Executed at the beginning of 1909, Tête d’homme is emblematic of the last works created by Picasso in his Bateau-Lavoir studio. Picasso moved to this studio in 1905 and left it a few months after completing the present work.

The year 1909 was a year of important transition for Picasso. His works from this period are a continuation of his legendary 1907 paintings, marked by the revolution of the Demoiselles d’Avignon (The Museum of Modern Art, New York). This famous painting was, moreover, still hanging in the Bateau-Lavoir studio when Picasso executed Tête d’homme. If the influence of Demoiselles d’Avignon is perceptible, with its broken lines and mask-like faces inspired by the African masks that Picasso owned, a clear development has however taken place.

Picasso in his studio in the Bateau Lavoir, 1908. Photography by Gelett Burgess. Musée Picasso, Paris. © Succession Picasso 2020. © Droits réservés. Photo © RMN-Grand Palais (Musée national Picasso-Paris) / Madeleine Coursaget.

The aesthetic of the 1908-09 works is less radical than the works of 1906-1907 and is marked by more diverse influences. The new artistic and amicable complicity between Braque and Picasso played a fundamental role in this respect. Braque had already assimilated Cézanne’s teachings and Picasso, marked by the landscapes painted by Braque during his stay in L’Estaque during the summer of 1908, adopted at this period “Braque’s Cézannian in-depth study” (Pierre Daix, ‘Les étapes chez Picasso de la découverte du cubisme’, in Picasso cubist, exhib. cat., Paris, Musée Picasso, 2007-08, p.27). As John Golding emphasizes, it was “thanks to Braque’s example and enthusiasm that Picasso was led to a deeper understanding of Cézanne” (in Cubism, Boston, 1968, p.69). This development will remain so until 1910. Picasso’s proximity to Braque and the influence of Cézanne’s palette are evident in the chromatics of the present work, where the colours are reduced to a palette of greys, beiges and browns, which dominate the majority of works painted between the summer of 1908 and the spring of 1909.

Pablo Picasso, Homme nu aux bras croisés, 1909. Hermitage Museum, Saint Petersburg. © Succession Picasso 2020. © akg-images.

Less apparent than in the cubist works of the Demoiselles d’Avignon period, the influence of tribal art on Tête d’homme is no less significant, as shown by the stylized features of the face which echo several masks that Picasso kept in his Bateau-Lavoir studio. In a similar fashion to other works from this period, the forms remain sculptural, summarized to the maximum, endowing the personage with the presence of a fixed, totemic figure held in a sense of eternity.

Picasso left definitively the Bateau-Lavoir studio, situated on rue Ravignan, a short while after painting this work, and travelled to Barcelona for several months. On his return, he moved to a new studio on Boulevard de Clichy. Tête d’homme thus appears as one of the last testimonies to the legendary Bateau-Lavoir period which saw the birth of so many masterpieces by Picasso and so many artistic revolutions.

Pablo Picasso, Tête de femme (Fernande), 1909. Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia, Madrid. © Succession Picasso 2020

Exécuté au début de l’année 1909, Tête d’homme est emblématique des dernières œuvres créées par Picasso dans son atelier du Bateau-Lavoir. Picasso s’est installé dans cet atelier dès l’année 1905 et le quittera quelques mois à peine après l’achèvement du présent tableau.

L’année 1909 est une année de transition importante pour Picasso. Ses œuvres de l’époque s’inscrivent dans le prolongement de ses tableaux mythiques de l’année 1907, marqués par la révolution des Demoiselles d’Avignon (The Museum of Modern Art, New York). Le célèbre tableau est d’ailleurs encore installé dans l’atelier du Bateau-Lavoir au moment où Picasso exécute Tête d’homme. Si l’influence des Demoiselles d’Avignon, avec ses lignes brisées et son inspiration puisée dans les masques africains que possédait Picasso est perceptible, une nette évolution s’est cependant déjà amorcée. Présentant une esthétique moins radicale que les œuvres des années 1906-07, les œuvres de 1908-09 sont marquées par des influences plus diverses. La nouvelle complicité, artistique et amicale, entre Braque et Picasso joue à ce titre un rôle fondamental. Braque a alors déjà fait siens les enseignements de Cézanne et Picasso, marqué par les paysages peints par Braque lors de son séjour à l’Estaque au cours de l’été 1908, adopte dès cette période l’"approfondissement cézannien de Braque" (Pierre Daix, "Les étapes chez Picasso de la découverte du cubisme", in Picasso cubiste, cat. exp., Paris, Musée Picasso, 2007-08, p. 27). Ainsi que le souligne John Golding, c’est "grâce à l’exemple et à l’enthousiasme de Braque que Picasso a été conduit à une compréhension plus profonde de Cézanne" (in Cubism, Boston, 1968, p. 69). Cette évolution restera notable jusqu’en 1910. La proximité de Picasso avec Braque et l’influence de la palette cézannienne sont évidentes dans le chromatisme du présent dessin, où les couleurs se réduisent à une palette de gris, de beiges et de bruns, lesquels dominent la majorité des œuvres peintes entre l’été 1908 et le printemps 1909.

Moins apparente que dans les œuvres cubistes de la période des Demoiselles d’Avignon, l’influence de l’art tribal sur Tête d’homme n’en demeure pas moins prégnante, ainsi qu’en atteste la stylisation des traits du visage qui fait écho à plusieurs masques que Picasso conservait dans son atelier au Bateau-Lavoir. De la même manière que dans les autres tableaux majeurs de cette période, les formes restent sculpturales, synthétisées à leur maximum, conférant au personnage représenté la présence d’une figure totémique figée dans un sentiment d’éternité.

Picasso quittera définitivement l’atelier du Bateau-Lavoir, situé rue Ravignan, très peu de temps après l’exécution de cette œuvre, pour un voyage à Barcelone de plusieurs mois. A son retour, il s’installe dans un nouvel atelier boulevard de Clichy. Tête d’homme apparait ainsi comme l’un des derniers témoignages de la période mythique du Bateau-Lavoir qui vit naître tant de chefs d’œuvre de Picasso et tant de révolutions plastiques.

© Succession Picasso 2020