View full screen - View 1 of Lot 20.  An important silver covered tureen, liner and stand, Robert-Joseph Auguste, Paris, 1771-1772 | Importante terrine couverte, son présentoir et sa doublure en argent, par Robert-Joseph Auguste, Paris, 1771-1772.

An important silver covered tureen, liner and stand, Robert-Joseph Auguste, Paris, 1771-1772 | Importante terrine couverte, son présentoir et sa doublure en argent, par Robert-Joseph Auguste, Paris, 1771-1772

Auction Closed

April 6, 02:57 PM GMT

Estimate

300,000 - 500,000 EUR

Lot Details

Description

An important silver covered tureen, liner and stand, Robert-Joseph Auguste, Paris, 1771-1772


the oval tureen, resting on four feet with molded foliage attachments, the body applied on each side with a cartouche topped by an eagle surrounded by oak foliage garlands, the handles in the shape of lion heads holding a mobile ring in their mouths, the upper part applied with a frieze of laurel leaves, the cover applied with four cartouches with matted frames separated with rosettes on a matted ground, grained fruit finial of resting on a terrace of six large acanthus leaves, the liner with two interior handles, the border stand chiseled with a frieze of matted laurel leaves applied with four foliage motifs, fluted rim

_______________________________________________________________


Importante terrine couverte, son présentoir et sa doublure en argent, par Robert-Joseph Auguste, Paris, 1771-1772


la terrine ovale, reposant sur quatre pieds en enroulement aux attaches moulurées de feuillages, le corps uni appliqué sur chaque face d'un cartouche sommé d'un aigle et entouré de guirlandes de feuillage de chêne, les anses en têtes de lion tenant un anneau mobile dans leur gueule, la partie supérieure appliquée d'une frise de feuilles de laurier, le couvercle bordé de quatre cartouches à cadre amati séparés par des rosaces sur fond amati, la prise en fruit grenu reposant sur une terrasse de six larges feuilles d'acanthe, la doublure à deux anses intérieures, le présentoir avec bordure ciselée d'une frise de feuilles de laurier amaties à quatre agrafes de feuillagess, le marli ciselé de larges canaux


Long 39 cm (terrine) ; Long. 53 cm (présentoir) ; 9141,3 g ; 15 3/8in. long (tureen) ; 20 7/8in. long (stand) ; 322 29⁄64oz.

Terrine (tureen) : Collection Evrard, 14 novembre 1963;
Sotheby's, Paris, 11 juin 2003, n°81 ;

Présentoir (stand) : Collection Diane;
Sotheby's Genève, 16 novembre 2005, n°116

L. Rau, Correspondance artistique de Grimm avec Catherine II, Archives de l'art français, vol. XVII, 1932, p. 89C.

Le Corbeiller, "Robert-Joseph Auguste, Silversmith-and Sculptor?", The Metropolitan Museum Journal, 1996, vol. 31, pp. 211-2. 

Y. Carlier, Le calice de la dauphine Marie-Josèphe de Saxe, chef d'oeuvre de Robert-Joseph Auguste, L'Estampille Objet d'Art, n. 343, Paris, 30 janvier 2000, pp.76-82

Y. Carlier, C. Bouchon, S. Legrand-Rossi and A. Foray Carlier, introduction de l'exposition Dessins d'orfèvrerie de l'atelier de Robert-Joseph Auguste (1723-1805), musée NIssim de Camondo, Paris,  novembre 2011- avril 2012

M. Bimbenet-Privat, Robert-Joseph Auguste, l'orfèvre des rois, Grande Galerie, Le Journal du Louvre, mars/avril/mai 2012, n° 19, pa. 10–13

