Vingt années auront été nécessaires pour réunir un tel ensemble de sculptures. Tout au long de ces années, une ligne directrice a prévalu : l’attrait pour la terre cuite et l’intérêt pour des maitres trop méconnus eut égard à leur grand talent. La terre cuite a permis aux artistes de modeler le visage de leurs contemporains en leur insufflant de la vie. Travaillée de manière lissée ou plus heurtée, la matière reste fidèle à la réalité d’un visage, transcrivant sa beauté comme sur le buste de Madame Perrière de Mausny par Jean-Louis Couasnon, jeune élégante à la perruque agencée avec recherche, ou bien le poids des ans, comme sur le portrait de Vernet, où le modèle avait préféré paraître à l’antique plutôt que vêtu à la mode de son temps. Elle offre aussi la possibilité de témoigner de la pompe d’une fonction en s’attachant à décrire par le menu tous les éléments d’un habit. La rare effigie de l’échevin lyonnais Jacques Jolyclerc par Clément Jayet est en cela exemplaire. 

         
Lot 183

Au même titre que le dessin, la terre cuite témoigne aussi du geste créateur. Préparatoire à une œuvre plus monumentale exécutée dans un autre matériau, pierre, marbre ou bronze, elle a été recherchée dès le Siècle des Lumières par les amateurs afin de prendre place dans leurs collections. Ainsi en fut-il des œuvres de Francesco Ladatte, livrées vers 1745 comme modèles de fontaines ou de bronzes d’ameublement. Cette demande constante a d’ailleurs rapidement conduit les sculpteurs à créer de petits groupes qui sont venus décorer les intérieurs, certains sujets de faunes connaissant ainsi, à la suite des créations de Clodion, un succès grandissant. Ceux de Berruer et de Surugue ici présentés en constituent, par leur brio et l’énergie qui les animent, une précieuse illustration.


Lot 177 (l’un d’une paire) ; Lot 171 ; Lot 178

Œuvres de petites dimensions, ils offrent à celui qui les regarde et les possède la possibilité de les manipuler et d’en découvrir à loisir tous les aspects. Cette fusion presque charnelle entre le collectionneur et ses œuvres explique les choix qui ont été faits tout au long de ces années de quête de la pièce nouvelle. Le souhait de mieux connaître les créations d’artistes ayant travaillé à Paris comme à Bordeaux, à Toulouse, à Langres ou bien encore à Lyon explique aussi le choix des maîtres représentés et témoigne d’une volonté d’illustrer le développement de la sculpture dans les grands centres urbains en région, qui disputaient à Paris sa suprématie.


Mobilier, Sculptures et Objets d'Art

14 MAY 2014 | PARIS


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