
Livres et Manuscrits des XIX & XXe siècles (lots 99 à 171)
Lettre à René Peter. Juillet 1903. 2 p. Sur la relecture de La Bible d'Amiens.
Lot Closed
June 22, 02:27 PM GMT
Estimate
3,000 - 5,000 EUR
Lot Details
Description
Livres et Manuscrits des XIX & XXe siècles (lot 99 à 171)
PROUST, MARCEL
Lettre autographe à [René Peter].
[Seconde moitié de juillet 1903]
LETTRE PROBABLEMENT INÉDITE.
2 p. in-12 (180 x 114 mm). Filigrane "Au Printemps Paris Nouveau Papier français". Signé "Votre Marcel Proust".
Trace d'onglet.
Très malade, il relit les épreuves de La Bible d'Amiens. Il est resté auprès de sa mère qui l'a été aussi, et a été "affolé par les épreuves de mon livre qui après avoir tant fait attendre m'arrivent toutes à la fois dans un désordre et une inexactitude folle [...] je ne vous ai pas écrit combien ma sympathie pour vous s'était trouvée accrue de vous avoir vu si sensible à la souffrance des arts et si pitoyable ouvrant la mort. Il m'a semblé qu'il y avait là un côté de vous que je ne connaissais pas."
Grâce à Constantin Ullmann, ami de Reynaldo , il a gagné un "argent fou" aux courses. Il demande à son ami de lui dire ses amitiés et de lui expliquer les motifs de sa "disparition" ─ cette lettre précède la lettre du 21 ou 28 juillet dans laquelle Proust se si indigné de l'ignominie de ce Constantin dans laquelle il prie Peter de lui réclamer ses gains (Corr., III, n° 219).
Ayant connu René Peter (1872-1947) enfant, Proust renoue avec lui vers 1903. En 1906, après le décès de sa mère, c'est à Versailles, à l'Hôtel des Réservoir, que Proust s'installe, car son ami y vivait non loin. René Peter a raconté ces souvenirs dans Une saison avec Marcel Proust.
"Mon cher ami
Excusez-moi j'ai été très malade, puis près de maman qui a été immobilisée par un rhumatisme, et affolé par les épreuves de mon livre qui après avoir tant fait attendre m'arrivent toutes à la fois dans un désordre et une inexactitude folle. Et voilà comment pensant souvent avec tristesse aux heures impressionnantes que vous avez dû avoir à Versailles je ne vous ai pas écrit combien ma sympathie pour vous s'était trouvée accrue de vous avoir vu si sensible à la souffrance des arts et si pitoyable ouvrant la mort. Il m'a semblé qu'il y avait là un côté de vous que je ne connaissais pas.
Votre Marcel Proust.
Vous seriez bien gentil de dire à Constantin les motifs de ma disparition. Car j'ai à le remercier d'un argent fou qu'il m'a fait gagner aux courses et je ne l'ai pas fait encore. En attendant que je lui écrive dites-lui mes excuses et mes amitiés."
LITERATURE:
R. Peter, Une saison avec Marcel Proust, éd. D. Brachet, Gallimard, 2005