
Homage to the Square: "Despite"
Auction Closed
December 4, 03:16 PM GMT
Estimate
500,000 - 700,000 EUR
Lot Details
Description
Josef Albers
1888 - 1976
Homage to the Square: "Despite"
signed with the initials and dated 63 (lower right) ; signed, titled, dated 1963 and inscribed (on the reverse)
oil on masonite
101,2 x 101,2 cm ; 40 x 40 in.
Executed in 1963.
This work will be included in the Catalogue Raisonné of Paintings by Josef Albers currently being prepared by the Josef and Anni Albers Foundation, and is registered under number 1963.1.12.
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Josef Albers
1888 - 1976
Homage to the Square: "Despite"
monogrammé et daté 63 (en bas à droite); signé, titré, daté 1963 et inscrit (au dos)
huile sur isorel
101,2 x 101,2 cm ; 40 x 40 in.
Exécuté en 1963.
Cette œuvre sera incluse dans le Catalogue raisonné des Peintures de Josef Albers actuellement en préparation par la Fondation Josef et Anni Albers, et est enregistrée sous le numéro 1963.1.12.
Sidney Janis Gallery, New York
Collection Françoise Mayer and Marc Sohier, Brussels (acquired from the above in 1968)
Thence by descent to the present owner
Hartford, Austin Arts Center, Trinity College, The Art of Josef Albers, 19 April - 7 May 1965, no. 20
Homage to the Square: "Despite", painted in 1963, belongs to the eponymous series that began thirteen years earlier, characterized by three or four nested squares distinguished by ingenious color variations. Each piece follows strict compositional and developmental rules: Masonite panels framed with thin strips, arranged in a square format, with slightly lower-centered squares that occupy a constant ratio of the surface. Albers applied unmixed colors with a palette knife, sometimes adding a varnish to achieve a smooth and consistent finish, with each piece's color details meticulously documented on the back. These squares rise, blend, seem to advance or retreat from the viewer’s gaze, creating an illusion of depth. Such a disciplined approach reveals the genius behind a series that spanned over twenty-five years, led by a master of color and visual perception.
With remarkable economy of means, Albers showcases his mastery over color and tonal values in Homage to the Square: "Despite", one of the larger formats in the series. The central square, in vibrant orange, is framed by ochre hues with subtle shifts. This arrangement opens onto an unexplored space, as if a light emanating from the core infuses life into the surrounding tones. The work vibrates with a force drawn from its essence, its power radiating far beyond its frame. This piece exemplifies a lesson from a master, revealing the often-overlooked power of color to shape space; Despite embodies the very essence of the Homage series.
Drawing from his Bauhaus training and his experience in the United States after 1933, Albers produced work that merges conceptual and optical art, deeply influencing his contemporaries. As a teacher at Black Mountain College and later at Yale University—where he began the Homages—he mentored artists like Kenneth Noland and Robert Rauschenberg, who considered him the most important teacher they had. His work is driven by a profoundly pedagogical spirit: to teach viewers the mechanics of vision and to demonstrate how to see by shifting the task of composing the aesthetic experience from the artist to the observer.
Recognizing early on both the aesthetic power and the artistic insight of Josef Albers, the work, acquired just five years after its creation, was displayed in the family living room, serving as a constant testament to the innovative perspective of the Sohier Mayer couple on contemporary history.
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Homage to the square : « Despite », peint en 1963, s’inscrit dans la série éponyme, qui initiée treize ans plus tôt, se décline en trois ou quatre carrés imbriqués, se différenciant par d’ingénieuses variations de couleurs. Elle suit des règles d’élaboration et de composition strictes : des panneaux d’isorel encadrés de fines baguettes, au format carré, au sein desquels on trouve des carrés légèrement décentrés vers le bas qui occupent une surface au ratio constant. Albers vient y appliquer, sous une lumière savamment disposée, des couleurs non mélangées au couteau, parfois vernies, pour un fini contrôlé et identique de la surface, dont il inscrit méthodiquement les caractéristiques au dos du tableau. Les carrés s’élèvent, se confondent, semblent tantôt venir vers nous ou se dérobent à notre regard pour créer une illusion de profondeur. Un tel programme révèle là tout le génie nécessaire à une série d’une longévité de plus vingt-cinq ans pour celui qui fut un maître de la couleur et la perception visuelle.
Par une remarquable économie de moyens, Albers déploie dans Homage to the square : « Despite » tout son talent pour la maîtrise de la couleur et ses valeurs, dans un format d’envergure, le deuxième plus grand de la série. Le carré central, ici d’un orange vif, se trouve encadré par des teintes ocres aux oscillations subtiles. Nous apercevons une ouverture sur un espace inexploré tant il semble irradier de cet interstice une lumière dont l’éclat donne vie aux teintes proches qui l’enserrent. L’œuvre vibre de la force qu’elle tire de la pureté de son essence, sa puissance déborde largement de son cadre. Voilà la leçon d’un maître nous démontrant les pouvoirs ignorés de la couleur sur l’espace, dont ce Despite incarne la raison d’être des Homages.
De sa formation au sein du Bauhaus, il opère une remarquable synthèse avec l’expérience qu’il tire de sa vie aux Etats-Unis à partir de 1933, pour produire une œuvre, entre art conceptuel et art optique, à l’influence majeure sur ses contemporains. Enseignant au Black Mountain College puis à l’université de Yale où il commença ses Homages, il eut pour élève Kenneth Noland ou Robert Rauschenberg qui le considérait comme le plus important professeur qu’il connut. Car c’est bien une volonté profondément pédagogue qui l’anime : celle d’apprendre au spectateur les mécanismes de la vision et de montrer comment voir en déplaçant de l’artiste à celui qui regarde la charge de composer l’expérience esthétique.
Reconnaissant très tôt à la fois la puissance esthétique et l'enseignement artistique de Josef Albers, l'œuvre acquis seulement 5 années après sa création, était installée dans le salon familial, témoignant en permanence du regard novateur du couple Sohier Mayer sur l'histoire contemporaine.
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