauls attacked Rome, its inhabitants fled the city. Lucius Albinus, a plebeian, was leaving the city with his family on his chariot when he noticed the Vestal Virgins trying to save the Roman people’s sacred objects. Despite the panic, Lucius made his wife and children get down from the chariot to make room for the state’s priestesses and their sacred objects, and led the Vestals to safety.


A rare subject in painting, this tale has the quality of a fable – the plebeian who prioritizes the sacred above everything – and symbolizes the virtue of piety. For Bourdon, it was an opportunity to depict a Roman chariot, the Pantheon and the Pyramid of Cestius, as well as to allude to classical sculpture in the Vestals’ drapery, while illustrating a highly moral subject. This combination of classical elements with a historical subject, whose meaning resonates long after its time, is a perfect illustration of the academic spirit of the Golden Age of French painting. In fact, this painting is an excellent example of the genre that would be defined not much later, with the foundation of the Académie in 1648, as the highest-ranking in the hierarchy of artforms.


When he travelled to Rome between 1635 and 1637, Sébastien Bourdon blossomed as he came into contact with the works of antiquity and discovered the works of Claude Lorrain and Caravaggio. Bourdon was also very influenced by the older artist Nicolas Poussin, who was a master and intellectual model for him and many other painters of his generation. Thanks to the Mémoire historique des principaux ouvrages de M. Bourdon by his contemporary, Georges Guillet de Saint-Georges, we also know that he was particularly adept and able to imitate many painters, to the point where he could be confused with many of the artists he emulated. However, the present painting is characteristic of the style that brought Bourdon lasting fame. Despite being an early work, he had perfectly mastered his art by the time this painting joined the artist’s œuvre. Although we do not know the exact date that it was painted, we do know, thanks to Félibien, that it was before 1647. It is comparable in quality to Jacob burying the idols in the Hermitage in St Petersburg (inv. no. 3682) and Augustus at the tomb of Alexander in the Musée du Louvre in Paris (inv. no. 2810). It was with this genre of paintings, with their rigorous and commanding compositions, that Bourdon made his name as a talented and consequential artist in Paris. Despite the fact that he was a Protestant, he was entrusted with a ‘Maypainting for Notre Dame in 1643: The Crucifixion of St Peter (Paris, Notre Dame, Musée du Louvre stores, inv. no. 2809).  


The subject is admirably treated by Bourdon with a composition that is original and rich but also remains rigorous and well ordered. Known and disseminated thanks to engravings, this painting certainly contributed to the artist’s fame. It is one of the rare paintings mentioned by Félibien, who described it in his Entretiens sur les vies et sur les ouvrages des plus excellens peintres anciens et modernes (1688, p. 511) as: ‘one of the most agreeable paintings that he made in his early career [‘un des tableaux les plus agréables qu'il fit dans ses commencemens [sic]’.’

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Sébastien Bourdon illustre avec cette majestueuse composition un épisode de l’Histoire de Rome depuis sa fondation de Tite Live. En 390 avant Jésus-Christ, alors que les Gaulois attaquent Rome, les habitants, fuient la ville. Lucius Albinus, un homme de la plèbe, quitte la ville avec sa famille sur son char mais remarque les vestales cherchant à sauver les objets sacrés du peuple romain. Malgré la panique, l’homme va à la rencontre des prêtresses de l’Etat, fait descendre sa femme et ses enfants de son chariot, y installe les Vestales et les objets sacrés et les conduit en sécurité.


Sujet rare dans la peinture, cette histoire à la dimension fabuleuse - le plébéien fait passer le sacré avant toute chose-, symbolise la vertu de piété. Il est pour Bourdon l’occasion de représenter un char romain, le Panthéon, la pyramide de Cestius et d’évoquer la sculpture antique grâce au drapé des Vestales le tout en illustrant un sujet hautement moral. Cette alliance de motifs à l’antique avec un sujet historique dont le sens résonne au-delà de son époque, est une parfaite illustration de l’esprit académique de l’âge d’or de la peinture française. En effet, ce tableau est un excellent exemple de ce qui sera théorisé peu de temps après, avec la fondation de l'Académie en 1648, comme le plus haut de la hiérarchie des normes.


Voyageant à Rome dans les années 1635-1637, Sébastien Bourdon s’épanouit au contact des œuvres de l’Antiquité ainsi qu’en découvrant les œuvres de Claude Lorrain ou encore de Caravage. De même, Bourdon sera très influencé par son aîné Nicolas Poussin, maître et modèle intellectuel pour lui et de nombreux peintres de sa génération. L’on sait par ailleurs grâce au Mémoire historique des principaux ouvrages de M. Bourdon de Georges Guillet de Saint-Georges, son contemporain, qu’il était particulièrement habile et savait imiter de nombreux peintres, à tel point qu’il a pu être confondu avec plusieurs des artistes dont il fut l’émule. Cependant, ce tableau est caractéristique du style qui a fait la célébrité de l’art de Bourdon jusqu’à aujourd’hui. Bien qu’il s’agisse d’une œuvre de jeunesse ce tableau intervient dans l’œuvre de l’artiste alors qu’il maîtrise parfaitement son art. Sans connaître la date exacte de sa réalisation, nous savons grâce à Félibien que notre tableau a été peint avant 1647. Il est comparable en qualité au Jacob enterrant les idoles conservé à Saint-Pétersbourg à l’Ermitage (inv. 3682) et à Auguste au tombeau d’Alexandre, conservé au musée du Louvre à Paris (inv. 2810). C’est avec ce genre de tableaux aux compositions rigoureuses et magistrales que Bourdon s’impose comme un peintre talentueux et d’envergure à Paris ; on lui confie d’ailleurs un May de Notre Dame en 1643, La Crucifixion de saint Pierre (Paris, Notre Dame, dépôt du musée du Louvre, inv. 2809) malgré son protestantisme.  


Le sujet est admirablement traité par Bourdon avec cette composition originale et riche tout en restant rigoureuse et ordonnée. Connu et diffusé grâce à la gravure, ce tableau a très certainement contribué à la célébrité de l’artiste. Il s’agit d’un des rares tableaux cités par Félibien qui écrit à son propos dans ses Entretiens sur les vies et sur les ouvrages des plus excellens peintres anciens et modernes (1688, p. 511) : « un des tableaux les plus agréables qu'il fit dans ses commencemens (sic) ».