Robert-Joseph Auguste, un orfèvre de son temps


Robert-Joseph Auguste est né à Valenciennes en 1723 (d'après les recherches de Xavier Duquesne et Yves Carlier, contrairement à l'idée généralement admise jusqu'ici de sa naissance à Mons dans le Hainaut). Il est le fils de Christophe-Auguste, « bourgeois » de Paris. Il obtient sa maîtrise en 1757, à 34 ans, âge très tardif pour un orfèvre. Il a déjà travaillé plus de dix ans auprès d’autres orfèvres mais également pour des marchands-merciers comme Lazare Duvaux. Ainsi, en 1755, il participe à la réalisation d'une paire de salière-poivrière en or antropomorphes, acquise par la marquise de Pompadour. Auguste est très tôt renommé pour la qualité de sa sculpture et de sa ciselure et, dans les années 1760, il diversifie encore sa production en réalisant également des objets en or. On lui doit notamment le calice en or de la dauphine Marie-Josèphe de Saxe livré entre 1755-1760 au décor encore rocaille (conservé en l’église de Radmirje en Slovénie). L’orfèvre est un proche du marquis de Marigny, directeur des Bâtiments du roi et frère de la marquise de Pompadour, qui sera même présent au mariage de l’orfèvre en 1758. Grâce à son talent et à ses relations, il reçoit de nombreuses commandes de la Cour où son style est très apprécié, ainsi que le commente le marquis de Marigny dans un courrier à son ami Cochin en 1765 : « Il ne parait maintenant de distingué dans cet art que M. Auguste, tous les autres étant plutôt des marchands qui présentent sous leur nom des ouvrages de bons ouvriers que des gens capables d'exécuter eux-mêmes." A partir des années 1770, Auguste se fait le spécialiste du style émergent du néoclassicisme et multiplie les commandes dans toutes les cours d’Europe : Suède, Danemark, Russie, Portugal, Hanovre et bien sûr Versailles. Il est nommé « Orfèvre ordinaire du roi » en 1777 et ne se retire que dans les années 1785-1786, laissant l’atelier à son fils Henry, avant de mourir en 1805. Fabuleux orfèvre et sculpteur au style inimitable, sa production est bien documentée grâce aux nombreux dessins et correspondances qu’il échange avec les marchands et les commanditaires des pièces. Ses plus belles réalisations sont aujourd’hui conservées dans les musées du monde entier comme le musée du Louvre, le Metropolitan Museum de New York, l’Ermitage de Saint Petersbourg ou encore le musée de Arte Antigua de Lisbonne, mais elles se retrouvent également dans toutes les grandes collections privées du XXème siècle.


Le néoclassicisme, révolution artistique du XVIIIème siècle


L’art sous le règne de Louis XV (1710-1774) est associé au style rocaille, asymétrique, léger et frivole. Cependant, à partir des années 1750, ce décor est poussé à l’extrême et trouve de nombreux critiques. Charles-Nicolas Cochin publie en 1754 une Supplication aux Orfèvres, Ciseleurs, Sculpteurs en bois pour les appartements & autres, dans laquelle il fustige le style rocaille et souhaite une plus grande simplicité, une plus grande rigueur, un plus grand minimalisme dans les arts.


Cet engouement pour la pureté des formes accompagnée d’un vocabulaire décoratif innovant est dû aux premières véritables fouilles effectuées à Pompéi et Herculanum entre 1738 et 1748. Ces dernières dévoilent au public le mobilier romain, rectiligne, avec un décor de perles, d’oves, de rosaces, de frises de postes où les vestales côtoient les bustes d’empereurs et les torses des héros des temps passés. Ce nouveau vocabulaire est diffusé notamment grâce à Anne-Claude-Philipe de Tubières-Grimoard de Pestels de Lévis, comte de Caylus (1692-1765) qui publie entre 1752 et 1769 son Recueil d’Antiquités en sept volumes, véritable bible ornemaniste pour les nouveaux artistes. Dans ce recueil, il grave notamment les objets, les décors sur les vases et les statues récemment découvertes en Italie. Ces nouvelles formes vont petit à petit émerger dans les arts décoratifs, parallèlement à la fin du rocaille, avant de le supplanter totalement à la fin des années 1765. La première grande pièce emblématique de ce nouveau style est le bureau réalisé pour le collectionneur Ange-Laurent Lalive de Jully en 1757 par l’ébéniste Joseph Baumhauer, aujourd’hui conservé au musée Condé de Chantilly. Les pieds sont droits et une large frise de grecques décore sa ceinture.


