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Masque, Guéré, Côte d'Ivoire
Stima
120.000180.000
Lotto. Venduto 576,750 EUR (Prezzo di aggiudicazione con commissione d'acquisto)
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Masque, Guéré, Côte d'Ivoire
Stima
120.000180.000
Lotto. Venduto 576,750 EUR (Prezzo di aggiudicazione con commissione d'acquisto)
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Details & Cataloguing

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Parigi

Masque, Guéré, Côte d'Ivoire

Provenienza(e)

Collecté en Côte d'Ivoire au début des années 1970
Collection Nathalie Chaboche et Guy Porré

Bibliografia

Boyer, Girard, Rivière, Arts premiers de Côte d'Ivoire, 1997, p. 67, n° 52

Nota a catalogo

La conception plastique éminemment audacieuse de cette sculpture offre la plus saisissante vision de l'expressionnisme des masques de guerre Wè et Guéré. Portant à son paroxysme l'esthétique de la force, l'œuvre s'impose, par la modernité de sa forme, comme le chef-d'œuvre d'un corpus dont la création s'est arrêtée au début du XXe siècle, avec la pacification de la région occidentale de la Côte d'Ivoire.

A la puissance des traits, s'élargissant à mesure qu'ils se projettent dans l'espace, répond de face le mouvement incertain du contour cintré, accentuant dans le contraste des proportions la remarquable dynamique des volumes. Si chaque élément du visage humain est présent – front en visière, double rangée d'yeux (en demi-sphères et tubulaires), nez busqué dont les ailes surplombent la bouche ouverte occupant toute la largeur de la face – la concentration du rythme et la libre interprétation des formes font « surgir l'inconnu plutôt qu'elles n'ordonnent le connu » (Georges Meurant, 2008, p. 141).

Commune à l'ensemble des peuples du Sud-Ouest ivoirien, l'institution du masque guerrier s'inscrivait, à l'époque précoloniale, dans un phénomène de guerre couvrant, « au-delà de ses enjeux réels, un vaste champ culturel (récits épiques, art musical et chorégraphique) » (Dozon, 1985, p. 172). Les diverses sociétés régissant la communauté revendiquent l'histoire d'une pratique et d'une idéologie guerrières, qu'elles soient d'origine Krou (Guéré, Bété, Dida, Wè, etc) ou Mandé (Dan, Guro). Selon toute vraisemblance, la puissante institution de masques auxquels ce phénomène a donné naissance a pour origine les peuples Wè/Guéré, dont les masques à la figure volontairement terrifiante constituent l'archétype (Gnonsoa in AFAA, 1989, p. 112).

La pacification de cette vaste région lors de la conquête coloniale a rendu caduque l'intervention des masques guerriers. Certains ont cependant été "convertis" en masques danseurs (Verger-Fèvre in Barbier-Mueller, 1992, p. 155). Les nombreuses chevilles, en fer et en bois, qui en ponctuent les côtés, indiquent qu'il était vraisemblablement paré d'une lourde collerette d'éléments rapportés (dents, fibres, etc.). Voir Barbier-Mueller (idem, vol. II, p. 83, n° 135), pour un masque guerrier Wè ayant conservé ses atours. S'il a gardé, au sommet, son fer rituel qui rappelle la puissance dont il était investi, ce rare et ancien masque guerrier s'impose à nous par la seule - et magistrale - force de sa sculpture.

Guere mask, Ivory Coast

The remarkably bold design of this sculpture is one of the most striking examples of the expressionism of We and Guere warrior masks. This mask brings the aesthetics of force to a climax, making it, in its pioneering formal innovation, the undisputed masterpiece of a corpus whose production ended in the early 20th century, with the pacification of the western region of Côte d'Ivoire. 

The powerful features, which grow wider as they stretch out from the centre of the face, are echoed in the indeterminate movement of the forward-facing curved contour, with the contrast of their proportions emphasising the remarkably dynamic outlines. Although each feature of the human face is depicted - a protruding forehead, a double row of eyes (both hemispheric and tubular) and a hooked nose, whose nostrils extend over the open mouth and along the full width of the face - the deliberate concentration of rhythm and the free interpretation of forms "give rise to the unknown more than they arrange that which is known" (Georges Meurant, 2008, p. 141).

In pre-colonial times, the institution of the warrior-mask - shared by all the people of the south-western region of Côte d'Ivoire - was part of a warmongering phenomenon that went "far beyond the immediate stakes of the battle and encompassed a wide cultural field (epic tales, music and dance)" (Dozon, 1985, p. 172). The various societies governing the community all boast a history of warmongering practices and ideology, whether they be of Kroo descent (Guere, Bete, Dida, We, etc.) or of Mande descent (Dan, Guro). In all likelihood, the powerful mask institution that arose from this phenomenon has its origins in the masks of the We/Guere people, the deliberately terrifying face of which is the archetypal emblem of the style (Gnonsoa in AFAA, 1989, p. 112).

The pacification of this vast region during the colonial conquest rendered the intervention of warrior masks obsolete. However, some of them were "converted" into dancing masks (Verger-Fèvre in Barbier-Mueller, 1992, p. 155). The numerous iron and wood pegs dotting the sides indicate that it was probably adorned with a collar weighed down by added elements (teeth, fibre, etc.). See Barbier-Mueller (ibid, vol., II, p. 83, n° 135), for a We warrior mask with intact accoutrements. Although it retains its crowning ritual iron ornament, which serves as a reminder of the power it was vested with, this rare and ancient warrior mask stands out through the sheer, and awe-inspiring, force of its carving.

Arts d'Afrique et d'Océanie

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