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Apollinaire, Guillaume
CASE D'ARMONS. AUX ARMÉES DE LA RÉPUBLIQUE, 1915.
Stima
100.000150.000
Lotto. Venduto 108,750 EUR (Prezzo di aggiudicazione con commissione d'acquisto)
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Apollinaire, Guillaume
CASE D'ARMONS. AUX ARMÉES DE LA RÉPUBLIQUE, 1915.
Stima
100.000150.000
Lotto. Venduto 108,750 EUR (Prezzo di aggiudicazione con commissione d'acquisto)
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Details & Cataloguing

Livres et Manuscrits

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Parigi

Apollinaire, Guillaume
CASE D'ARMONS. AUX ARMÉES DE LA RÉPUBLIQUE, 1915.

édition originale. Plaquette in-8 (210 x 144 mm), brochée, sous couverture de papier bleu d'écolier, vignette illustrée collée sur le plat supérieur. Le verso du vingtième feuillet "Carte postale à Jean Royère" est manuscrit.
Exemplaire extrêmement fragile, décousu à la gouttière. La couverture a été rognée, sans doute en préparation pour une reliure.

Corrections et ajouts autographes aux poèmes Mutation, Venu de Dieuze, Vers le Sud, La nuit d'avril 1915, Loin du pigeonnier, S.P., Reconnaissance et Visée
.

Édition originale très rare. L'ouvrage a été tiré à 25 exemplaires, celui-ci n° 15, justifié à la main par l'auteur et signé de ses initiales.

envoi autographe signé mais découpé : "[...] très cordial hommage du brigadier Guillaume Apollinaire. 20 juin 1915".

Victor Martin-Schmets a établi, en 2011, le census des exemplaires de Case Armons comme suit :
Exemplaire Berthier (n° 0), envoi daté du 21 juin 1915
Exemplaire Ardengo Soffici (n°1)
Exemplaire Ambroise Vollard (n° 2), envoi daté du 19 août 1915
Exemplaire Alberto Magnelli (n° 3), envoi daté du 19 octobre 1915
Exemplaire André Lefèvre (n° 5)
Exemplaire Madeleine Pagès (n° 6), envoi daté du 5 août 1915
Exemplaire Jean Royère (n° 9)
Exemplaire Louise Faure-Favier (n° 11), envoi daté du 20 juin 1915
Exemplaire Joseph Granié (n° 12), envoi daté du 20 juin 1915
Exemplaire Gabrielle et Francis Picabia (n° 19), envoi daté du 21 juillet 1915
Exemplaire André Level (n° 24), envoi daté du 20 juin 1915
Exemplaire Lucien Bodard (n° 25), envoi daté du 20 juin 1915
Deux exemplaires envoyés à des destinataires non identifiés ont également été localisés.

On sait par ailleurs que l'exemplaire de Lou est le numéro 14, qu'un exemplaire alla vraisemblablement à Chirico et un autre à Remy de Gourmont qui le mentionne dans une note du 2 juillet 1915. 

L'exemplaire présenté ici n'est jamais mentionné. Ce qui porte aujourd'hui le census à 18 exemplaires.


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Bibliografia

Remy de Gourmont, Dans la tourmente, Crès, 1916,
pp. 85-88 - Victor Martin-Schmets, Envois d'Apollinaire, II, p. 85, in Le Livre et l'Estampe, n° 176, 2011.

Nota a catalogo

En mai 1915, Apollinaire décide d'imprimer ces 21 poèmes pour venir en aide aux artilleurs de sa batterie, et commence à vendre le recueil par souscription. Il imprime les bulletins sur un papier brun d'emballage récupéré. Le projet initial annonçait 55 exemplaires, au prix de 20 francs, et 5 sur grand papier, au prix de 50 francs ; mais il se révéla que leur réalisation dépassait les possibilités techniques du petit atelier d'impression militaire. L'ouvrage fut "tiré à l'autocopiste" par les maréchaux des logis Bodard et Berthier, à seulement 25 exemplaires, à l'encre violette sur un mauvais papier quadrillé. Les couvertures furent réalisées avec du papier d'écolier. On employa pour gardes des feuilles du Bulletin des armées.

Dans une lettre adressée à André Level, Apollinaire lui indique comment il prévoit d'utiliser le produit de la souscription :
"1/2 pour les bléssés du Front, l'aumonier Mitré en disposera,
1/4 pour une bonne oeuvre spéciale sur laquelle je me permet de garder  le secret mais qui n'a rien à voir avec moi ni avec personne de ma parenté ; vous n'en doutez pas
1/4 pour le bureau de l'échelon qui s'est occupé du tirage et qui viendra boire ce quart transformé avec vous...". (Lettre d'Apollinaire à André Level reliée dans son exemplaire de Case d'Armons. Vente "Guillaume Apollinaire", Drouot 10 avril 1987, lot 51).
"La bonne oeuvre spéciale" qu'Apollinaire garde secrète est Lou qu'il héberge alors dans son "pigeonnier", boulevard Saint Germain. Le poème du recueil "Loin du pigeonnier" lui est dédié.

Les conditions difficiles de sa fabrication expliquent l'autre caractéristique remarquable de l'ouvrage : les textes, très pâles, ont dû être largement repassés à la main, ce qui fait de Case d'Armons un objet intermédiaire entre l'édition originale manuscrite et l'édition originale imprimée. Apollinaire s'est même permis d'ajouter ou d'altérer certains passages. Chaque exemplaire est donc différent.
Dans cet exemplaire, les poèmes Mutation, Venu de Dieuze, Vers le Sud, La nuit d'avril 1915, Loin du pigeonnier, S.P., Reconnaissance et Visée ont été retouchés par l'auteur.

Début juin, Apollinaire apprendra avec dépit que tout commerce est interdit aux Armées, et il enverra en grande hâte une lettre à son secrétaire, le "baron" Jean Mollet, pour lui demander de retirer de la circulation les bulletins de souscription. De ce fait, seuls quelques relations sûres souscriront, tous les exemplaires étant commandés par de très proches amis du poète.

Tout comme les exemplaires dédicacés à ses plus proches amis Louise Faure-Favier, Lucien Bodard, Joseph Granié ou André Level, tous dédicataires de poèmes du recueil, cet exemplaire fut envoyé le premier jour de parution, le 20 juin 1915.
On peut dès lors imaginer que cet exemplaire fut envoyé à l'un de ses compagnons de guerre le maréchal des logis Bonafi, dédicataire du poème Venu de Dieuze ou le maréchal des logis-chef Piot, dédicataire d'Echelon ou encore à d'André Rouveyre, dédicataire de Fête.

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