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Louis-Michel Van Loo
UNE ESPAGNOLE JOUANT DE LA GUITARE
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Louis-Michel Van Loo
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Details & Cataloguing

Old Master Paintings and Drawings

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Paris

Louis-Michel Van Loo
TOULON 1707 - 1771 PARIS
UNE ESPAGNOLE JOUANT DE LA GUITARE
Signé et daté en bas à droite, sur la chaise L. M. Van Loo 1769

Huile sur toile


114 x 86 cm ; 44 7/8 by 33 7/8 in.
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Provenance

Paris, Salon de 1769, no. 4;
Ancienne collection S.A.S. Monseigneur le Prince de Conti;
Sa vente, Paris, 1777, no. 718 (avec Une Allemande jouant de la harpe, pour 300 francs).

Bibliographie

E. Dacier, Catalogues de ventes et livrets de Salon illustrés par Gabriel de Saint-Aubin, vol. VI, Paris, 1911, p. 73, avec la reproduction en fin d'ouvrage du livret du Salon de 1769;
Diderot, Salons IV. Héros et martyrs. Salons de 1769, 1771, 1775, 1781, Paris, éd. 1995, pp. 22-23.

Description

Après avoir obtenu le Premier Prix à l'Académie Royale en 1725, Louis-Michel Van Loo séjourna à Rome de 1727 à 1732. De retour à Paris, il fut reçu académicien l'année suivante dans la catégorie des peintres de portraits. En 1737, il devint peintre officiel de la cour de Philippe V d'Espagne à Madrid, et participa également à la fondation de l'Académie de Madrid en 1752. Bien qu'ayant surtout remporté un vif succès dans la peinture de portraits, Van Loo n'en demeurait pas moins doué pour les scènes de genre, y mêlant le souci du détail et de la physionomie à une atmosphère plus intimiste.

Ce tableau fut exposé au Salon de 1769 sous le titre que nous lui connaissons, Une Espagnole jouant de la guitare. Il peut être considéré comme le pendant d'une composition de même format que l'artiste présentait sous un autre numéro au Salon cette année-là, Une Allemande jouant de la harpe (Collection particulière). En effet, les trois gentilshommes qui écoutent attentivement la jeune harpiste semblent également assister au concert à la guitare. Ces deux compositions furent également illustrées par des dessins de Gabriel de Saint-Aubin dans son livret du Salon de 1769. Par ailleurs, elles ont fait parties de la collection du prince de Conti et ont été vendues ensemble, comme un seul lot, en 1777.

Dans sa critique du Salon (3e lettre à Grimm), Diderot, bien qu'affirmant une nouvelle fois l'exigence de son goût, admirait les charmes de l'Espagnole : "L'éloge de ce morceau est un rendu précieux, des objets bien en perspective, un accord tranquille, quoique avec éclat ; et puis les plus belles draperies."
(Diderot, op. cit., éd. 1995, p. 23)

Louis-Michel Van Loo trouva certainement son inspiration dans les œuvres de son oncle, Carle Van Loo, qui, quelques années auparavant, développait ce même thème du concert dans La Conversation espagnole datée 1754 et exposée au Salon de 1755 (Saint-Pétersbourg, Musée de l'Ermitage).

La composition de l'Espagnole atteste dans son ensemble d'une grande maîtrise de la mise en scène. Par leurs attitudes et expressions variées, les personnages de cette audience exclusivement masculine donnent le ton et accordent à la jeune femme l'attention qu'elle mérite. Le talent de Van Loo se manifeste encore dans le rendu des vêtements, de lourds drapés révélant toute la richesse de la robe de satin blanc de la musicienne ou du manteau de velours rouge de l'un des gentilshommes.


A SPANISH WOMAN PLAYING GUITAR

Signed and dated lower right, on the chair
Oil on canvas

After being awarded the First Prize at the Académie Royale in 1725, Louis-Michel Van Loo moved to Rome from 1727 to 1732. In 1733, when he had returned to Paris, he was received into the Academy as a portrait painter. By 1737 he had become the official court painter for Philip V of Spain in Madrid, and participated in the founding of the Madrid Academy in 1752. Though his overwhelming success was in portraits, he was no less skilled in genre scenes, mixing his attention for detail and physiognomy to a more intimate atmosphere.

The work was displayed at the Salon of 1769 with its present title. It can be considered as the pendant to a composition of the same format, 'A German woman playing the harp' (Private Collection), which the artist presented at the Salon under a different number that same year. Indeed, the three men who listen closely to the young harpist seem to be the same ones listening to the guitarist. In Gabriel de Saint-Aubin's livret of the 1769 Salon we also find two drawings of the compositions. Besides they were once part of the Prince of Conti's collection and were sold together, as a single lot, in 1777.

Although Diderot highlighted once again in his third letter to Grimm the requirements of his tastes, he was seduced by the charms of the Spanish woman: "A fine work well worth praising : the perspective is well understood, a calm if hearty balance pervades ; and of course, we find the finest of draperies" (Diderot, Salon IV. Héros et martyrs. Salons de 1769, 1771, 1775, 1781, Paris, ed. 1995, p. 23).

The artist drew inspiration for the present painting from the work of his uncle, Carle Van Loo, who had developed the same concert theme in 'The Spanish Conversation', a painting which dates from 1754 and was exhibited at the 1755 Salon (today in the Hermitage, St Petersburg).

The composition of the present work displays a deep understanding of the mise en scène. The attitudes and varied facial expressions of the exclusively male audience set the tone and pay the young lady the respect that she deserves. Van Loo's talent shines through once again in the execution of the clothing, the heavy drapery revealing the full extent of the richness of the white satin dress of the musician and the red velvet coat of one of the men in the audience.

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