En orfèvrerie, ce nouveau style est très vite apprécié par les artistes mais aussi par leurs commanditaires. Ainsi en 1769, lorsque l’impératrice Catherine II de Russie souhaite un service de table pour son usage personnel, elle charge le sculpteur Etienne-Maurice Falconet de trouver le meilleur artiste français qui saurait créer un service dans un style innovant. La commande est finalement attribuée à l’atelier des Roëttiers mais c’est véritablement Robert-Joseph Auguste qui devient le spécialiste du néoclassicisme en France et dans toute l’Europe.

 

Auguste et le néoclassicisme


Dès la fin des années 1760, Auguste fait évoluer sa production vers le style néoclassique, apurant les formes, ajoutant des draperies droites, des têtes d’animaux variées, des oves et des grecques. Dès 1767-1768, il réalise des rafraîchissoirs pour le comte d’Harcourt, ambassadeur de Grande-Bretagne en France, sur lesquels des anses en têtes de bouc, des canaux et des oves sont présentes (voir vente Sotheby’s Londres, The personal collection of the late Sir Joseph Hotung, 7 décembre 2022, lot 28), anses qui se retrouveront ensuite sur d’autres rafraîchissoirs pour le service d’Ekaterinoslav et pour la cour du Portugal. Ces têtes de bouc sont issues du volume VI, pl. C du recueil du comte de Caylus.


Ses plus grandes réalisations ont été exécutées dans les années 1770, notamment en 1776 avec un service pour le roi de Suède, certainement conçu d'après des dessins d'Augustin Pajou. Il réalise entre 1778 et 1785 pour la cour de Catherine II de Russie quatre services pour les provinces russes (Nijni Novgorod, Kazan, Ekaterinoslav, puis Moscou) et entre 1778 et 1783 le service de table de George III de Grande-Bretagne pour sa cour de Hanovre, aujourd’hui principalement conservé au musée du Louvre et à Waddesdon Manor.


Notre terrine est réalisée tôt dans sa production. Elle est datée 1771-1772 mais elle est typique du début du style néoclassique avec son corps uni appliqué d’une large guirlande, d’anses en mufles de lion massifs, sa prise en fruit grenu et son présentoir orné de canaux. De plus, elle porte la décharge des objets partant à l’étranger, et a donc été réalisée pour un commanditaire européen. A cette époque, le service à la française était de rigueur dans toutes les cours, les pièces de forme étaient ainsi présentées au centre de la table avec d’autres pièces comme les moutardiers, huiliers et salières. Les terrines allaient très souvent par paires, entourant le pot-à-oille qui lui pouvait être seul. Notre terrine a donc très probablement une pièce jumelle. Une terrine et son présentoir identiques à la nôtre, avec les mêmes poinçons, a été exposée en 1934 à Lisbonne est illustrée dans Exposicao de arte francesa, Lisbonne, Museu Nacional de Arte Antiga, mai 1934, n. 203, pl. 61. Elle appartenait à Dom Fernando d'Almeida. Elle est ensuite exposée à Buenos Aires entre septembre et novembre 1968 lors de l’exposition El Arte de vivir en Francia del siglo xviii, n°88, appartenant à Monsieur et Madame Carlos Blaquier. Il s’agit très certainement de notre pendant.


L’absence d’armoiries ou d’initiales ne nous permet malheureusement pas d’attribuer une provenance à notre pièce mais d’autres pièces du même service, un huilier et une paire de salières doubles figuraient dans l’exposition lisboète de 1934, suggérant une vaste commande à Auguste.


