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Statue Nkonde, Kongo, République Démocratique du Congo
KONGO NKONDE FIGURE, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO 
Estimation
150 000200 000
Lot. Vendu 199,500 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Statue Nkonde, Kongo, République Démocratique du Congo
KONGO NKONDE FIGURE, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO 
Estimation
150 000200 000
Lot. Vendu 199,500 EUR (Prix d’adjudication avec commission acheteur)
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Details & Cataloguing

Arts d'Afrique et d'Océanie / African & Oceanic Art

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Paris

Statue Nkonde, Kongo, République Démocratique du Congo
KONGO NKONDE FIGURE, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO 

Provenance

Collection William O. Oldman (1879-1949), Londres
Collection privée, Belgique 
Collection Bernd Muhlack, Kiel 
Collection privée européenne 

Bibliographie

Hales et Conru, W.O. Oldman. The Remarkable Collector, 2016, p. 128, n° 137

Description

Considéré comme l’un des plus grands marchands et collectionneurs de son temps, William O. Oldman est principalement connu pour sa passion pour l’art polynésien, en particulier Maori. Mais il fut également un fervent collectionneur d’art africain. Dans ce domaine, « son intérêt se conformait généralement à l’offre provenant des possessions coloniales anglaises et dans ses choix se révélait un œil aussi raffiné que celui développé pour l’art polynésien. […] Pourtant, la plus grande collection d’art africain qu’il documenta ne provenait étonnamment pas d’un territoire anglais mais du Congo Belge » (Hales et Conru, W. O. Oldman. The Remarkable Collector, 2016, p. 30). Sur l’une de ses photographies d’archives figure cette impressionnante statue Kongo, accompagnée du commentaire manuscrit : « d’une très grande ancienneté » (idem, p. 128).

Au sein du corpus de la grande statuaire « à clous » du Bas-Congo, cette œuvre se distingue par l’exaltation conjuguée de la force et d’une beauté naturaliste. « Les nkonde de grande dimension appartiennent soit à la communauté, qui les utilise lors de la prestation de serments ou de la formulation des vœux, soit au clan ou au lignage, le plus souvent dans un but de protection » (Felix, Arts & Kongos, 1995 p. 67). La pose du personnage - debout, main gauche sur la hanche, main droite levée brandissant à l’origine une arme - contribue au pouvoir de protection qui lui était conféré. Appelée telama lwinbanganga, elle était adoptée par la noblesse Kongo et par les devins, en signe d’autorité (Farris-Thompson in Falgayrettes-Leveau, Le Geste Kôngo, 2002, p. 74). La profusion d’anciens fers autochtones (lames et clous) envahissant le buste rappelle les actions qui ont scellé l’histoire de la communauté.

Tandis que la forme ovoïde du visage et le détail des dents taillées en pointe la rattachent aux styles développés par les Kongo-Vili, l’individualité artistique du sculpteur se révèle dans le naturalisme de l’interprétation. Se distingue en particulier le raffinement accordé au traitement du dos (colonne vertébrale et omoplates délicatement figurées) et des doigts. Si les archives Oldman n’en précisent pas la provenance, cette statue nkonde a été très vraisemblablement acquise entre 1919 et 1921, soit auprès de Serrin (5 juillet 1919) ou d’Henry Pareyn (27 avril 1920), soit enfin de François Poncelet (octobre 1921). A son évidente très grande ancienneté répond, dans ce manifeste de force et de sensibilité, l’individualité artistique d’un grand sculpteur Kongo.

Regarded as one of the greatest art dealers and collectors of his time, William O. Oldman is known for his passion for Polynesian art, and especially Maori art. Yet he was also an avid collector of African art. In this field, "his interest generally followed that of colonial availability and his collecting tended to reflect the refined taste he had developed for Polynesian objects. [...] Surprisingly, though, his largest documented African collection came not from former British-administered areas, but from Belgian Congo" (Hales and Conru, W.O. Oldman: the Remarkable Collector, 2016, p. 30). This impressive Kongo figure appears in the bottom row of one of his archive photographs, along with the handwritten comment: "lower ones are very ancient" (ibid, p. 128).

Within the corpus of the great "nail" statuary of the Lower-Congo, this work stands out for its combined exaltation of strength and naturalistic beauty. "Large scale Nkondes belong either to the community, which uses them for oath-taking and expressing wishes, or to the clan or lineage, most often in a protective capacity" (Felix, Arts & Kongos, 1995 p. 67). The figure's pose, standing, left hand on hip, right hand aloft originally brandishing a weapon, adds to the protective power bestowed upon it. Known as telama lwinbanganga, this pose was adopted by the Kongo nobility and oracles as a sign of authority (Farris-Thompson in Falgayrettes-Leveau, Le Geste Kôngo, 2002, p. 74). The profusion of ancient aboriginal iron blades and nails which cover the bust serve as a reminder of the actions that sealed the history of the community.

While the oval shape of the face and the detail of the serrated teeth link the offered figure to the styles developed by the Kongo-Vili, the naturalistic interpretation demonstrates the individuality of the sculptor. Particularly noteworthy is the refinement of the treatment of the back, with its delicately figured spine and shoulder blades, and the modelling of the fingers. Although the Oldman archives do not indicate its source, this Nkonde statue was most likely acquired between 1919 and 1921, either from Serrin (5 July 1919), Henry Pareyn (27 April 1920), or François Poncelet (October 1921). The evidently very great antiquity of the offered Nkonde is compounded, in this work that combines strength and sensitivity, by the artistic individuality of a great Kongo sculptor.

Arts d'Afrique et d'Océanie / African & Oceanic Art

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Paris