From the collection of the Brooklyn Museum in New York, Paysage avec êtres tentant de se former (“Landscape with beings attempting to form”) and Paysage en fusion (“Landscape in fusion”) by Jean Dubuffet possess a priceless character. They had been chosen and kept until then in the personal collection of the great American merchant Sidney Janis who represented Jean Dubuffet in the United States during the 1950s. For this major artist of the 20th century, a key player in informal art and theorist of Art Brut: "everything is landscape". Going through his numerous series, we can see that this pictorial genre is omnipresent and constantly renewed in the artist's work.

Realized in the early 1950s after Dubuffet had undertaken three visits to the Sahara Desert with the intention of freeing himself from Western culture, the artist then created landscapes that appear as pictorial magmas that are both lyrical and mysterious.

Jean Dubuffet préparant une toile à New York, circa 1951-52. © Archives Fondation Dubuffet, Paris / Photographe : Kay Bell-Reynal / ADAGP, Paris 2020

These two paintings, dated 1951 and 1952, are part of the Paysages du mental ("Landscapes of the Mind") – or Paysages mentaux ("Mental Landscapes") series that Dubuffet began in 1951. The artist then oscillates between real landscapes, sometimes figurative and imaginary landscapes, completely abstract, where any definite form is denied.








In many paintings of this group (the mental landscapes), I have continually oscillated between the concrete landscape and the mental landscape, sometimes getting closer to one, sometimes to the other.
Dubuffet in "Retrospective Jean Dubuffet", Paris, Editions of the Museum of Decorative Arts, 1961.

In front of these two daring landscapes, the viewer is faced with an uncertainty of scale and reference. Composed of a "high paste" made of a mixture of different materials, shaped and sensual, it lets the painter's gesture to be guessed in a range of reds, ochres, browns and blacks. Their surface, covered with cracks and roughness, is cut into two unequal sections: the earth and the sky, which can be distinguished thanks to a skyline.

The Brooklyn Museum, Brooklyn, NY (Image courtesy of The Brooklyn Museum)

Baptiste Brun, curator of the exhibition "Jean Dubuffet, A Barbarian in Europe" which took place at the Mucem between April and September 2019, underlines the artist's audacity: "One of Dubuffet's desires is to find the sap of provocation. He is someone who is into extreme acute chromatics, who loves materialism, he uses adjuvants for his painting, plaster, thread, hair, pebbles. It shocks his world, but at the same time beyond this provocation, there is really a pleasure to experiment and to open new ways of creation." (Batiste Brun, Jean Dubuffet, “The Protester of the Dominant Culture”, France Culture).

Proceeds from the sale of these two major works from the Brooklyn Museum will be used to support this institution.

LEFT: Lot 5, Dubuffet, Paysage avec êtres tentant de se former (Landscape in Metamorphosis)
RIGHT: Lot 6, Paysage en Fusion (Paysage rouge groseille) (Melting Landscape)

Provenant de la collection du Brooklyn Museum de New York, Paysage avec êtres tentant de se former et Paysage en fusion de Jean Dubuffet possèdent un caractère inestimable. Elles avaient été choisies et conservées jusqu’alors dans la collection personnelle du grand marchand américain Sidney Janis qui représentait Jean Dubuffet aux Etats-Unis, au courant des années 1950. Pour cet artiste majeur du XXe siècle, acteur clé de l’art informel et théoricien de l’Art Brut : « tout est paysage ». En parcourant ses nombreuses séries, on constate que ce genre pictural est omniprésent et sans cesse renouvelé dans l’œuvre de l’artiste.

Réalisés au début des années 1950 après que Dubuffet ait entrepris trois séjours dans le désert du Sahara avec l’intention de s’affranchir de la culture occidentale, l’artiste crée alors des paysages qui apparaissent comme des magmas picturaux à la fois lyriques et mystérieux.

Ces deux tableaux datés de 1951 et 1952 s’inscrivent dans la série des « Paysages du mental » – ou « Paysages mentaux » que Dubuffet débute en 1951. L’artiste oscille alors entre paysages réels parfois figuratifs et paysages imaginaires, complètement abstraits où toute forme définie est niée.

Dans de nombreux tableaux de ce groupe (les paysages mentaux), j’ai oscillé continuellement entre le paysage concret et le paysage mental, me rapprochant tantôt de l’un, tantôt de l’autre.
Dubuffet dans "Rétrospective Jean Dubuffet", Paris, Éditions du Musée des arts décoratifs, 1961

Jean Dubuffet préparant une toile à New York, circa 1951-52. © Archives Fondation Dubuffet, Paris / Photographe : Kay Bell-Reynal / ADAGP, Paris 2020

Devant ces deux paysages audacieux, le spectateur est face à une incertitude d’échelle et de repère. Composés d’une « haute pâte » faite d’un mélange de différents matériaux, modelée et sensuelle, elle laisse deviner le geste du peintre dans une gamme de rouges, ocres, bruns et noires. Leur surface heurtée de fissures et aspérités est découpée en deux pans inégaux : la terre et le ciel que l’on distingue grâce à une ligne d’horizon.

Baptiste Brun, commissaire de l’exposition « Jean Dubuffet, un barbare en Europe » qui a eu lieu au Mucem entre avril et septembre 2019, souligne l’audace de l’artiste : « L’un des désirs de Dubuffet, c’est de retrouver la sève de la provocation. C’est quelqu’un qui est dans des chromatismes extrêmes aigus, qui aime beaucoup le matérialisme, il utilise des adjuvants pour sa peinture, des plâtres, de la filasse, des cheveux, des cailloux. Ça choque son monde, mais en même temps au-delà de cette provocation, il y a vraiment un plaisir d’expérimenter et de frayer de nouvelles voies de création. » (Batiste Brun, Jean Dubuffet, le contestataire de la culture dominante, France Culture).

La recette de la vente de ces deux œuvres majeures du Brooklyn Museum servira à soutenir cette institution.