84
84
Monolithe (atal), Ejagham-Bakor, Nigeria
Лот продан 720,750 EUR (Цена продажи с учетом процента покупателя)
ПЕРЕЙТИ К ЛОТУ
84
Monolithe (atal), Ejagham-Bakor, Nigeria
Лот продан 720,750 EUR (Цена продажи с учетом процента покупателя)
ПЕРЕЙТИ К ЛОТУ

Details & Cataloguing

Arts d'Afrique et d'Océanie

|
Париж

Monolithe (atal), Ejagham-Bakor, Nigeria

Происхождение

Collection Alain Javelaud, 1978
Collection privée

Публикации

Dulon, Collection Alain Javelaud, 2008, p. 62-63
Lebas, Arts du Nigeria dans les collections privées françaises, 2012, n° 79

Описание в каталоге

C’est en 1905, dans son ouvrage Cross River Natives, que Charles Partridge mentionne pour la première fois l’existence, dans la région de la Moyenne Cross River, d’impressionnantes pierres en basalte figuratives (Partridge, 1905, p. 269-270), aujourd’hui communément appelées atal (« pierre ») et datées d'avant le XVe siècle" (RMN, 2000, p. 138). La découverte est immédiatement comparée par Hamilton (in Man, 1905, V, n° 23) à celle de l'art du Royaume de Benin et en 1915, Carl Einstein, dans Negerplastik, publie la seule pierre sculptée alors parvenue en Europe : celle acquise de Staschewski en 1909 par le Museum für Völkerkunde de Berlin. Le corpus de cet art lithique - très rare sur le continent africain - est enfin établi en 1968 par l’officier britannique Philip Allison, qui répertorie quelque trois-cents monolithes, précisément répartis sur vingt-neuf sites du pays Bakor (clan Ejagham du Nord-Est). Acquis en 1978, ce monolithe, choisi pour représenter les Arts du Nigeria dans les collections privées françaises (2012) en constitue, sans aucun doute, le chef-d’œuvre.

Selon Allison, ces monolithes ancestraux étaient érigés isolés ou par groupes, arrangés dès lors en cercles en des lieux réservés aux abords des villages, où se tenaient les activités communautaires. Provenant des affluents de la Cross River où ils avaient été polis par les courants, les rochers en basalte de forme phallique étaient hissés hors de l’eau avant d’être ouvragés par les sculpteurs. Pour Ekpo Eyo (in RMN, 2000, p. 140), « chacune des pierres sculptées est supposée représenter un ancêtre, une figure légendaire ou historique, ou encore l’emblème d’une société secrète ». C’est à l’intérieur du cercle des monolithes que se déroulaient les cérémonies d’initiation de chaque nouvelle classe d’âge, appelant ainsi à la protection des ancêtres.

La provenance exacte de ce monolithe, ne figurant pas dans l'ouvrage d'Allison, demeure incertaine. Cependant, l'étude des différents styles de sculpture, coïncidant avec la géographie des clans Bakor, permet de l'attribuer aux Nnam et plus précisément - pour la fluidité de la forme (absence du cou), le prolongement de la barbe jusqu'au nombril, les sourcils en nodules et la profusion des motifs en spirale -, au sous-clan Nkrigor Nselle (district d'Ikom). Voir Allison (1968, n° 25-30) pour des sculptures stylistiquement comparables.

Si la barbe piriforme, l'importance du nombril saillant et la richesse des parures corporelles (notamment les marques identitaires : chéloïdes temporales en forme de virgule et scarifications s'étirant à l'oblique sur les joues) constituent les caractéristiques classiques du corpus, ici s'impose la saisissante beauté de l'œuvre. A la puissance de l'expression répondent l'épure de la forme, l'exceptionnel raffinement du décor en volutes et la très rare douceur des modelés, offrant dans l'univers de la sculpture sur pierre le degré le plus remarquable d'accomplissement : associant la force et le sensible. 

Ejagham-Bakor monolith (atal), Nigeria

In 1905, in his book entitled Cross River Natives, Charles Partridge mentioned for the first time the existence, in the region of the Middle Cross River, of striking figurative basalt stones (Partridge, 1905, p. 269-270), generally known nowadays as atal ("stone") and dating back to before the 15thcentury (RMN, 2000, p. 138). This discovery was immediately compared by Hamilton (in Man, 1905, V, no. 23), to that of the kingdom of Benin and, in 1915, in Negerplastik, Carl Einstein published images of the only carved stone which had then reached Europe, the example acquired from Staschewski in 1909 by the Berlin Museum für Völkerkunde. This corpus of lithic art (which is very rare in Africa), was definitively established in 1968 by the British officer Philip Allison, who listed some three hundred monoliths, precisely distributed over twenty-nine sites in Bakor country (North Eastern Ejagham clan). Acquired in 1978, this monolith was published in the Arts of Nigeria in French Private collections ( Arts du Nigeria dans les collections privées françaises ,2012) and is the undoubted masterpiece of this style.

According to Allison, these ancestral monoliths were erected singly or in groups. In the latter case they were arranged in circles on reserved sites on the outskirts of villages where community activities were held. These phallic basalt rocks were originally found in the tributaries of the Cross River, where they had been polished by the current, and were then hoisted out of the water and carved by sculptors. According to Ekpo Eyo (in RMN, 2000, p. 140), "Each carved stone is supposed to represent an ancestor, a legendary or historic figure, or the emblem of a secret society." Initiation ceremonies for each new age group took place within the circle of monoliths, thus conjuring the protection of the ancestors.

The exact origin of this monolith is not included in the work of Allison and therefore remains uncertain. However, the study of different styles of sculpture, which coincides with the geography of the Bakor clans, makes an attribution to the Nnams possible and more specifically - taking into account the flowing lines (no neck), the extension of the beard all the way down to the navel, the nodule eyebrows and the profusion of spiral patterns - to the Nkrigor Nselle sub-clan (Ikom District). See Allison (1968, n° 25-30) for stylistically comparable sculptures.

Although the pyriform beard, the prominence of the protruding navel and the wealth of body adornments (including identifying markings such as comma-shaped temporal keloids and scars stretching at an angle on the cheeks) are all typical features of the corpus, the striking beauty is what stands out most in the case of the offered lot. The force of the expression is echoed in the pared down beauty of the outlines, the exceptionally elaborate adornments and the rare smoothness of the outline, which all combine to achieve the highest level of accomplishment in the world of stone carving: a unique blend of strength and sensitivity. 

Arts d'Afrique et d'Océanie

|
Париж