Un décor singulier mais récurrent dans l’œuvre d’Auguste


Le vocabulaire décoratif de notre terrine et son présentoir est caractéristique de la période néoclassique. Le motif de mufle de lion avec un anneau dans la gueule est issu d’un heurtoir de porte découvert dans les ruines de Pompéi. Ce motif se retrouve sur plusieurs terrines d’Auguste comme dans les terrines commandées pour le service de Moscou par Catherine II de Russie en 1782-1783 et illustrées dans A. de Foelkersam, Inventaire de l'argenterie conservée dans les garde-meubles des palais impériaux, Saint Petersbourg, 1907, pl 38. On le retrouve également sur une paire de pots-à-oille vers 1770-1780, avec prises en chien et cor de chasse, passée en vente à Berlin, le 27 février 1932. 


Ce mufle de lion devient un modèle classique dans les pièces de forme chez d’autres orfèvres parisiens, citons un pot-à-oille en métal plaqué de Jean-Baptiste de Gournay, vers 1772 conservé au musée du Louvre, une terrine et son couvercle par Charles-Louis Auguste Spriman, 1775 vendu par Fraysse, le 8-9 décembre 2021, lot 307 ou une terrine du même modèle également par Spriman, datée 1777-1778, vente Sotheby’s Paris, 28 mars 2007, lot 276.


Notre présentoir ne porte pas de poinçon de maître-orfèvre mais la qualité d’exécution ne peut mettre en doute son attribution à Robert-Joseph Auguste. De plus, il porte les mêmes poinçons que ceux de la terrine, notamment la décharge, ses dimensions correspondent à la longueur de cette dernière, le décor est identique que celui de la terrine dans la collection privée. Il nous est donc tout à fait possible d’associer ces deux pièces, enfin réunies après plusieurs décennies de séparation.


 Son décor, même s’il reste relativement classique avec ses larges canaux sur le marli, se retrouve sur un présentoir identique, de même taille, sans poinçon d'orfèvre mais attribué à Robert-Joseph Auguste, daté 1784-1789. Il est illustré dans H. Nocq, Orfèvrerie Civile Française du XVIe au début du XIXe siècle, Paris, 1927, tome II, pl. LVIB, avec la mention de propriété de Monsieur Puiforcat, ouvrage recensant les lots exposés en 1927 en l’une exposition du Musée des Arts Décoratifs.

_______________________________________________________________


Robert-Joseph Auguste, a silversmith of his time

Robert-Joseph Auguste was born in Valenciennes in 1723 (according to research by Xavier Duquesne and Yves Carlier, contrary to the belief that his birthplace was Mons in Belgium). He was the son of Christophe-Auguste, “bourgeois” of Paris. He obtained his maitrise in 1757, aged 34, a very late age for a silversmith. Previously, he had worked for more than ten years with other silversmiths, as well as with merchants such as Lazare Duvaux. Thus, in 1755, he participated in the realization of a pair of anthropomorphic gold salt-cellars, subsequently acquired by the Marquise of Pompadour. Auguste was very early renowned for the quality of his carving and chiseling and, in the 1760s, he further diversified his production by also manufacturing gold objects. We particularly owe him the gold chalice of the dauphine Marie-Josèphe de Saxe delivered between 1755 and 1760 with a rocaille decoration (preserved in the church of Radmirje in Slovenia). The silversmith was a close friend of the Marquis de Marigny, director of the King’s Buildings and brother of the Marquise de Pompadour, who even attended the silversmith’s wedding in 1758. Thanks to his talent and connections, he received many commissions from the court, where his style was highly appreciated. As the Marquis de Marigny commented in a letter to his friend Cochin in 1765, “It now appears that the only distinguished artist of this art is Mr. Auguste, all others being merchants who declare under their name works of good workmen rather than people who can execute themselves.” (trad. « Il ne parait maintenant de distingué dans cet art que M. Auguste, tous les autres étant plutôt des marchands qui présentent sous leur nom des ouvrages de bons ouvriers que des gens capables d'exécuter eux-mêmes. » )

From the 1770s onwards, Auguste became a specialist in the emerging neoclassical style and received numerous commissions in all European courts: Sweden, Denmark, Russia, Portugal, Hanover and of course Versailles. He was appointed “Orfèvre ordinaire du roi” (Kings Silversmith) in 1777 and did not retire until 1785-1786, leaving the workshop to his son Henry, before his death in 1805. A phenomenal silversmith and sculptor with an inimitable style, his production is well documented thanks to the numerous drawings and correspondences he exchanged with merchants and the people who commissioned his pieces. His most beautiful works are now preserved in museums around the world, amongst others the Louvre, the Metropolitan Museum of Art in New York, the Hermitage in Saint Petersburg and the Museo de Arte Antigua in Lisbon. They can also be found in all great private collections of the 20th century.


Neoclassicism, the artistic revolution of the 18th century

Under the reign of Louis XIV (1710-1774), rocaille was the predominant artistic style. It is characterized by asymmetrical, light and frivolous elements. From the 1750s onwards however, this decorative style was pushed to its limits and widely criticized. Charles-Nicolas Cochin published in 1754 a Supplication au Orfèvres Ciseleurs, Sculpteurs en bois pour les appartements & autres, in which he criticizes the rocaille style and requests greater simplicity, rigor, and minimalism in the arts. This infatuation with the purity of forms, accompanied by an innovative decorative vocabulary, is due to the first genuine excavations carried out in Pompeii and Herculaneum between 1738 and 1748. The latter revealed Roman furniture to the public, characterized by its rectilinearity and decorations of pearls, oves, rosettes, and Vitruvian scroll patterns, where vestals are shown side by side with busts of emperors and torsos of heroes of past times. This new artistic vocabulary was disseminated particularly thanks to Anne-Claude-Philipe de Tubières-Grimoard de Pestels de Lévis, comte de Caylus (1692-1765), who, between 1752 and 1769, published his Recueil d’Antiquité in seven volumes, which proved to be a veritable bible of ornamentations for new artists. In this collection, he etches objects, decorations shown on vases, as well as statues recently discovered in Italy. These new shapes would gradually emerge in the decorative arts, coinciding with the end of the rocaille, before supplanting it entirely at the end of 1765. The first major work emblematic of this new style is the desk made for the collector Ange-Laurent Lalive de Jully in 1757 by the cabinetmaker Joseph Baumhauer, now preserved in the Musée Condé in Chantilly. The desk’s legs are straight, and a large frieze decorates its rims.

In silverware, this new style is very quickly appreciated by artists and their clients. In 1769, when Empress Catherine II of Russia requests a silver service for her personal use, she asks the sculptor Etienne-Maurice Falconet to find the best French artist able to create a set in an innovative style. The commission was finally awarded to the Roëttiers workshop, but it is actually Robert-Joseph Auguste who becomes the specialist of neoclassicism in France and throughout Europe.


Auguste and Neoclassicism

In the late 1760s, Auguste moved his production towards the neoclassical style, streamlining forms, adding straight draperies, various animal heads, as well as ovolo and Greek’s motifs.

As early as 1767-1768, he made wine-coolers for the Count of Harcourt, British ambassador to France, which include handles with goat heads, fluted and ovolo (see Sotheby's London sale, The personal collection of the late Sir Joseph Hotung, December 7, 2022, lot 28). These handles will later be found on wine-coolers for the Ekaterinoslav service and for the Portuguese court. The goat heads are from volume VI, pl. C of the collection of the Count of Caylus. He executes his greatest achievements in the 1770s, notably in 1776, exemplified by a service for the King of Sweden, certainly designed after drawings by Augustin Pajou. From 1778 to 1785, he produces four services for the court of Catherine II of Russia for the Russian provinces (Nizhny Novgorod, Kazan, Ekaterinoslav, then Moscow). Between 1778 and 1783, he manufactures the table service of George III of Great Britain for his court in Hanover, now mainly preserved in the Louvre Museum and Waddesdon Manor. Our tureen was made at an early point in the production of this service. Though it is dated 1771-1772, it is typical of the early neoclassical style, recognizable by its flat body, its large, adorned garland, its massive lion’s head handles, its grip made of grained fruit and its fluted stand. Moreover, it bears the décharge of objects intended to go abroad and was thus produced for a European patron. During this period, the service à la française was the norm in all courts. The pieces de forme were thus presented in the center of the table with other pieces such as mustard pots, oil pots and saltshakers. The tureens were often served in pairs, surrounding the pot-à-oille, which could be displayed on its own. Our tureen therefore most likely has a twin piece. A tureen and its display case identical to ours, with the same hallmarks, was exhibited in 1934 in Lisbon and is illustrated in Exposicao de arte francesa, Lisbon, Museu Nacional de Arte Antiga, May 1934, n. 203, pl. 61. It belonged to Dom Fernando d'Almeida. Subsequently, it was exhibited in Buenos Aires between September and November 1968 in the exhibition El Arte de vivir en Francia del siglo xviii, no. 88, which belonged to Mr. and Ms. Carlos Blaquier. This piece is most certainly our counterpart.

The absence of coats of arms or initials unfortunately prevents us of identifying the provenance of our item. However, other pieces of the same service, an oil cruet and a pair of double saltshakers, appeared in the Lisbon exhibition of 1934, suggesting that Auguste had received a large order.


A distinctive but recurring design in Auguste’s work

The decorative style of our tureen and its stand is representative for the neoclassical period. The motif of the lion's nose with a ring in its mouth was taken from a door knocker discovered in the ruins of Pompeii. This design is featured on several tureens by Auguste, for example on the tureens ordered for the Moscow service by Catherine II of Russia in 1782-1783. It is also illustrated in A. de Foelkersham, Inventaire de l'argenterie conservée dans les garde-meubles des palais impériaux, Saint Petersburg, 1907, pl 38. Further, it is present on a pair of pot-à-oille from about 1770-1780, with handles shapes as dogs and hunting horns, sold in Berlin on February 27, 1932.

This lion’s head became a classic model for the works of other Parisian silversmiths, such as a métal plaqué pot-à-oille by Jean-Baptiste de Gournay, from circa 1772, housed in the Louvre, a tureen and its cover by Charles-Louis Auguste Spriman, 1775, sold by Fraysse, December 8-9, 2021, lot 307, and a tureen of the same model, also by Spriman, dated 1777-1778, sold by Sotheby's Paris, March 28, 2007, lot 276.

Our stand does not bear the maker’s mark, but the quality of the workmanship does not cast doubt on its attribution to Robert-Joseph Auguste. It bears the same marks as the tureen, notably the décharge. Moreover, its dimensions correspond to the length of the latter, and its decoration is identical to that of the tureen in the private collection. It is thus entirely possible to link these two pieces, which have finally been reunited after several decades of separation.

The decoration, even though it remains relatively classical with its large fluted motifs on the marli, can be found on an identical stand, of the same size, without a silversmith’s mark but attributed to Robert-Joseph Auguste, dated 1784-1789. It is illustrated in H. Nocq, Orfèvrerie Civile Française du XVIe au début du XIXe siècle, Paris, 1927, tome II, pl. LVIB, with a mention of Mr. Puiforcat's ownership, a publication that lists the lots exhibited in 1927 in an exhibition by the Musée des Arts Décoratifs.


COMP / Modèle de soupière, Atelier de Robert-Joseph Auguste, XVIIIe siècle, Paris, musée des

Arts décoratifs © Les Arts Décoratifs/Jean Tholance